Les belles courses se font dans les Carrieres justes & reglées ; l’adresse paroît davantage dans la justesse que dans le desordre ; & la modestie a des appas plus fins & plus doux que l’échapement & que la debauche. […] Mais on ne peut jamais s’asseurer sur le vent, l’halene manque, les poulmons s’epaisissent, l’estomac se fatigue, & enfin, on sent une notable difference de la fin & des commencemens, & on n’y trouve plus de justesse. […] Nous pouvons maintenant juger des Danceurs, & voir ceux qui sont les plus capables de répondre à nôtre fin. […] L’oreille y doit estre plus fine que dans le Bal ; car le mouvement en est plus soudain, peu complaisant, & qui n’attend pas celuy qui dance. […] Il choisira mesme s’il veut de fines estoffes pour les Ouvriers, & pour les Villageois.
A la fin de la piéce, après les imprécations contre Rome, elle voulut quitter le théatre avec précipitation, selon son rôle, & Horace la suivit pour la tuer, ce qu’il exécute derriere la coulisse, elle s’embarrassa dans sa queue & tomba. […] La laine en est plus fine & la chair plus ragoutante. […] Dieu ordonne en plusieurs endroits de l’exode & du sevitique que dans les sacrifices on lui offre la queue des victimes, caudam integram ; ce que les interprêtes prennent pour une figure de la persévérance, qui est la fin de la vie. Celui qui perseverera jusqu’à la fin sera sauvé.
La plupart sont inutiles , & les plus jolies choses si fastidieusement répéteés, lassent à la fin, même en réalité ; à plus forte raison dans un livre qui n’en est que l’ombre. […] Présentez-les à vos éleves, étudiez-les ensemble avec passion, vous vous enivrerez du plaisir de lire de belles choses exprimées d’une maniere fine, délicate, ingénieuse. […] Cette étude avec passion, cette ivresse du plaisir, cet esprit qui plaît à l’esprit, cette fleur d’esprit fine & délicate qui remue délicieusement , tout cela avec des enfans, est un enthousiasme risible. […] Cet Abbé ne manquoit pas d’un certain talent ; il avoit de la gentillesse, & quelques petits traits assez fins & assez piquans ; aussi étoit-il de l’Académie Françoise, & fut-il canonsé au jugement de deux Evêques : mais on auroit bien dû épargner à sa mémoire le tort de produire au grand jour cette nouvelle comédie qui jure avec la gravité d’Ambassadeur, le caractere sacerdotal & le panégyrique épiscopal.
Un trait fin, une répartie naturelle peignent le caractère d’un Acteur. […] On a mis à la fin du Théatre de Moliere un recueil des jugemens que différens Auteurs en ont porté, & qui tous font le plus grand éloge de ses talens. […] La galanterie n’est pas la seule science qu’on apprend à l’école de Moliere ; on y apprend aussi les maximes ordinaires du libertinage, contre les véritables sentimens de la religion, quoi qu’en veuillent dire les ennemis de la bigotterie, & nous pouvons assurer que son Tartuffe est une des moins dangereuses pour nous mener à l’irréligion, dont les sentimens sont répandus d’une maniere si fine & si cachée dans la plûpart de ses autres pieces, qu’on peut assurer qu’il est infiniment plus difficile de s’en défendre que de celle où il joue pêle-mêle bigots & dévots, le masque levé, &c. […] C’est quelque chose ; mais la gaze légère, la politesse fine & délicate, qui laisse entrevoir d’une maniere plus piquante ce qu’il faudroit cacher absolument, est-ce de la décence, & le crime ainsi assaisonné n’en est-il pas bien plus agréable & plus dangereux ?
Elles sont répandues d’une manière si fine et si cachée dans la plupart de ses autres pièces, qu’il est infiniment plus difficile de s’en défendre que dans son Tartuffe, où il mène ouvertement à l’irréligion. […] La postérité saura peut-être la fin de ce poète Comédien, qui en jouant son malade imaginaire, reçut la dernière atteinte de la maladie dont il mourut peu d’heures après, et passa des plaisanteries du théâtre, parmi lesquelles il rendit presque les dernier soupir, au tribunal de celui qui dit : ’Malheur à vous qui riez, vous pleurerez’. » C’est un jugement bien différent de celui de ses adorateurs, il est bien d’un autre poids. […] Il est vrai que l’Athée périt à la fin ; mais l’Auteur déclare dans sa préface que son but a été de réjouir les spectateurs, et non de leur inspirer l’horreur de l’impiété et du crime. » (Ce trait a été supprimé dans quelques éditions.) […] Athènes en fut scandalisée, et le Poète Grec en convint : il ne se défendait, non plus que le Poète Français, qu’en disant que c’était le rôle de l’Acteur, et qu’à la fin de la pièce il faisait expirer le coupable sur la roue.