La plus-part de ses personnages savent par cœur la carte du tendre ; elle n’oserait se faire voir sans être accompagnée d’un habile décorateur, & d’une foule de gardes.
Ils ont fait jusqu’à présent comme ces jeunes Personnes dont le cœur est fragile ; après avoir fait un faux pas, elles jurent que le pied ne leur glissera plus ; mais cédant doucement à la tentation, elles oublient bientôt leurs sermens.
Pour les Excuser, je veux croire qu’ils manquent plûtost d’habitude que de cœur, que leur defaut vient plustost de leur Ecole que de leur naturel ; & qu’enfin ils sont plus propres à la Galanterie qu’à la Guerre, parce qu’ils ont esté plus assidus à la Ruelle qu’au Camp, & qu’ils ont employé plus de temps à faire l’Amour qu’à faire leurs Exercices.
Ils ne les effacent jamais de leurs mémoires : ils agissent en conséquence, lorsqu’ils jouissent de leur liberté ; et les voilà corrompus, dans le cœur et dans l’esprit, pour le reste de leurs jours.
les yeux par la pompe, l’oreille par l’harmonie, le cœur par les sentimens, les passions par la molesse & l’indécence ? […] Mais il y a dans le cœur de ces idoles de chair, tant de pensées vaines, frivoles, tant de sentimens irréligieux & impurs, tant de passions, de vices, de malignités ! […] On accusoit le fameux Alcuin de donner dans le faste & le luxe ; il s’en excusoit, disant que la profusion des richesses n’étoit vicieuse que par l’attachement du cœur ; que les uns en les possédant en sont parfaitement détachés, que tant d’autres qui en sont privés les aiment & les désirent. […] Quel cœur de roche ne se fendroit ?