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199. (1789) Lettre à un père de famille. Sur les petits spectacles de Paris pp. 3-46

Q uels éloges n’avez-vous pas mérités, Monsieur lorsque vous voyant veuf, jeune encore, et peu riche, vous avez eu le courage de vous retirer à la campagne pour garantir votre fils, et votre fille de la corruption de la capitale, et vous livret tout entier au soin de leur éducation ! […] Tout y respire la corruption.

200. (1763) Réflexions sur le théâtre, vol. 2 « Chapitre VI. Suite de l’infamie civile. » pp. 126-152

Arlequin, Scaramouche, Pierrot, sont des injures proverbiales jusques dans la bouche de la populace ; ce n’est pas la corruption de quelque particulier, c’est la nécessité inévitable du métier, destructeur par lui-même de toute vertu, et instrument de tous les vices. […] Sa corruption est si notoire, que la charité la plus délicate ne serait pas obligée de suspendre son jugement, et d’adoucir ces idées communes ; on aurait beau y apporter des mœurs pures, elles seraient bientôt dépravées.

201. (1770) La Mimographe, ou Idées d’une honnête-femme pour la réformation du théâtre national « La Mimographe, ou Le Théâtre réformé. — Seconde partie. Notes. — [E] » pp. 399-406

c’est un crime de lèze-virilité que de les goûter : une pareille Musique est la corruption des mœurs : c’est elle qui remplit la tête de nos femmes de falaises, & qui fait qu’elles sont disposées à tout, hors à être femmes de bien.

202. (1777) Des divertissements du Carnaval « Des divertissements du Carnaval. » pp. 92-109

Ne nous opposerait-on pas d’abord ces festins, ces bals, ces danses, ces divertissements, que les premiers Chrétiens reprochaient aux idolâtres, comme des marques toutes visibles, et de la corruption de leurs mœurs, et de la fausseté même de leur religion.

203. (1694) Réfutation d’un écrit favorisant la Comédie pp. 1-88

Je ne laisserai pas néanmoins de répondre aux raisons que cet Auteur quel qu’il puisse être, apporte pour autoriser la Comédie : et quoiqu’elles n’aient rien que de faible, je tiendrai bien employé le temps que j’aurai mis à les réfuter ; parce que quand l’esprit de l’homme est flottant entre le bien et le mal, ou quand son cœur est déja penché sur le bord du précipice, les moindres prétextes qui favorisent sa corruption, l’entraînent et l’emportent à sa perte. […] C’est pourquoi dans une corruption si générale, et des périls si grands où tout le monde se précipite, on ne doit pas s’imaginer que nous portions trop loin la sévérité, si nous n’osons excuser de péché mortel ceux qui courent aux Comédies ; puisqu’Alexandre de Ales m cet Auteur dont la doctrine est si pure, à l’endroit où nous l’avons déja cité, p. 4. dit, qu’il n’ose excuser de péché mortel ceux qui même malgré eux, ou par hasard, se trouvent aux Comédies, quand il s’y passe des choses propres à exciter les passions. » Je ne sais comment on peut citer en faveur de la Comédie, un Saint qui y est si opposé et en cela si digne Successeur de saint Ambroise, dont nous avons déja rapporté le sentiment. […] Mais sans nous débattre sur les mots de blasphême et d’idolâtrie ; qu’appellez-vous les pompes du monde, qu’appellez-vous les pièges de satan, qu’est-ce que mépris de la véritable Religion, insulte à la Majesté de Dieu, corruption des bonnes mœurs, si ce n’est cela ? […] C’est la différence qu’il y a entre la Loi de Dieu et la Loi des hommes, que la Loi de Dieu étant émanée d’une puissance infinie, s’assujettit tout l’homme pour ne laisser rien d’impuni de ses désobeissances, parce qu’elle a la force de convertir son cœur ; au lieu que la Loi des Princes temporels, quoiqu’elle oblige en conscience, sortant d’une puissance finie et bornée, suppose dans la plupart de ceux auxquels elle s’addresse un reste de corruption et de cupidité qu’elle ne détruit pas.

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