C’est une hérésie antichrétienne des plus manifestes, de la part de l’ultramontanisme, de vouloir s’ingérer dans les gouvernements de ce bas monde ; d’affecter une espèce de suzeraineté terrestre au-dessus de tous les trônes de la terre ; d’avilir les couronnes et les placer au-dessous de la tiare ; d’entretenir dans tous les Etats une foule de prêtres et de moines qui si souvent dans les affaires temporelles se montrèrent désobéissants envers l’autorité séculière ; d’entretenir enfin auprès des cours l’espionnage jésuitique des enfants de Loyola, afin de tâcher, par des moyens de corruption et par toutes sortes d’intrigues criminelles, influencer et régenter les ministres d’Etat, dans les opérations politiques qui ne doivent dépendre que de la volonté du prince.
Il est bon aussi de lui faire remarquer, que leur corruption se découvre principalement où ils paraissent avoir le plus d’esprit.
« Mais la corruption, à son comble portée, Dans le cercle des grands ne s’est point arrêtée : Elle infecte l’empire ; et les mêmes travers Règnent également dans tous les rangs divers ». […] Alceste est véritablement vertueux, ou il n’a que l’apparence des vertus : dans la première supposition, on se moque de lui injustement, parce qu’il a le caractère et le ton convenables à un homme de bien, personnellement trahi de toutes parts, indigné de la corruption des hommes, dès long-temps aigri par les injustices et la perfidie de ceux qui l’entourent, dont cette critique le rend encore le jouet et la risée, pour combler son malheur et le scandale.
Cette addition faite depuis un siècle à l’éducation des Colleges, est une principale cause de la corruption des mœurs. […] 1., qui ne finit point sur les éloges de Cicéron, ne dit qu’en passant un mot sur la latinité de Térence, & lui préfere le poëte Afranius, que nous n’avons pas, qu’il appelle excellent, pour le style, quoique très-blâmable pour la licence ; Plût-à-Dieu, dit ce grand instituteur de la jeunesse, qu’Afranius n’eût pas souillé ses drames par les amours des jeunes gens, peignant aussi sa propre corruption : Utinam juvenem amoribus poemata non fœdasset, mores suos &c.
Le Cardinal de Richelieu contribua beaucoup encore à la corruption des mœurs des Français. […] Le vice intéressé à se ménager quelque excuse, à se donner quelque relief, peut seul tenir ce langage indécent ; la vertu ne se trouva jamais dans le vice, la grandeur dans la corruption.