/ 323
24. (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-huitieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre III. Suite de Mêlanges. » pp. 84-120

Les têtes & les attitudes sont toutes différentes ; le dessein, les proportions, le coloris, tout y est du meilleur goût. […] Les Cordonniers n’ont pas moins de titres : un pied bien chauffé ne suppose pas moins de science qu’une tête bien coëffée : leur empire est même plus étendu. […] Un corps bien habillé ne vaut-il pas une tête bien coëffée ? Et que feroit cette tête si son buste n’étoit couvert que de haillons ? […] L’engouement du Théatre fait ainsi tourner la tête dans tous les états, même à des gens qui ont d’ailleurs de l’esprit & du talent dans leur profession.

25. (1765) Réflexions sur le théâtre, vol. 3 « Chapitre VIII. Assertions du Théâtre sur le tyrannicide. » pp. 130-174

Le théâtre de Corneille est une tête de Gorgone coiffée avec de beau linge et des pierres précieuses. […] C’est toujours la tête de Méduse. […] Jamais assurément ni Pape ni Evêque n’est allé à la tête de son Clergé assassiner, sous prétexte de tyrannie, un Roi paisible sur son trône. […] Sa Majesté dédaignait les frivolités, et dans le fond le nom du Roi pouvait-il être placé décemment à la tête de tant d’horreurs ? […] Tullie et Fulvie ne sont que des Mégères sur la tête desquelles sifflent les serpents.

26. (1574) Second livre. Seconde épître. Cécile Cyprien à Donat [extrait] « letter » pp. 40-41

Il se peut aussi entendre ainsi, la mère se couronne et attife de certaine manière de ornement de tête, en signe de joie. […] Il se peut aussi entendre ainsi, la mère se couronne et attife de certaine manière de ornement de tête, en signe de joie.

27. (1768) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre onzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littéraires, sur le théatre. — Chapitre VI. Du Fard. » pp. 143-168

 3 : Telle qu’une Bergere aux plus beaux jours de fête, De superbes rubis ne pare point sa tête, Et sans mêler à l’or l’éclat des diamans, Cueille en un champ voisin ses plus beaux ornemens. […] Il n’est pas douteux qu’une personne, qui de la tête aux pieds, en seroit toute couverte, ne tombât dangereusement malade, faute de transpiration. La poudre avec ses pommades & ses essences, forment sur la tête une pâte qui produit le même effet ; delà bien des migraines, des vapeurs, souvent d’apoplexies, par le défaut de transpiration à la tête, que cette pâte intercepte. […] Les fleurs jouent encore un grand rôle sur le teint des femmes, soit naturelles, soit artificielles ; distribuées sur leur tête, sur leur sein, sur leurs habits, pour faire, s’il étoit possible, un autre parterre de leur visage, après en avoir fait un de leur parure. […] Othon par l’amour de la parure, ressembloit à une femme ; munditiarum muliebrium , il s’étoit fait faire une perruque qui couvroit si bien sa tête, qu’on ne s’en apperçevoit pas, & le déguisoit si bien, qu’il en étoit méconnoissable : Galerico capite adoptato ut nemo dignosceret.

28. (1774) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre seizieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre V. Suite des Parfums. » pp. 112-137

Ignorez vous, dit le Philosophe Mensorius, que les odeurs montent à la tête & amollissent tous les sens : Sensus omnes odores demulcent & diliniunt. […] Les anciens donnoient de leur passion pour les parfums une raison qui paroissoit sérieuse : ils prétendoient que outre le plaisir de l’odorat qu’ils trouvoient delicieux, les parfums répandus sur la tête abbatoient les fumées du vin & empêchoient l’ivresse à quelque excès qu’on se livrât, ce que je crois sans peine. […] Casaubon, sur cet endroit d’Athenée, cite les vers d’une églogue appellée Theopompea, où parlant de la parure d’un petit maître, Cultum & mollitiem nescio cujus trussori , on dit qu’il avoit si savamment parfumé & si artistement arrangé ses cheveux par le moyen des pommades, des aiguilles de tête & autres instrumens de tête appellés crinales, qu’il leur avoit donné la figure des aîles d’un oiseau au dessus de la tête, une derriere à chaque oreille, comme un oiseau prêt à voler, ou comme Mercure qui avoit des aîles à son bonnet : Elata coma in altum ex utrâque parte capitis speciem alarum exhibebat. […] Il est certain, selon tous les voyageurs, que les femmes dans l’Orient ont l’art singulier de donner à leurs cheveux toute sorte de figures, couronne, fleurs, arbres, oiseaux, pyramides, tables, maisons, &c., au moyen des rubans, aiguilles, cartons, fil d’archal ; elles bâtissent sur leur tête ce qui leur plaît, se couvrent de cheveux souvent empruntés, les y collent avec des pâtes, pommades, &c., font peindre des tresses, les garnissent de boucles & les remplissent d’odeur des fleurs, &c. ce qu’on appelle coëffer à la Grecque, à la marrone, en mouton, en poule, &c. […] La marche partit à la pointe du jour, & dura toute la journée, des troupes innombrables de gens de toute nation & de tout état, des animaux de toute espèce, de jeunes garçons, de jeunes filles, des Faunes, des Satyres, des Nymphes, des Bacchantes, des danseurs, des danseuses, des Musiciens, des joueurs d’instrumens sur des théatres élevés sur des roues, traînés par des chevaux, qui dansoient, chantoient, jouoient continuellement, & faisoient retentir l’air ; des statues de tous les Dieux & de toutes les Déesses, avec leurs autels, leurs Temples mobiles, leurs Prêtres & Prêtresses, leurs victimes & sacrifices traînés par des lions, des tigres, des éléphans ; des forêts ambulantes, des parterres, des champs, des vignes, des tonneaux immenses comme des foudres d’Allemagne, remplis de vin & de lait, qui dans toute la marche en faisoient couler des fontaines ; des cuisines, des tables mouvantes pour donner à manger ; toute sorte de meubles, d’armes, d’ustenciles, tous les habits d’or ou de soie, tous les effets d’or ou d’argent, on eût dit que c’étoit la marche de la Nation entiere ; son Roi à la tête, qui avec sa Cour & sa Famille la terminoit.

/ 323