Mais les cœurs des hommes sont si pervertis et si rebelles, qu'ils s'imaginent que le monde est dans une pleine félicité, lors que ceux qui l'habitent ne pensent qu'à orner et à embellir leurs maisons, et qu'ils ne prennent pas garde à la ruine de leurs âmes : qu'on bâtit des Théâtres magnifiques, et qu'on détruit les fondements des vertus : qu'on donne des louanges et des applaudissements à la fureur des Gladiateurs, et qu'on se moque des œuvres de miséricorde; lors que l'abondance des riches entretient la débauche des Comédiens, et que les pauvres manquent de ce qui leur est nécessaire pour l'entretien de leur vie ; lors que les impies décrient par leurs blasphèmes la doctrine de Dieu, qui par la voix de ses Prédicateurs crie contre cette infamie publique, pendant qu'on recherche de faux Dieux à l'honneur desquels on célèbre ces Spectacles du Théâtre, qui déshonorent et corrompent le corps et l'âme. […] Comment donc pouvez-vous mettre au rang des saintes puissances du Ciel ces Dieux qui se plaisent à recevoir un culte, qui rend indignes parmi vous ceux qui le rendent, d'être mis au nombre des Citoyens Romains ? […] Si vous avez eu honte de recevoir ces sortes de personnes dans votre ville pour être vos concitoyens, à plus forte raison cette sainte Cité ne reçoit point ces sortes de Dieux: C'est pourquoi si vous désirez d'avoir part à la félicité de cette bienheureuse Cité, fuyez la compagnie des Démons. C'est une chose honteuse à des personnes vertueuses d'adorer des Dieux qui regardent d'un œil favorable le culte déshonnête que leur rendent des infâmes.
elles faisoient partie du culte de plusieurs faux Dieux, jamais dans la religion véritable. […] Tous les Dieux & Déesses étoient danseurs, & aimoient éperdument la danse ; toute l’idolâtrie n’est que le culte des passions sous le nom bizarre des Dieux & Déesses de la fable, qui n’ont été que des débauchés & des femmes de mauvaise vie, que l’on a eu la folie de diviniser. […] Soit qu’on ait porté la danse sacrée des Payens dans la société, comme il le croit, ou, ce qui est plus vrai-semblable, que la danse profane, plus ancienne que le paganisme, ait été introduite dans le culte des faux Dieux, il est certain que la danse & ce culte obscène ont les plus grands rapports. […] Les Dieux, pour ajuster les hommes à leurs desseins par le plaisir, nous attirent doucement comme l’attraction de Newton. […] Voici un des chef-d’œuvres de la danse : Sans autre secours que les pas, les positions du corps, les mouvemens des bras, on vit représenter les Amours de Mars & de Vénus, le soleil qui les découvre à son mari jaloux, & les pièges que le mari tend à sa femme, les filets perfides qui en comblant la vengeance confirment sa honte, la confusion de Vénus, la rage de Mars, la joie maligne des Dieux qui accourent en foule à ce spectacle.
Jamais on n’a mis les Dieux en buste dans le Temples. Le Pautheon renfermoit tous les Dieux reconnus, jamais il n’a servi pour les apothéoses. […] Veut-on se moquer des Dieux du théatre, en les faisant composer des drames, leur indiquant des sujets, en faisant voir leur indigence ? […] Mais il est au dessus des Dieux, puisqu’il les détruit. Ce ne sont pas les Dieux de la sable, il les célebre à chaque page ; c’est donc le Dieu véritable qu’il outrage.
C’est en empruntant principalement leurs sujets de la fable, qui leur offrait un paradis et un enfer, que les comédiens de l’antiquité, trouvaient si facilement, dans le séjour céleste des dieux du paganisme, et dans le royaume infernal de Pluton, un merveilleux surnaturel propre à relever et agrandir les objets. Ils plaçaient enfin sur leurs théâtres trois sortes de personnages, savoir, des hommes, des dieux, et des êtres fantastiques ou allégoriques.
C’est Jupiter qui met Orphée au rang des Dieux. […] Autre erreur, les Prêtres des faux Dieux n’ont jamais eu le pouvoir de condamner à mort dans l’Empire Romain, & jamais avant le Christianisme on n’a fait mourir personne pour fait de religion. […] Dieux pour Dieux, les uns ne vallent pas mieux que les autres. […] Mon cœur est à mes Dieux, mon bras à l’Empereur. […] Qu’ils adorent leurs Dieux, mais sans blesser le mien, Que chacun dans sa loi cherche en paix la lumiere.