Les mœurs & la religion depuis 1719 n’ont changé qu’en empirant. […] Indépendamment de la religion, rien ne seroit plus dégoûtant. […] La vraie inconséquence des François, comme des Romains, est de fréquenter, de souffrir le théatre que leur religion & leurs loix proscrivent. […] L’Auteur du Mercure pense-t-il en Anglois sur la Religion & l’État ? […] Oui sans doute : rien n’est plus contraire à la religion, aux bonnes mœurs & à l’État, que le théatrisme ; rien de plus barbare que lui.
On veut donner le change, & insinuer que la Religion naturelle se suffit à elle-même pour rendre l’homme heureux & parfait. […] La Religion, la vertu, la sagesse, la décence le mettroient dans un plus beau jour. […] Il a ramassé plusieurs traits répandus dans ses Essais en faveur de la Religion & des mœurs. […] Il parle de la religion & des mœurs avec une énergie & une liberté cinique : ce qui n’est pas un petit mérite. […] Il avoit trop de causticité, & respectoit trop la Religion pour être de l’Académie Françoise.
Les Ennemis du Théâtre ont voulu l’anéantir, en l’attaquant par la Religion, par les Loix & par le raisonnement : Mais le Gouvernement protége les Représentations Dramatiques ; & son approbation, sans doute bien fondée, rend inutiles les plus belles démonstrations. […] Si la Nation Française, dans les siècles de sa gloire, ne laisse rien à la Postérité qui prouve son goût pour les Spectacles, & l’estime qu’elle fait des chefs-d’œuvres Dramatiques en tout genre dont les Siècles de Louis xiv & de Louis xv l’ont enrichie ; c’est à leur opposition à sa Religion qu’il faut s’en prendre, & à l’espèce d’infamie que cette opposition répand sur le Dramatisme. Proposer de la regarder comme nulle, & de favoriser les Représentations Dramatiques, sans reformer le Théâtre, ce serait montrer qu’on est peu scrupuleux sur les obligations du Citoyen & de l’honnête-homme : le mépris de la Religion entraînerait celui des mœurs, de la subordination, de la pieté filiale & paternelle, du civisme, de tous nos devoirs. […] Le véritable esprit de notre Religion ne condanne pas le Spectacle en lui-même, puisqu’il l’admet dans le culte de la Divinité : « L’expérience nous apprend qu’il faut des Spectacles pour attacher le Peuple : une Religion dépouillée de tout appareil extérieur ne peut ni l’affecter ni l’instruire : les Protestans ne s’apperçoivent que trop aujourd’hui des inconvéniens d’un culte trop décharné. » Apol. de la Rel. […] Dès que le Spectacle est légitime, la Religion n’en peut improuver que les accessoires, tels que le Drame, l’Etat de Comédien, le Jeu de Théâtre : Si l’on desinconvéniente ces trois objets, les plaisirs du Théâtre cessent d’être contraires à la Religion établie ; nos loix & nos usages ne contrastent plus ; nous pouvons être heureux & vertueux sans inconséquence.
Pour éluder cette loi, on fait paroître des Prêtres de fausse religion. […] Il employa ses talens en faveur de la Religion, quoique son poëme qui a de grande beauté, ne soit pas peut-être aussi parfait que Phedre & Britannicus. […] La raison sans la foi n’est qu’égarement ; qu’on ne se flatte pas d’être raisonnable sans la foi ; combattre la Religion, c’est combattre la raison. […] Le Théatre le pervertit, non en le faisant changer de Religion, mais en corrompant ses mœurs. […] Au milieu de ses triomphes, elle quitta le Théatre par religion en 1764, & vêcu pendant trois ans dans la plus austere pénitence.
Que les Spectacles des Anciens ont fait partie de la Religion Païenne. […] Et cette croyance du peuple fut, à mon avis, une suite des Apothéoses ; car ayant mis des hommes au rang des Dieux, il était bien raisonnable de diviniser toutes leurs actions, et d'honorer par un culte de Religion toutes les choses que ceux qu'ils adoraient, avaient aiméesStat. […] Mais les Pontifes répondirent qu'il n'était pas de leurs charges de régler la dépense des Jeux publics, et que cela n'était pas un fait de Religion. […] « Certamen ad exemplum Atticæ regionis decretum. » la grossesse de Poppée le Senat fit des vœux publics pour recommander son fruit aux Dieux, avec des Jeux à l'exemple de la Religion des Athéniens. […] « Religionem ludorum crescentibus opibus secuta lautitia est. » de ces vérités historiques, Valère Maxime parlant des Spectacles qui se firent sous Catulus durant trois nuits avec plusieurs Sacrifices, les nomme la Religion des Jeux séculaires, aussi bien que les magnificences que les Magistrats y ajoutèrent avec le temps.