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204. (1759) Lettre d’un ancien officier de la reine à tous les François sur les spectacles. Avec un Postcriptum à toutes les Nations pp. 3-84

) le cinisme de la licence ombrager la tête de la galanterie de son pennage orgueilleux ; la hardiesse, mere du vice regner dans des yeux impudens, comme dans ceux des Bacchantes échevelées, quand un thyrse à la main, elles fouloient aux pieds les sages loix de la pudeur ; des demi-robes parsemées des couleurs de la débauche & semblables à celles des Filles de Sparte, quand presque nuës elles alloient disputer le prix des exercices gymmiques ; le feu des peintures dangereuses vomi par cent bouches impures, comme les flammes de l’Etna pour le malheur de ceux qui l’environnent ; une jeunesse novice portant d’une main la torche ardente de la passion aveugle, & de l’autre le frêle roseau de l’inexpérience, aller en foule porter dans le gouffre de la corruption les tendres fruits de l’éducation, les racines déliées de la vertu & les fleurs délicates de la santé . […] Ce seroit trop peu pour cet infame sauteur de nous montrer le feu des peintures dangereuses, vomi par cent bouches impures , il nous le fait voir étincellant dans deux cens yeux lascifs.

205. (1667) Lettre sur la Comédie de l'Imposteur « Lettre sur la Comédie de l’Imposteur » pp. 1-124

Vous remarquerez, s’il vous plaît, que pour achever la peinture de ce bon Monsieur, on lui a donné un Valet, duquel, quoiqu’il n’ait point à paraître, on fait le caractère tout semblable au sien, c’est-à-dire, selon Aristote, qu’on dépeint le Valet pour faire mieux connaître le Maître. […] si on produit la Vérité avec toute la dignité qui doit l’accompagner partout, si on a prévu et évité jusqu’aux effets les moins fâcheux qui pouvaient arriver, même par accident, de la peinture du vice : si on a pris, contre la corruption des esprits du siècle, toutes les précautions qu’une connaissance parfaite de la saine Antiquité, une vénération solide pour la Religion, une méditation profonde de la nature de l’âme, une expérience de plusieurs années, et qu’un travail effroyable ont pu fournir ; il se trouvera après cela des gens capables d’un contresens si horrible, que de proscrire un ouvrage, qui est le résultat de tant d’excellents préparatifs, par cette seule raison, qu’il est nouveau de voir exposer la Religion dans une salle de Comédie, pour bien, pour dignement, pour discrètement, nécessairement et utilement qu’on le fasse !

206. (1666) La famille sainte « DES DIVERTISSEMENTS » pp. 409-504

On pourrait comparer la bonté physique, à une statue qui se jette en fonte par un maître ouvrier, dont la main est si assurée, qu’elle ne manque jamais son coup, et la bonté morale à une peinture, où on ne touche qu’avec crainte et du bout d’un pinceau, trait à trait, couleur sur couleur ; tantôt du blanc, tantôt du noir, et après tout quelque beau qu’en soit le crayon, une ombre mal appliquée, un jour mal pris, une ligne hors d’œuvre fera une image que les bons maîtres ne voudront pas regarder. […] nous en fait la peinture en deux traits de pinceau. […] La peinture d’un homme pourri ou brûlé qui tombe par pièces et par morceaux, se voit avec satisfaction, l’original ne se pourrait voir sans horreur ; si cela n’était point, pourquoi aurions-nous tant d’ardeur pour aller repaître nos yeux d’une misère feinte, ou passée depuis longtemps, ou d’une félicité imaginaire ? […] Est-il rien de plus divertissant, qu’une Histoire bien déduite, qui nous fait voir, comme en une riche peinture, les faits les plus notables, qui se sont passés dans le cours de plusieurs siècles ? […] Qui voudra faire un agréable mélange de l’Histoire et de la Géographie, il n’a qu’à prendre un livre de voyages ; cela l’emportera doucement d’un pays à un autre, et lui donnera loisir d’arrêter partout où il trouvera quelque chose digne de sa curiosité : Il fera autant de poses et de gîtes imaginaires, que celui qui le conduit, il entrera avec lui dans toutes les belles villes, il en remarquera toutes les raretés, il en découvrira tous les secrets sans autre dépense que d’une heure de temps, et sans autre lassitude que de demeurer assis sur une chaire : il voguera à travers des plus furieuses tempêtes sans danger : il verra venir les Corsaires sans frayeur, et si vous voulez il fera naufrage sans rien perdre : Se peut-il trouver un plus doux divertissement que de ne voir les maux qu’en peintures, et de profiter des biens, comme s’ils étaient effectifs.

207. (1781) Réflexions sur les dangers des spectacles pp. 364-386

L’auteur de ce roman entreprend de les détromper ; mais c’est sur-tout au bien de la jeunesse qu’il croit travailler en écrivant ces mémoires. « Les peintures trop attrayantes d’un tendre amour, quelque vertueux qu’il soit représenté, intéresse, émeut, et la morale devient sans effet.

208. (1788) Sermons sur les spectacles (2) « Sermons sur les spectacles (2) » pp. 6-50

Laissez-les à ces hommes charnels, qui réalisent trop souvent les désordres dont ils vont voir au théâtre la représentation voluptueuse, & qui retrouvent dans les mœurs qu’on y expose la peinture de leur propre cœur.

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