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18. (1846) Histoire pittoresque des passions « RELIGION » pp. 158-163

bref, je ne sais que penser. » Telle était la situation du théâtre, lorsque vers le milieu du seizième siècle la comédie profane intervint avec ses obscénités, et rivalisa avec la religieuse jusqu’au siècle de Louis XIV, où les Corneille et les Racine commencèrent à illustrer notre scène, et lui donnèrent un caractère de décence et de moralité. […] IV : que « de illa arte vivere non est prohibitum » ; le clergé, disons-nous, commença par excommunier les représentants de la scène, et, sacrifiant jusqu’à la cupidité, il finit par leur refuser les secours onéreux1 des sacrements, en dédaignant de servir de si indignes rivaux, et hâtèrent la propagation du théâtre par leurs révoltantes persécutions.

19. (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre quatriéme. — Chapitre III. De l’Unité de lieu, de Tems & de Personne. » pp. 211-238

D’habiles modernes commencent à croire que cette importante partie du Drame est encore loin de la perfection. […] On la fait commencer en plein jour, quelquefois dès le matin ; il me semble que c’est oter à l’illusion. […] L’ouverture de la Scène est à six heures du soir ; & c’est alors le tems que le Spectacle commence. […] L’action du Maréchal est aussi bien faite que celle du Roi & du Fermier ; elle commence à cinq heures du soir, & se termine avant souper, celle des deux Chasseurs & la Laitière se passe dans deux heures, puisque Perrette n’est qu’à quelques pas de la Scène lorsqu’elle renverse son Pot au Lait.

20. (1694) Maximes et Réflections sur la Comédie « II. A quoi il faut réduire cette question. » p. 4

Il semble que pour ôter la prévention que le nom de Saint Thomas pourrait jeter dans les esprits, il faudrait commencer ces réflexions par la discussion des passages tirés de ce grand auteur en faveur de la comédie : mais avant que d’engager les lecteurs dans cet examen, je trouve plus à propos de les mener d’abord à la vérité par un tour plus court, c’est-à-dire par des principes qui ne demandent ni discussion ni lecture.

21. (1675) Traité de la comédie « VIII.  » p. 283

Il y a souvent longtemps que l'on commence à tomber quand on vient à s'en apercevoir.

22. (1694) Maximes et Réflections sur la Comédie « VIII. Crimes publics et cachés dans la comédie. Dispositions dangereuses et imperceptibles : la concupiscence répandue dans tous les sens.  » pp. 30-40

Mais de là, il ne s’ensuit pas que les commencements soient innocents : pour peu qu’on adhère à ces premières complaisances des sens émus, on commence à ouvrir son cœur à la créature : pour peu qu’on les flatte par d’agréables représentations, on aide le mal à éclore ; et un sage confesseur qui saurait alors faire sentir à un chrétien la première plaie de son cœur et les suites d’un péril qu’il aime, préviendrait de grands malheurs. […] Ils n’ont garde, tout gâtés qu’ils sont, d’apercevoir qu’ils se gâtent, ni de sentir le poids de l’eau quand ils en ont par-dessus la tête : et pour parler aussi à ceux qui commencent, on ne sent le cours d’une rivière que lorsqu’on s’y oppose : si on s’y laisse entraîner on ne sent rien, si ce n’est peut-être un mouvement assez doux d’abord où vous êtes porté sans peine, et vous ne sentez bien le mal qu’il vous fait que tôt après quand vous vous noyez.

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