Il n’en est point parlé dans les premiers chapitres de la Genese, d’où on a pris le poëme d’Abel, & il faut convenir qu’avec le peu d’habits dont les premiers hommes étoient couverts, ces licences eussent été bien dangereuses ; & sur le Théatre où les actrices, comme les premieres femmes, sont à demi-nues, ce seroit pour elles, les acteurs & les spectateurs des tentations bien délicates, & un péché inévitable.
Le long de ces côtés étoient deux bancs couverts de tapis, où les Dames vinrent s’asseoir.
La gaze légère qui pique la curiosité & laisse tout-entrevoir, le sel ingénieux qui plaît & enfonce le trait plus avant, en mettant en apparence les droits de la modestie à couvert, rassurent la pudeur que la licence eût révolté, & met à son aise le libertinage que la pudeur eût combattu.
On a beau en écarter les termes grossiers, & n’employer que des expressions ingénieuses, ce n’est que le tissu plus délié de la gaze qui fait mieux appercevoir ce qu’elle semble couvrir, & par l’agréable mélange des couleurs variées & bien assorties de la soie dont il est composé, fait regarder plus curieusement & sentir plus vivement ses charmes empoisonnés.
§ L’Auteur a voulu qu’on supprimât quelques lignes d’Entretien, qui, en apprenant au Public une chose inutile pour lui, déchireraient le voîle dont sa prudence a couvert l’Intrigue qui fait le sujet des Lettres.