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256. (1768) Réflexions sur le théâtre, vol 7 « Réflexions sur le théâtre, vol 7 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE SEPTIÈME. — CHAPITRE VI. Suite de la Danse. » pp. 140-167

Les parens n’ont-ils pas à se plaindre que pour fournir aux folles dépenses qu’entraînent ces funestes divertissemens, on emprunte, on leur arrache, on leur vole ce qui est nécessaire à l’entretien de leur famille, au payement de leurs dettes ?

257. (1763) Réflexions sur le théâtre, vol. 1 « CHAPITRE IV. Des Pièces pieuses. » pp. 68-95

Pourquoi donc nous priver d’une infinité de traits amusants que peuvent fournir ces sortes de pièces, d’autant plus piquants, que la plupart des hommes trouvent un goût singulier dans ce qui touche la religion, et que la religion en est comme la sauvegarde ?

258. (1765) Réflexions sur le théâtre, vol. 4 « CHAPITRE III. Est-il à propos que les jeunes gens aillent à la Comédie ? » pp. 55-83

La troupe des Comédiens ayant manqué en 1761, par je ne sais quelle raison, les Etudiants en droit formèrent une troupe, et les Etudiants en médecine une autre, qui par un beau zèle du bien public se chargèrent de fournir tour à tour au théâtre, et par une noble émulation pour soutenir la gloire des deux Facultés, se disputèrent à qui des Médecins ou des Juristes seraient les meilleurs Acteurs.

259. (1731) Discours sur la comédie « TROISIEME DISCOURS » pp. 304-351

J’entre tout à fait dans cette réflexion, et je conviens encore que s’il n’est question que de fournir aux Chrétiens les plus grands sujets de consolation, les spectacles les plus éclatants, et les révolutions les plus surprenantes, rien n’est plus propre que les Histoires saintes.

260. (1666) La famille sainte « DES DIVERTISSEMENTS » pp. 409-504

Toutes les opérations de notre corps sont des relâches pour notre esprit, et plus le corps est doucement occupé, moins l’esprit travaille : Notre âme qui les met en œuvre leur distribue des forces selon leur application, et comme la vertu qu’elle leur peut donner pour leurs fonctions n’est pas inépuisable, il est nécessaire qu’elle en retranche autant à l’esprit qu’elle en donne au corps : Elle est comme une source qui se divise en deux ruisseaux, moins elle en donne à l’un, et plus elle en donne à l’autre : Elle va toujours où le besoin est plus grand : si l’emploi du corps est pressant, elle y fournit un plus grand secours, et pour le pouvoir faire, elle retranche une partie de l’application qu’elle donnait à l’esprit : Cela se voit à l’œil : Proposez quelque haute spéculation ou quelque beau raisonnement à un homme qui travaille du corps, quand il aurait l’esprit aussi délié qu’Aristote, il ne le concevra jamais si bien que s’il était dans le repos, il vous avouera qu’il ne se possède point assez, et que pour en pouvoir juger pleinement il a besoin d’y penser une autre fois. […] Il n’est rien de vilain dans les Métamorphoses, qui ne fournit la matière à une action publique : Aujourd’hui le plus grand de leurs Dieux se changeait en une pluie d’or pour avoir entrée dans la chambre de Danaé. […] Avant que de vouloir retrancher la lecture du nombre des divertissements, il en fallait considérer toutes les espèces ; s’il en est de minces et de petite satisfaction, il en est aussi de délicieuses et bien fournies, où notre esprit se repose aussi doucement qu’il pourrait faire en un beau et harmonieux concert : C’est au Lecteur d’en faire le choix. […] Si les Citadelles et les places d’armes pouvaient parler, comme les Soldats, elles accuseraient avec eux ce désir insatiable, qui tourmente les Officiers de Guerre, à qui le jeu dérobe tout : elles se présenteraient toutes nues, et montreraient au doigt leurs Commandants, comme les voleurs qui les ont dépouillées ; elles sont dégarnies d’hommes, d’armes, de munitions pour fournir au jeu de ceux qui les doivent garder, et n’en font rien, puis qu’ils sont contraints de les rendre au bout de quelques jours de Siège à cause que tout y manque : La réponse d’un fantassin fut fort jolie : Son Lieutenant lui demandait un jour quelle heure il était : Monsieur, lui dit-il, je n’en sais rien, vous avez ma montre.

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