Les Juges crurent le crime assez prouvé pour condamner le pere à être rompu vif, ce qui fut exécuté avec l’applaudissement de tout le public, saisi d’horreur d’un parricide dont personne ne doutoit. Les Juges également décidés sur la condamnation des complices, mais fatigués de la longueur de la séance, renvoyerent leur jugement à un autre jour. L’un des complices, homme accrédité, fit tout remuer dans l’intervalle, & dans la nouvelle séance les Juges furent partagés. […] Les Juges au nombre de dix examinerent l’affaire avec le plus grand soin, & jugerent Calas coupable. […] Calas est-il un autre Clitemnestre que les Juges ont fait mourir pour venger l’assassinat de son fils Oreste ?
Et ainsi suivant le véritable sens du Canon les Danses de ce temps, quoique on ne les juge pas déshonnêtes ; sont néanmoins opposées à l’honnêteté Chrétienne, et par conséquent à la piété, spécialement des personnes Ecclésiastiques.
Paragraphes XXXVI-XXXVIII du texte latin Que c’est à Dieu un agréable spectacle de voir un Chrétien combattre contre la douleur, se préparer contre toute sorte de tourments, de menaces et de supplices, regarder sans crainte le visage de ses bourreaux, se jeter hardiment au milieu des apprêts de la mort, défendre sa liberté contre les Rois et les Princes, résister à tout hormis à son Dieu, à qui il est ; Enfin triompher de son juge, car celui-là est victorieux, qui a obtenu ce qu’il demande.
On est encore moins voilé devant son Juge : un accusé y paroît toujours découvert. […] Il oublie même son devoir de Juge, il laisse impuni le complice, ou plutôt l’auteur & le seul coupable du crime de sa fille. […] que deviendra l’autorité d’un père, d’un maître, d’un Juge, d’un Roi, si l’injustice, qu’on ne manque jamais d’alléguer, brise tous les liens ?
Je réserve à un autre lieu la dignité de ses louanges, et reviens à la plainte que nous devons faire pour les Comiques qu’on accuse de faire revivre les anciennes dissolutions, qui sont bannies des Comédies de ce siècle, qui n’ont rien que le nom, commun à celles du passé : Celle-ci traitée par gens doctes, et savants, se doit plutôt appeller école de modestie et gentillesse, que lieu de honte : C’est pourquoi nos Juges nous les permettent ; nos Pasteurs ne nous le commandent pas, désirant s’il était possible qu’à l’imitation d’un nombre d’âmes, qui dès la terre vivent au Ciel, nous voulussions dénoncer la guerre aux plaisirs du monde, et nous donnant du tout à la contemplation, tirer de l’amertume de nos fautes, ces larmes de douceur qui attachent nos paupières, et nous font unir les jours et les nuits ensemble, souhaitant après saint Paul, notre séparation pour Jésus Christ, et comme dit Eudoxe, mourir et voir le Soleil. […] Mais si elle est selon Aristote un acte continuel, son être est en son action, et ne peut avoir autre repos que la joie qu’elle reçoit par les deux plus nobles et excellents messagers, qui sont les yeux et les oreilles; par l’œil elle juge les couleurs, par l’oreille les paroles.