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106. (1772) Réflexions sur le théâtre, vol 9 « Réflexions sur le théâtre, vol 9 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE NEUVIEME. — CHAPITRE I. Réformation de Moliere. » pp. 4-28

Le requisitoire de M. de Seguier, Avocat général, contre les écrits impies en 1770, ne fait pas l’éloge des mœurs du siecle, ni de sa religion. […] Elle ne convertit pas tout le monde, mais elle en a beaucoup econverti dans tout le temps, elle en convertit encore, elle a rendu le monde chrétien, elle maintient la religion, & ce qui reste de vertu. Le Théatre n’a converti personne, & en a perverti une infinité, détruit la religion & les mœurs. […] Il étoit si décrié pour les mœurs, ses pieces licentieuses portent des coups si funestes à la religion & à la vertu, qu’elle croyoit se déshonnorer en l’admettant. […] Il ne dit que trop vrai, Loix, Canons, Église, Police, Religion, Vertu, Académie, tout est étranger à Moliere, Moliere est étranger à tout.

107. (1763) Réflexions sur le théâtre, vol. 2 « Chapitre III. Jurisprudence du Royaume. » pp. 51-74

Les Acteurs sont la plupart de la plus vile canaille, des gens de mauvaise vie, des misérables, sans pudeur et sans religion. […] Voici l’arrêt, où l’on trouvera les désordres que causent les Comédiens, leur peu de religion, les plaintes du public, et le zèle du Parlement à les chasser de partout. […] Parmi un petit nombre d’honnêtes gens qui y vont rarement, et qui s’y trouvent fort déplacés, ce n’est que l’assemblage de la lie d’une ville, je ne dis pas de la lie du peuple, mais la lie pour les mœurs et la religion. […] Beaumon cite diverses permissions accordées aux Comédiens, ce qui était inutile, puisqu’il est notoire que les spectacles sont tolérés dans le royaume, et qu’il n’est pas moins notoire que la religion et les bonnes mœurs les interdisent. […] Quel rapport entre des mystères de la religion grossièrement rendus, il est vrai, mais édifiants, et des intrigues profanes, le plus souvent criminelles, polies, si l’on veut, élégamment composées, mais très pernicieuses, entre une confrérie formée par la religion pour des exercices pieux, et une troupe de gens dissolus rassemblés par le libertinage ?

108. (1770) La Mimographe, ou Idées d’une honnête-femme pour la réformation du théâtre national « La Mimographe, ou Le Théâtre réformé. — Seconde partie. Notes. — [A] » pp. 297-379

La Religion Payenne défigurait tout, rapetissait tout, ridiculisait tout. […] Dans la même source où Homère avait puisé celle du Poème épique, dans le Sanctuaire, dans la Religion. […] Dans le reste de l’Europe, le Comédisme est un état proscrit par la Religion, toléré par les loix. […] Sa proscription fut comme le dernier coup porté à la Religion des Grecs & des Romains. […] Quant à nos Comédiens dans l’état actuel, la Religion & les Loix n’ont que trop sujet de les improuver : & par une fatalité singulière, c’est à la Religion & aux Loix qu’il faut s’en prendre.

109. (1825) Encore des comédiens et du clergé « CHAPITRE IV. Du Clergé considéré comme protecteur et fondateur des Comédiens du troisième âge en France, et comme en ayant lui-même exercé la profession. » pp. 113-119

Les pèlerins devinrent tellement à la mode, que des personnes riches et charitables leur prodiguèrent des soins, et firent dresser des théâtres sur lesquels ces pieux comédiens représentaient tantôt quelque chrétien martyrisé, tantôt les miracles les plus étonnants, opérés par le pouvoir de Dieu ou par l’intercession des saints, et enfin les mystères de notre religion. […] Ces sortes d’histrions nuisaient essentiellement à l’établissement et à la propagation du christianisme ; il suffit pour en être persuadé, de lire le soixante-deuxième canon de ce concile, où il est dit que « les cochers de cirque et les mimes qui veulent se convertir à la religion chrétienne doivent premièrement renoncer à leur métier ; et si après s’être faits chrétiens, ils venaient à exercer de nouveau leur profession, ils encourraient alors l’excommunication. » Le concile d’Arles de l’an 314 prononce également l’excommunication contre les gens de théâtre de cette époque, c’est-à-dire contre les jongleurs, les bateleurs, les histrions, tous gens obscènes, ainsi qu’on peut le voir dans les quatrième et cinquième canons de ce concile. […] A ces mêmes époques, et longtemps encore après, le clergé alliait aux cérémonies augustes de notre religion tout ce que le culte païen avait de plus odieux et de plus impur.

110. (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme. — Chapitre VI. Dorat. » pp. 141-175

La Religion n’y est pas plus ménagée que la pudeur. […] Il ne connoît de Dieu que l’Amour : l’adorer, s’enivrer de ses plaisirs, c’est-là toute sa religion. […] que rendre la Religion odieuse. […] Ses amis ne sont pas mieux traités dans les ouvrages qu’il leur adresse, il les suppose libertins & sans religion, & leur parle sur ce ton. […] Titres bisarres qui ne dit que trop vrai ce sont des vrais Torts : peut-on en avoir de plus grands que de blesser la religion & les mœurs.

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