Par des confidens & des confidentes, que je n’oserois nommer par leur nom, & qui semblent n’avoir d’autres fonctions, que de corrompre ceux qu’ils conseillent. […] Les Comédies corrompent les mœurs. Et dans sa lettre à l’Academie Françoise, il dit, en parlant des spectacles, qu’on n’y représente les passions corrompues, que pour les allumer &c. […] Illicites & criminels, parce qu’ils ne sont destinés qu’à rèmuer & enflammer les passions corrompues, de l’aveu même des plus zélés partisans du Théatre. […] Illicites & criminels, parce qu’on y offense la vertu des uns, & qu’on y corrompt celle des autres.
Parmi tous les beaux Arts que Pierre le Granda introduisit dans son Empire, cet Auguste Prince ne songea pas à y établir un Spectacle : les soins qu’il prit, soins si dignes d’un vrai Monarque, n’eurent pour objet que le bonheur du peuple innombrable qu’il gouvernait ; et sans doute le Théâtre, tel qu’il le voyait, lui parut moins propre à polir ses Sujets, qu’à corrompre l’innocence de leurs cœurs.
Les gouvernements se sont en effet laissé corrompre par les prêtres, en adoptant l’immoralité politique, appelée aussi machiavélisme, comme un principe nécessaire pour gouverner. […] Mettant le comble à la perversité, ils virent qu’il était de leur intérêt de corrompre le cœur humain au moyen de maximes pernicieuses, entièrement opposées aux préceptes de la morale la plus pure. […] On conçoit difficilement le succès de ces maîtres fourbes, et pourquoi dans les temps anciens, ainsi que les casuistes relâchés que la société de Jésus a vomis dans des temps plus modernes, ils réussirent à faire goûter si rapidement aux mondains, la morale la plus corrompue. […] Ils se sont ainsi dépeints d’après nature, et ils ont donné en même temps une idée du caractère qui les distingue et de la morale corrompue qu’ils prêchent et qu’ils ont observée avec tant de persévérance depuis que le monde existe, dans toutes les religions et malheureusement sans en excepter aucune.
Combien pensez-vous qu’il y ait en effect d’heretiques, lesquels, pour me servir des termes du même Pere, amassent des charbons de feu sur nôtre teste, c’est-à-dire, qui se fortifient tous les jours dans leurs erreurs à la vûë de nos debauches, & qui par un aveuglement étrange, à la verité, mais que nous prenons plaisir de rendre tous les jours plus incurable, rendent peut-être graces à Dieu de les avoir fait naître hors d’un Christianisme si corrompu ? […] N’avez-vous soûhaitté d’en avoir que pour les corrompre ?
En voici un tiré de l’Epître de Saint Cyprien à Donat : « C’est là, dit-il, qu’on apprend les adultères en les voyant représenter, et que par la contagion d’un mal publiquement autorisé une Dame qui était chaste quand elle est entrée au spectacle, en revient impudique et corrompue ; car combien le geste et l’action du Comédien sont-ils capables de souiller le cœur, d’inspirer la débauche, de nourrir les vices et le libertinage ? […] » Lactance s’explique en mêmes termes dans son livre du véritable culte : « Que dirai-je des Comédiens, dont la Profession est de corrompre les mœurs, qui apprennent aux hommes à commettre les adultères qu’ils représentent ?
Tous deux répondirent au choix du Prince, celui-ci par des pieces de théatre qui corrompent les mœurs, celui-là par les plus beaux ouvrages qui forment l’esprit & le cœur à la vertu. […] Le méchanisme de ses vers est très-mauvais, ses rimes fausses, & qu’importe d’être bon versificateur, si l’on n’est homme de bien, si l’on n’emploie ses talens qu’à corrompre les mœurs ? […] Chimeres de part & d’autre, mais chimeres aimables dans Fenelon ; le théatre corrompu par les mœurs des grands est fermé aux mœurs innocentes de la campagne. […] Il est de la destinée de Moliere d’égarer les plus sages, & d’infecter de sa contagion les meilleures choses, jusqu’à corrompre l’éloquence & les talens. […] Elle est fondée sur la nature (corrompue) & sur la raison (philosophique).