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3. (1675) Traité de la comédie « XII.  » pp. 291-292

Le plaisir de la Comédie est un mauvais plaisir, parce qu'il ne vient ordinairement que d'un fond de corruption, qui est excité en nous par les choses que l'on y voit. […] Quand on ne sent donc pas la même aversion pour les folles amours, et les autres dérèglements qu'on représente dans les Comédies, et qu'on prend plaisir à les regarder, c'est une marque qu'on ne les hait pas, et qu'il s'excite en nous je ne sais quelle inclination pour ces vices, qui naît de la corruption de notre cœur. […] Et par conséquent y ayant encore tant de corruptions, et de passions vicieuses dans les Comédies les plus innocentes, c'est une marque qu'on ne hait pas ces dérèglements, puisqu'on prend plaisir à les voir représenter.

4. (1845) Des spectacles ou des représentations scéniques [Moechialogie, I, II, 7] pp. 246-276

Cette littérature empoisonnée nous ramène par la corruption à la barbarie ». […] Comment pouvoir approuver la corruption réduite en maximes dans une foule d’opéras et d’opéras comiques, avec toutes les trompeuses et perfides invitations à tous les plaisirs ? […] N’en faut-il pas plutôt accuser une plus grande licence des mœurs, une corruption plus profonde et plus générale ? […] Mais, dira-t-on, la corruption des mœurs a été de tous les temps, la nature humaine est toujours la même ; d’ailleurs l’histoire le prouve sans réplique. […] Ce qu’on a semé dans la corruption ne produit que des fruits de mort et de corruption, c’est-à-dire la démoralisation, le règne impérieux des sens avec des passions inassouvissables.

5. (1743) De la réformation du théâtre « De la réformation du théâtre — PREMIERE PARTIE. — CHAPITRE IV. Des Femmes de Théâtre. » pp. 42-48

Malheureusement la corruption humaine a éludé les sages dispositions de la nature, altéré les Loix, et changé les coutumes. Les femmes ont trouvé des exercices et des professions, qui, par une suite de cette même corruption, bien loin d’être désapprouvées des hommes, font au contraire leurs plus grands délices. […] Je conviens, sans peine, qu’il y a eu des temps où les mœurs étaient moins respectées sur le Théâtre qu’elles ne le sont à présent dans nos Comédies ; mais il n’est pas moins vrai, pour cela, que dans le Théâtre, tel qu’il est actuellement, il reste encore bien de la corruption.

6. (1824) Du danger des spectacles « DU DANGER DES SPECTACLES. » pp. 4-28

Il y a des degrés dans la corruption ; et l’on conviendra qu’il est extrêmement fatal à l’âme de briser les remparts qui la protégeaient contre les attaques de la tentation. […] S’il était donné à un mortel d’avoir la puissance d’un apôtre, l’éloquence d’un ange, quel meilleur usage pourrait-il faire de ces célestes dons, que de les employer à arracher les hommes à ces amusements dangereux que la fortune, la corruption et un excès de civilisation, ont malheureusement introduits parmi nous. […] Tous les plaisirs, tout l’attrait que ces amusements frivoles peuvent présenter à leurs plus fougueux partisans, sont une triste compensation pour la corruption, l’extravagance et les maux sans nombre dont ils contribuent à propager les semences et à infecter la vie humaine. […] Il est surtout un argument spécieux contre lequel ils doivent se tenir en garde : on leur dira qu’on peut profiter à l’école du théâtre, et y puiser des principes de religion et de morale ; on leur parlera encore du mérite littéraire et de la connaissance du cœur humain qu’on trouve dans plusieurs de ces œuvres dramatiques, comme si ces avantages devaient compenser les blessures profondes et souvent mortelles que font ces représentations dangereuses, à l’innocence, à la pureté et à la religion ; pour nous, convaincus que la corruption s’appelle toujours la corruption, et que ce serait acheter trop chèrement les plaisirs d’une composition savante, ainsi que l’élégance et le goût littéraire, que de l’acheter au prix de notre innocence, prenons la résolution ferme et invariable de combattre le mal, de quelque masque qu’il se couvre, de quelques formes attrayantes qu’il se revête. Faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour affaiblir par notre influence et notre exemple, le pouvoir destructif de ces instruments de dissipation, de vice et de corruption.

7. (1694) Maximes et Réflections sur la Comédie « VIII. Crimes publics et cachés dans la comédie. Dispositions dangereuses et imperceptibles : la concupiscence répandue dans tous les sens.  » pp. 30-40

Mais n’est-ce rien aux spectateurs de payer leur luxe, d’entretenir leur corruption, de leur exposer leur cœur en proie, et d’aller apprendre d’elles, tout ce qu’il ne faudrait jamais savoir ? […] C’est celle-là, dit Saint Augustin, qui est l’ennemie de la sagesse, la source de la corruption, la mort des vertus : les cinq sens sont cinq ouvertures par où elle prend son cours sur ses objets et par où elle en reçoit les impressions : mais ce Père a démontré qu’elle est la même partout, parce que c’est partout le même attrait du plaisir, la même indocilité des sens, la même captivité et la même attache du cœur aux objets sensibles. […] Quelquefois la corruption vient à grands flots : quelquefois elle s’insinue comme goutte à goutte : à la fin on n’en est pas moins submergé. […] N’en croyons donc pas les hommes sur leurs maux ni sur leurs dangers, que leur corruption, que l’erreur de leur imagination blessée, que leur amour-propre leur cachent.

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