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216. (1781) Lettre à M. *** sur les Spectacles des Boulevards. Par M. Rousseau pp. 1-83

Je suis fort éloigné d’adopter le sentiment de ces Rigoristes, qui, sans les avoir approfondis & examinés sous tous leurs points de vue, qui, peut-être même sans les connaître, condamnent les Spectacles en général, ou de ces Réformateurs éternels qui, non contens des dangers qu’ils croyent appercevoir dans les Jeux les plus innocens, se créent exprès des monstres pour avoir le plaisir de les combattre. […] A quels dangers, presque toujours certains, ne s’exposent pas les insensés dont je vous parle. […] En voilà plus qu’il n’en faut sur cet article, pour faire ouvrir les yeux sur les dangers multipliés de ces endroits. […] Pour quelques garnemens que l’on peut arrêter au sortir de ces lieux, ce qui, sans doute, est un bien, à quels dangers n’expose-t-on pas la jeunesse qui les fréquente ? […] En substituant aux Trétaux un Spectacle National, dirigé sous les auspices de l’honnêteté & de la décence, un Théatre où le Peuple de tous les états, puisera un plaisir sans danger, une instruction sans dégoût45, nous verrons insensiblement se reproduire une nouvelle génération d’Etre dignes du grand Roi qui nous gouverne, des Ministres & des Magistrats laborieux, qui secondent si bien ses vues.

217. (1819) La Criticomanie, (scénique), dernière cause de la décadence de la religion et des mœurs. Tome I « Préambule » pp. -

Il y a déjà long-temps, en effet, que c’est par imitation qu’on agit à l’égard de la morale et de ses soutiens qui succombent comme des hommes sauvages et barbares agissent, dans un naufrage, à l’égard du vaisseau et de l’équipage dont le danger ne les inquiète pas, pourvu qu’ils pillent et se chargent de butin.

218. (1742) VIII. Conférence. De la Comédie, contraire aux promesses du Batême [Conférences théologiques et morales, IV] « X. Conference sur les sacremens. » pp. 223-247

., quelle est cette comédie que vous croyez être aujourd’hui si modeste, & où vous ne reconnoissez aucun danger. […] P., combien le salut des comédiens est en danger par une telle profession.

219. (1768) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre douzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et litteraires, sur le théatre. — Chapitre VII. Troisieme suite du Fard. » pp. 171-194

Vous vivez au milieux des dangers, que vous courez, & faites courir, & que votre fard augmente au milieu des péchés que vous commettez, ou faites commettre, & que votre fard multiplie, & vous êtes tranquille, pouvez-vous trop gemir ? […] Une femme fardée est une vraie incendiaire, & bien volontaire, puisqu’elle se pare à dessein, pour attirer le feu de l’impureté, de tous le plus prompt & le plus dangereux ; il n’y a point d’étoupes, de pailles, de matiere combustible, plus inflammable que le cœur humain, par les attraits de la femme ; pour lui épargner un si grand danger, Dieu défend de régarder la vanité du monde : Odisti observantes vanitates  ; & le Prophête prie le Seigneur de détourner ses yeux pour ne pas la voir ; averte oculos meos ne videant vanitatem .

220. (1773) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre quatorzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et littérairesn sur le théatre. — Chapitre II. Du Philosophe de sans souci. » pp. 36-60

Nous n’en sentons pas plus vivement les dangers. […] Tout cela est dans l’ordre de la tragédie, & on ne veut pas s’appercevoir du danger.

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