Que les Spectacles des Anciens ont fait partie de la Religion Païenne. […] Tous les Jeux et les Spectacles de l'Antiquité ont fait la plus grande et la plus solennelle partie de la Religion Païenne ; tout y était mystérieux et sacré, soit de la part de ceux que l'on croyait les avoir institués, et à qui ils étaient consacrés, soit pour les causes non seulement de leur institution, mais aussi de leur célébration, soit par la qualité de ceux qui devaient y présider et en prendre soin, ou par les vœux de Combattants et les actions de grâces que les Vainqueurs rendaient à leurs Dieux, ou par l'estime et la révérence pour ceux qui en avaient souvent remporté le prix. Quant à l'origine, les Païens ont toujours cru que les plus anciens et les plus nobles leur étaient venus de la part des Dieux qui les avaient eux-mêmes ordonnés, et que leur étant agréables, on ne pouvait les négliger sans une extrême irrévérence, et sans les irriter. […] célèbre la dédicace de quelque lieu saint et public, comme Hérode même le fit à l'exemple des Païens lors qu'il consacra la Ville de Césarée. […] Et cette croyance des Païens touchant la sainteté de leurs Jeux fut si grande et si générale, qu'elle passa jusqu'en la personne de ceux qui en avaient souvent remporté le prix et les couronnes ; car ils les estimaient non seulement les favoris des Dieux, mais leurs égaux, les nommant célestes, divins, demi Dieux et même des Dieux : Les Athlètes sont nommés enfants et imitateurs d'Hercule par Galien.
Que les plus Sages entre les Païens les ont condamnés. […] C’est donc une notoire méprise, lorsqu’on veut poser, que les Pères n’ont condamné que les Théâtres Païens, et non pas ceux des Chrétiens. […] Qu’entre les Païens mêmes, les Sages ont condamné les Théâtres. […] Quant au Païen, il y est introduit qui parle ainsi. […] » C’est l’objection du Païen.
Vous n’en êtes que plus coupables de les célébrer et de les imiter : les sages Païens n’y croyaient pas plus que vous, et ne les laissaient qu’en rougissant adorer au peuple, vous les leur faites aimer. […] Cette origine Païenne doit rendre le théâtre abominable aux Chrétiens, qui font profession d’avoir une horreur extrême pour l’idolâtrie, comme l’enseignent tous les Pères. […] De bonne foi, si les Païens les avaient composées, qu’auraient-ils dit, qu’auraient-ils fait autre chose ? […] Décorations, paroles, habits, acteurs, tout eût été du goût des Païens. Un Païen qui viendrait de l’autre monde, y trouverait sa religion : un des premiers Chrétiens y verrait les mêmes horreurs qui lui faisaient détester le théâtre.
Et qui peut, parmi nous, approuver une Scène Où règne avec éclat l’impiété païenne ? […] Aux païens, il est vrai, l’on pardonne aisément Qu’un héros courageux devienne un lâche amant. […] Une vertu sublime, ou n’entre point l’orgueil, De la vertu païenne inévitable écueil, Un courage indompté, conduit par la sagesse ; Nul mélange honteux de force et de faiblesse.
les plus sages des Païens condamnaient-ils ces dérèglements outrés, et par leur exemple aussi bien que par leurs paroles, ils portaient leurs Concitoyens à s’éloigner de ces cruels et de ces funestes divertissements. […] Les Païens qui composaient encore le plus grand nombre du Peuple, auraient eu peine à la souffrir, et cette condescendance que l’on avait pour eux, pouvait être d’ailleurs un attrait pour leur conversion. […] La Loi qui interdisait les spectacles le jour du Dimanche, ne faisait aucune mention des Fêtes, on les y avait sans doute sous-entendues ; quelques-uns prétendirent qu’elles n’y étaient pas comprises ; les Juifs et les Païens soutenaient, que du moins à leur égard ces Lois, qui avaient pour fondement le Christianisme,L. 5. […] Et elle ordonne, que les Juifs et les Païens seront soumis à ces dispositions. » EnfinRosin.