Si nous en croyons l’Auteur des Lettres Chinoises (Tom. […] Le Marquis de Sourdeac, de la maison de Rieux, fit représenter avec la magnificence d’un Prince la Toison d’Or, du même Auteur. […] Voici ce qui peut avoir donné lieu à la malignité ou à la méprise de l’Auteur des mémoires fournis à Boursault.
Il en parut une en 1768, qui à le bien prendre, en fait la condamnation, & en montre le danger & le crime, dans un livre d’un mérite & d’une réputation médiocre, intitulé l’usage des Statues, dont les Journaux ont fait mention, Praxitele, dit l’auteur, fit plusieurs fois la statue de la courtisanne Phriné. […] L’auteur croit avoir trouvé des raisons politiques de leur usage ; en cela bien différent d’Aristote, qui, dans sa politique, L. […] L’auteur & le décorarateur trop d’accord pour le désordre, mettent l’un sur la toile, tout ce qu’il dit analogue à la scene ; l’autre dans la bouche des acteurs, toutes les horreurs qu’il croit convenables à leur rolle. […] Valere Maxime, auteur payen, mais vertueux, qui a recueilli une infinité de traits de vertu, prouve, L. […] Le prophete Ezéchiel & l’auteur du livre de la Sagesse, gens fort sérieux & très peu amateurs du théatre, pensent bien différemment.
Il a plu à La Fontaine d’aller pêcher dans ce bourbier plusieurs de ses contes, & à quelques Auteurs Dramatiques le sujet de leurs farces. […] Cette pensée a été appliquée à la Duchesse de Mazarin par l’Auteur de ses Mémoires. […] La volonté du maître, les sollicitations de la maîtresse avoient allumé l’incendie ; ses progrès étonnans firent trembler & repentir ses auteurs ; mais Cathérine avoit été la principale incendiaire. […] L’érudition de l’Auteur remonte jusqu’à Charlemagne ; il est vrai qu’il avoue ingénument avoir tout pris des Romans. […] Ce portrait de sa personne, de sa parure, de sa prodigalité, que l’Auteur fait pour la louer, serviront précisément à la condamner.
Les Drames des Théâtres ordinaires n’ont besoin que des talens d’un seul Auteur ; la plus-part n’enrichissent la République des Lettres que d’un seul homme de génie.
« Si les chefs-d’œuvre de ces Auteurs (Corneille et Molière) étaient encore à paraître, ils tomberaient infailliblement aujourd’hui, dit M. […] Que l’on mette au théâtre un homme vertueux et simple, sans aucun de ces vices de dupe dont j’ai parlé, et que l’Auteur s’avise de le rendre le jouet de la scène, on verra si le parterre n’en sera pas indigné. […] Imaginons pour un moment qu’un Auteur dans un seul ouvrage, ait voulu attaquer tous les vices de son siècle, et mettre le fléau de la satire dans la main de l’un de ses Acteurs. […] Si Molière a prétendu faire briller Philinte aux dépens d’Alceste, jamais Auteur, j’ose le dire, n’a été plus maladroit. […] L’Auteur qui compose, et l’Acteur qui représente, se frappent l’imagination du tableau qu’ils ont à peindre.
Avouez, Mademoiselle, que votre Avocat étoit bien fondé à décliner l’autorité des Saints Peres, il appréhendoit une nuée de témoins qui déposent contre lui, il voudroit qu’on le traduisît au Tribunal de la raison, j’y consens volontiers, persuadé que son jugement ou celui des Auteurs qu’elle a fait parler n’est pas moins défavorable à votre cause. […] Cet événement à quoi ce grand Auteur ne s’attendoit point, lui donna de l’humeur contre la Republique qu’il a traitée de barbare & pour s’en venger d’une maniere éclatante, il a échangé les Délices contre le séjour de Fernex, Terre qu’il a acquise au pays de Gez, jugeant la Ville de Geneve indigne d’avoir un voisin tel que lui.
Quand il lut l’Epître à Louis XIV, où l’auteur traite Alexandre d’écervelé & de fougueux, il déchira le feuillet, indigne qu’on traitât si mal un prince auquel il faisoit gloire de ressembler. […] Les Demoiselles du Séminaire ou Collége féminin, qui s’est établi à Petersbourg, ont joué le jour de la fête de l’Impératrice, une Comédie françoise, un Opéra comique, qui ont été fort applaudis ; sur quoi le Gazetier d’Avignon, qui le rapporte, 19 juin 1776, ajoute : Ce succès doit engager les Auteurs françois à suivre les modeles du siecle de Louis XIV, & à traiter des sujets qui puissent être entendus & goutés de toutes les Nations.
Il est certain qu’on ne doit point lire avec une entiere confiance les Traités sur la Poësie Dramatique faits par des Auteurs de Piéces de Théâtre, comme ceux de Dryden, de Gravina, & de quelques-uns de nos Poëtes ; ils ont eu en les écrivant leurs Piéces devant les yeux, plus souvent que les vrais Principes de leur Art, & n’ont écrit leurs Reflexions que pour justifier leurs fautes. […] Je n’entreprendrai point de décider, parce que je sais que l’Auteur d’Athalie, qui se flattoit d’être appellé le Rival d’Euripide, regarda toujours Sophocle comme son Maître, & disoit qu’il n’avoit jamais pris un de ses Sujets, n’étant pas assez hardi pour joûter (c’étoit son terme) contre Sophocle.
est attribuée à Mercure, que Philostrate en fait le père, et qu'Horace en nomme l'auteur. […] décrivant au long l’origine des Jeux Séculaires, qui furent célébrés sous Publicola premier Consul, avec beaucoup de dévotion durant trois nuits, l’attribue à la guérison miraculeuse des trois Enfants de Valésius, et aux révélations qu’ils eurent de la part de Pluton et de Proserpine, que leur père en crut les auteurs, et auxquels il en voulut rendre grâces par cette pieuse cérémonie.
Saint Antoine (père et auteur des moines), lequel a mené une vie si austère et si sainte, fut trouvé un jour ès déserts d’Egypte avec aucuns de ses moines par un certain seigneur Arabe allant à la chasse, faire telles récréations honnêtes desquelles ledit seigneur Arabe voulant quasi se scandaliser fut tout à l’heure satisfait par ledit Saint AntoineSaint Justin en l’Epître qu’il écrit à Zenas et Sérénus baille une règle et institution de bien vivre au Chrétien, et lui permet d’user d’ébat et raillerie honnête et civile pour adoucir ou recréer celui qui est naturellement chagrin et fâcheux. […] J’ai voulu annoter ceci pour montrer toujours davantage que sans propos, je n’ai pas ajouté ce chapitre au précédent et inséré en ce traité pour la connexité que les matières ont l’une avec l’autre, et qu’en cela je n’ai rien fait qu’auteurs graves n’aient premièrement fait, retournons maintenant à nos divinations.
Cet Auteur, après être convenu que dès la premiere année qu’il monta sur le théatre, il ne cessa de l’envisager du mauvais côté, déclare qu’après une épreuve de cinquante années, il ne pouvoit s’empêcher d’avouer que rien ne seroit plus utile que la suppression entiere des spectacles. « Je crois, dit-il3, que c’étoit précisément à un homme tel que moi, qu’il convenoit d’écrire sur cette matiere. […] En supposant même qu’il eût échappé, dans des siecles d’ignorance, quelque chose à reprocher à des Auteurs respectables, leur autorité ne feroit pas plus loi que l’exemple des Ecclésiastiques qu’on dit rencontrer tous les jours aux spectacles, ne doit en imposer : c’est peut-être le plus grand scandale qui puisse arriver dans un Pays Catholique. […] Il faudroit que les Auteurs, sur-tout ceux qui travaillent pour le Théatre, n’eussent rien à voiler.
L’Auteur & l’Acteur, intéressés à ne pas le lever, seroient bien fâchés qu’il fût assez peu transparent pour donner le change. […] Les Auteurs, les Acteurs, les Théatres entr’eux (on s’en plaint tous les jours), ne s’épargnent pas davantage ni le public. […] Parfait, la suite jusqu’à nos jours en fourniroit aisément quinze autres, si la honte de voir au grand jour de l’impression les folies de tant de personnes vivantes, n’avoit fait prier les Auteurs de discontinuer leur ouvrage.
Les éloquents ouvrages de cet auteur atrabilaire, que ses aveugles admirateurs nous proposent comme ceux d’un père de l’église, sont néanmoins remplis d’inconvenances et d’expressions de mauvais goût. […] C’est dans les écrits de ce missionnaire si zélé que l’auteur inspiré par le jésuitisme le plus effréné, se débat et hurle comme un énergumène dans ses longues diatribes. […] [NDA] L’abbé de la Mennais, auteur de l’Essai sur l’indifférence en matière de religion, 4 vol. in-8°.
L’Auteur de la Lettre n’a-t-il pas bonne grâce de nous venir dire : « Lisez et relisez l’Ecriture, vous n’y trouverez pas de précepte formel et particulier contre la Comédie. » Aussi cela n’est-il pas nécessaire : car nous voyons dans la sainte Ecriture que Dieu n’a pas laissé de punir très sévèrement ce qui n’était point défendu par la Loi en termes formels et précis : car, par exemple, la Loi ne défendait pas de ramasser de petits brins de bois le jour du Sabbat.
[NDE] Dans l’ouvrage auquel ce livre fait suite, l’auteur trace l’histoire des comédiens, en commençant par les Grecs et les Romains, avant de tracer les trois âges des comédiens sous les rois de France.
Je pense, et je suis en cela d’accord avec les Auteurs les plus graves, que la vertu est, en grande partie, l’ouvrage de l’éducation, et qu’elle est principalement inspirée par les exemples et les préceptes.
on dirait sûrement que l’Auteur fait le contraire de ce qu’il doit faire : qu’il ne sait pas son métier, puisqu’il va contre les règles de la raison et du bon sens : qu’il blesse les bonnes mœurs, loin de les faire respecter : qu’il mérite d’être regardé comme un séducteur qui approuve le vice, en confirmant le vicieux dans le mal par le succès, enfin qu’il faut le bannir comme un ennemi de la République.
On joua devant lui, & toute la Cour une mauvaise farce, où il étoit grossiérement joué avec les Officiers de justice, comme on avoit joué Louis XII ; car souvent les auteurs, soit pour embellir leurs ouvrages, soit pour éléver leur héros, soit pour ne pas perdre quelque chose d’agréable dont ils se souviennent, font libéralement présent des actions d’autrui ; quoiqu’il en soit, les Magistrats choqués firent mettre les comédiens en prison. […] L’auteur sans doute, a senti cette absurdité, aussi a-t-il totalement défiguré cette avanture, par des épisodes qui font quelques diversions. […] Si l’auteur étoit Gascon, il n’auroit pas négligé une épisode dont la Ville de Toulouse se fait honneur. […] Ces deux grandes ames inséparablement unies, par la conformité des goûts, & des sentimens, & l’assiduité du commerce, tiennent beaucoup au théatre ; le Poëte comme auteur, la Dame comme actrice.
L’Auteur de la nature a distingué la vertu d’avec le vice par des traits si marqués, qu’il est facile d’en reconnaître la différence dans les conjonctures qui sont de quelque importance pour nous. […] L’Auteur de l’Astrologue Joué est plus gracieux que cela, et en use plus généreusement à l’égard de Sang-farouche et de Iacynte : il ne demande point qu’ils reconnaissent leurs fautes ; il n’en exige d’eux nulle satisfaction ; il leur permet d’être coupables jusqu’au bout : ils s’en vont sans laisser après eux le moindre vestige d’amendement. […] Un homme de bon sens eût cru gâter tout par là ; mais Torrismond, grâces au Poète a de quoi prévenir le mal : l’impiété est un spécifique, qui chez nos Auteurs remédie à tout. […] Ce n’est pas que je refuse ici à l’Auteur un aveu public de son bel esprit, dont je suis touché autant que qui ce soit : mais il me sera permis de lui avouer aussi que ses plaisanteries, si l’on peut ainsi les appeler, vont trop loin, et que son enthousiasme lui fait outrer les caractères.
» « Les Auteurs concourent à l’envi […] à donner une nouvelle énergie et un nouveau coloris à cette passion dangereuse [l’amour] ; et, depuis Molière et Corneille, on ne voit plus réussir au Théâtre que des Romans [...]. »dv Racine, Crébillon, Voltaire, la Grange, Regnard, Destouches, Piron, Gresset, Marivaux, Boissy, vous n’êtes que des faiseurs de Romans. […] Apprenez, Public, qu’Achille a tort d’aimer Iphigénie ; Britannicus, Junie ; Orosmane, Zaïre : toutes ces Dames ont trop de vertu, il ne leur est pas permis d’en avoir tant ; Jean-Jacques ne le veut pas, si les Auteurs l’entendaient mieux selon lui Iphigénie serait une Prude, Junie une Coquette et Zaïre une Catin, car voilà, dit Jean-Jacques, comme les femmes sont faites : c’est donc ainsi qu’il faut les représenter ou se résoudre à passer pour un Auteur de Roman. […] La force des caractères, la beauté, la nouveauté des situations, l’énergie et l’élégance du style, le naturel des pensées, tout s’y trouve avec l’exactitude peu commune aux Auteurs de sa Patrie, de s’être renfermée dans les règles des unités.
Martial, Petrone, tous les anciens Auteurs parlent & se moquent de ces artifices de coqueterie. […] D’autres Auteurs ont entendu le cœur par le milieu du Sein, c’est-à-dire, arrachez l’impureté de votre cœur. […] Les auteurs de Roland, d’Amadis, de Dom Quichotte, des Mille & un jour seroient bien étonnés de se voir ériger en vénérables Historiens, & de trouver des savans qui découvrent chez les Grecs, les Romains, les Chinois l’Armet de Mambrin, l’Hyppogrife de Bradamante, qui valent bien l’œil & la dent unique des trois Gorgones, les ailes de Pegase, la Baleine d’Andromede, l’Egide de Pallas, & les Serpens, &c. […] Tout tourne à la gloire de l’Auteur de tous les biens ; la Providence les distribue selon ses vues adorables. […] Quelques Auteurs ont cru excuser la parure de Judith en disant qu’elle avoit en vue de se marier avec Holopherne, pour tâcher de délivrer la patrie, en le gagnant, comme une jeune fille qui se pare pour chercher un mari.
On ne croit pas que cette entreprise réussisse de pareils divertissemens contrastant trop avec la désolation de l’État, pour que des citoyens qui ont encore quelques sentimens d’amour pour le public ou le moindre égard pour la bienséance, puissent se permettre d’y aller ; il faut avoir le cœur tout-à-fait Comédien pour oser s’y montrer, le Roi de Pologne ne s’y est pas trouvé, il est trop sage ; ceux même qui sont attachés au grand Maréchal Poninski qui en est l’Auteur, pensent que les vrais patriotes ne le fréquenteront jamais, ce qui n’a été goûté que par les ames que la débauche a avili, qui après avoir acquis des richesses dans le malheur général, veulent les employer à se plonger dans le tumulte des fêtes & le délire des plaisirs, soit pour satisfaire leur goût, soit pour se cacher à eux-mêmes les malheurs qui les accablent. […] L’Auteur rappelle d’abord qu’au commencement de ce siècle la Russie éclairée voyoit avec plaisir les grands de l’Empire jouer la comédie, & qu’il ne manquoit plus à la Pologne que de suivre cet exemple & de prendre des leçons de ses magnats travestis en baladins. […] Après les excursions en Russie, l’Auteur du Pamphlet revient à la Pologne, il pese les raisons des deux prétendans qui se disputent l’honneur de privilégier les Comédiens ; l’un tire son droit de la place dont il veut que ce soit une prérogative jusqu’ici inconnue dans tous les Palatinats & les Starosties ; l’autre de l’emplacement qu’il loue aux Comédiens, privilége non moins inconnu depuis Les Leks & les Jagellons ; pour les accorder, dit-il, on n’a qu’à rester dans la salle de la délégation, & en continuer les séances. […] La ville de Paris s’étant chargée de toute la dépense, a cru pouvoir choisir le Directeur de ce grand ouvrage, & a nommé le sieur Monet son Architecte, malheureusement il n’est pas l’Auteur du plan dont l’exécution lui eut assuré l’immortalité ; les sieurs Vailli & Peire qui en sont les pères, réclament leur enfant chéri, & demandent la direction du dessein qu’ils ont enfanté, comme un père est en droit de donner l’éducation à son fils. […] Pendant les troubles du Royaume & la prison des Princes, les deux Princesses leurs femmes n’en passoient pas moins leur temps en comédies, jeux, bals, ballets, chansons & conversations galantes ; & la Duchesse de Longueville depuis devenue dévote à Port Royal, alors fugitive hors du Royaume, faisant l’Amazône à la tête des troupes qui combattroient contre le Roi sous les ordres du Vicomte de Turenne, entretenoit un commerce de galanterie avec le Duc de la Rochefoucauld son amant, qu’elle avoit entraîné dans la revolte, & qui l’adoroit comme une Divinité ; toutes étoient pleines d’intrigues, au milieu des horreurs de la guerre civile, chaque Dame avoit sou amant, chaque Seigneur sa maîtresse ; le Duc de Bouillon qui en fut le chef à Bordeaux, entretenoit une femme, le Duc d’Epernon, Chef du parti contraire, avoit la sienne, & l’Auteur Ministre de la Princesse, le sieur Lenet avoue qu’il en avoit une à Paris.
La matière se prend, ou de l’Ecriture Sainte ; ou de quelques Auteur profane, Historien, ou Poète. […] Sur ce que l’on pourrait dire, qu’il en faudrait ôter ce qu’il y a de mauvais ; réformer les abus, non pas rejeter la chose ; Je réponds, qu’après avoir montré, que ni l’auteur, ni la matière, ni la forme, ni la fin, c’est-à-dire ni les principes intérieurs, ni les extérieurs, n’en valent rien ; on serait bien empêché, d’y trouver quelque chose de bon, et qui pût retenir le nom de tels jeux, que l’on demande i. […] Mais pource que outre les autres brocards, on nous appelle aussi Docteurs de nouveauté, adonnés à notre sens, etc., faut voir, si nous sommes les premier auteurs de cette opinion, prétendue nouvelle, ou si nous sommes seuls en l’erreur que l’on nous attribue ; et si nous ne saurions repousser les exemples, dont on fait bouclier, par d’autres aussi authentiques : Ci-dessus nous en avons déjà produit quelques-uns ; et combien qu’après avoir ouï Dieu parler en l’Ecriture, il soit superflu, d’ouïr les témoignages des hommes ; toutefois, afin de satisfaire aux plus difficiles, et à ceux, qui écoutent plus volontiers les hommes que Dieu ; nous en amènerons encore quelques autres. […] » Platon pour ces raisons, chasse de sa République les Poètes impurslib. 2 do , tels que sont pour la plupart, les auteurs des Comédies, Aristote prenant pour chose confessée d’un chacun, que ce sont gens corrompus, et dépravés ; recherche, et déclare les raisons pourquoi ils sont telsdp : Et le Philosophe TaurusA. […] [NDE] Gennadius de Marseille, prêtre et historien du Ve s., Suidas, encyclopédie grecque de date incertaine (entre le IXe et le XIIe s.) dont le titre a souvent été pris pour celui de son auteur, Trithemius (Johann von Heidenberg, 1462-1516) bénédictin allemand, astrologue et occultiste.
Mais comme la véritable morale en doit toujours être la compagne inséparable, et que son ennemie naturelle, ou du moins trop ordinaire, est celle que nos Auteurs, ou nos Artistes dramatiques au nom de ceux-ci, ont quelquefois l’imprudence de publier et d’accréditer sur la scène, je n’ai pu considérer cette influence de la Chaire et du Barreau, sans examiner en même temps celle du théâtre, qui aujourd’hui chez nous, comme autrefois chez les Grecs et les Romains, semble attirer à lui tous les regards et tous les vœux de la multitude.
C’est toujours le même caractere respectable de l’auteur, plein d’honneur, de religion & de probité ; il y parle du théatre à l’occasion des fêtes données aux noces du Duc avec la veuve du Roi de Pologne, & de celles du Dauphin, où l’on voit que ni la misere du peuple, ni la sainteté de l’action, ni le caractere des personnes, rien ne peut diminuer la fureur des spectacles. […] L’Auteur fait un juste éloge de l’Electrice de Baviere, qui en effet avoit de très-belles qualités. […] L’Auteur a ramassé tout ce qu’il a pu découvrir de galanteries, & les a détaillées pour faire voir le caractere & la corruption des femmes du monde, & donner d’utile leçons à ceux qui s’y engagent sans défiance.
On ne dit que ces quatre vers : Par de longs complimens on vient pour vous séduire Et pour mendier des succès : Je n’ai que deux mots à vous dire, L’Auteur est femme, & vous êtes François. […] L’Auteur du Mercure trouve mauvais qu’on mette l’hymen à côté du lascif par deux raisons très-fausses ; pour donner le change, par un air de pruderie, il prétend que le mot lascif emporte une chaleur & un emportement physique, & que le mariage est ordinairement tiede & indifférent. […] Un tableau, un détail de l’usage du mariage seroit très-lascif, quoique tiede, selon l’Auteur, & c’est ce qu’on a tant reproché à Sanchès, quoique son style soit très-froid.
Le théâtre, comme tout le reste, doit sans doute, selon le génie des nations ou des siècles, le goût de la Cour ou de la ville, la diversité des modes, la variété des circonstances, le caractère des Auteurs, prendre des tons différents de modération ou de débauche, de différentes nuances de décence ou d’effronterie ; mais ce n’est que changer d’habit, le fond est toujours le même, c’est toujours une troupe de gens sans religion et sans mœurs, qui ne vit que des passions, des faiblesses, de l’oisiveté du public, qu’il entretient par des représentations le plus souvent licencieuses, toujours passionnées, et par conséquent toujours criminelles et dangereuses, et qui enseigne et facilite le vice, le rend agréable, en fournit l’objet, et y fait tomber la plupart des spectateurs. […] Il y a grand péril à divertir le peuple par des plaisirs qui peuvent produire un jour des douleurs publiques, il nous faut bien garder d’accoutumer ses yeux et ses oreilles à des actions qu’il doit ignorer. » L’Académie avait alors fort peu d’Auteurs dramatiques ; aujourd’hui qu’elle en foisonne, je doute qu’elle tînt le même langage. […] Reuchlin, dans ses leçons, auteur de tout le mal, avait mêlé le vrai et le faux.
Voilà ce que j’ai appris d’un livre qui est tombé en mes mainsd, où l’Auteur ressemble l’archer qui tire sans adversaire, mais il ne décoche sans but, car le sien est d’offenser ceux qui ne combattent jamais que pour trouver la vérité, et non pour l’honneur d’une victoire où l’ennemi n’a entendu la trompette pour se préparer au combat. […] Voilà les trophées qu’ils veulent ériger au pied de la Croix, leurs vies et leurs désirs aussi saints que charitables méritaient une autre interprétation que celle que l’auteur a donnée au passage de saint Augustin, 8e chapitre du 2e livre de la Cité de Dieu : et à Vivès qui parle des Matacinse.
Vous qui êtes Chrétiens haïssez et détestez ces choses dont les Auteurs ne peuvent être que l'objet de votre haine, et de votre aversion. […] Les Auteurs des Spectacles, et ceux qui sont chargés de les faire représenter abaissent autant les Comédiens, qu'ils relèvent la Comédie; ils les déclarent infâmes par leurs Edits, ils leur font changer d'état pour les exclure de la Cour, du Barreau, du Senat et de l'Ordre des Chevaliers; ils les privent de tous honneurs, et de toutes dignités.
Ils se remplissent la tête de certains mots et de certaines figures, ils cousent diverses pensées des Auteurs qu’ils ont lus, ils apprennent par cœur avec bien de la peine, et puis vont débiter ce qu’ils appellent une Harangue, ou un Sermon. […] Si vous joignez des Entretiens fréquents de cette sorte au reste de l’éducation de votre fils, je vous suis garant que non seulement vous en ferez un admirateur de la Providence : mais encore qu’après avoir lu les Auteurs qu’on a coutume de faire lire aux jeunes gens, il sera en état de lire tous les Livres des Philosophes ; et ni le faste des Stoïciens, ni l’impiété des Epicuriens, ni tout ce qu’il y a de sensible et d’imaginaire dans les autres sectes, ne sera point capable de lui imposer.
Ce même Auteur suivant la disposition dans laquelle il était d’élargir la voie du salut, contre la parole expresse de l’Evangile, excepte encore le cas de la coutume ; permettant la danse aux jours de quelques fêtes particulières, lorsque l’usage en est déjà établi : Mais ceux qui seront véritablement entrés dans les sentiments de l’Eglise, et qui seront animés de l’Esprit qui l’a conduite dans l’institution de ces solennités, souffriront encore moins cette exception, que les autres ; Car ils seront persuadés que les témoignages de la joie Chrétienne, qui est une joie toute spirituelle, et toute en Dieu, ne sauraient s’accorder avec ces danses mondaines.
Y a-t-il une Ecole d'athéisme plus ouverte que le Festin de Pierre, où après avoir fait dire toutes les impiétés les plus horribles à un athée, qui a beaucoup d'esprit, l'Auteur confie la cause de Dieu à un valet, à qui il fait dire, pour la soutenir, toutes les impertinences du monde ; Et il prétend justifier à la fin sa Comédie si pleine de blasphèmes, à la faveur d'une fusée, qu'il fait le ministre ridicule de la vengeance divine; même pour mieux accompagner la forte impression d'horreur qu'un foudroiement si fidèlement représenté doit faire dans les esprits des spectateurs, il fait dire en même temps au valet toutes les sottises imaginables sur cette aventure.
Je n’en veux pas dire davantage sur ce sujet, en ayant parlé ci-devant assez amplement, joint que les deux Auteurs que je viens de produire, Salvian et Tertullien s’en sont suffisamment expliqués, pour faire connaître à un chacun que les spectacles et les théâtres ne doivent jamais passer chez les vrais Chrétiens pour divertissements, puisqu’ils traitent ceux qui y assistent d’apostats, de prévaricateurs des Sacrements, de gens qui retournent vers le diable leur premier maître, qui préfèrent le démon à Dieu, qui font banqueroute à la foi de Jésus-Christ, qu’ils sont plus criminels que les païens, qu’ils sont sans Religion, qu’ils ne cherchent qu’à repaître leurs yeux adultères ; gens enfin qui se jettent volontairement dans le fort et la citadelle où se commettent toutes sortes d’impuretés.
L’habile Auteur qui a fait ces belles découvertes sur les saveurs n’a pas été moins heureux pour les odeurs, il a trouvé leur proportion & leur analogie ; il a composé l’échelle ou la gamme odorante, l’odeur de rose répond à l’ut, le jasmin au mi, la tubereuse au sol, & leur accord forme une harmonie délicieuse. […] L’Auteur soutient que les liqueurs spiritueuses, bien faites ne nuisent point à la santé non plus que les parfums, pourvu qu’on en use modérément & en petite quantité ; car il convient avec tout le monde que leur excès est un poison, & qu’à tous égards l’eau pure est la plus salutaire de toutes les liqueurs. […] Quelques Auteurs ont prétendu que chaque Nation, & même chaque homme avoit son odeur propre comme la physionomie ; elle est sensible chez les Juifs & chez les Sauvages, dans certain tempérament, dans les excès de bouche ou de volupté.
Pour les Auteurs et les Commentateurs de tous ces textes, qui peut douter de leurs sentiments ? […] « o præclaram emendatricem vitæ », qui fait une Divinité de l’amour du vice et de l’auteur du crime, « quæ amorem flagitii et levitatis auctorem in conciliis Deorum collocat ». […] « La corruption du temps était telle, que les Bouffons, farceurs, etc., avaient tout crédit auprès du Roi », dit l’Auteur, qui n’était pas un dévot.
Ces raisons sont fortes ; cependant, comme elles ne sont pas sans réplique, M. l’archevêque, aussi fin que les jésuites qui cherchaient à l’embarrasser, ne voulant s’exposer ni aux railleries des gens du monde, ni aux reproches des dévots, trouva un tempérament qui fut de ne point condamner la lettre, mais de punir le théatin qui en était l’auteur.
La loi dit tit. de feriis au Cod. qu’il n’est point permis de passer le jour de la fête en aucune volupté : et l’Empereur auteur de cette Loi le défend expressément : d’où il apperti que aller et assister aux jeux et spectacles le jour de la fête, est transgresser les lois divines et humaines : ce n’est donc pas un plaisir honnête.
Qu’est-ce qu’un Auteur dramatique ? […] Cependant tout est défiguré par des circonstances fabuleuses & des épisodes de l’invention de l’Auteur.
Pourquoi l’image des peines qui naissent des passions effacerait-elle celle des transports de joie et de plaisir qu’on en voit naître, et que les auteurs ont soin d’embellir encore pour rendre leurs pièces agréables ? […] Aussi le grand art des auteurs dramatiques est-il d’inspirer la passion de leur héros.
L’Auteur de l’Argument qui est à la tête de l’Agamemnon d’Eschyle, pour dire que le discours de Cassandre excite la Terreur & la Pitié, employe ces deux mots ἕκπληξιν καί οἶκτον. […] Pourquoi donc les premiers Auteurs de nos Spectacles prirent-ils pour leur Sujet ordinaire, la Passion de Notre Seigneur ? […] Ce Traité si petit & si obscur, a de tout tems fait regarder son Auteur comme le Législateur du Théâtre. […] Lorsqu’un Auteur a retranché des Piéces du Recueil de ses Ouvrages, il est à croire qu’il n’a plus pensé dans un tems ce qu’il avoit pensé dans un autre. […] Dangers dont les suites funestes à l’honneur, au repos, & à la fortune des Familles, peuvent causer des désordres qui intéressent l’Etat ; dangers qui se trouvent dans la Représentation même d’Athalie, Piéce qui n’eût jamais paru sur le Théâtre public, si les intentions de l’Auteur, & celles de sa Famille, avoient été suivies.
L’Auteur d’Athalie a réussi mieux qu’un autre à plaire en la troublant ; il a enfin tenté de plaire en la respectant, & même en représentant un homme qui la conserve toujours.
Du moins, c’est ce que nous apprennent tous les Auteurs qui parlent de leur forme.
C’est là que la volupté entre par tous les sens, que tous les arts concourent à l’embellir, que la poésie ne rime presque jamais que l’amour et ses douceurs ; que la musique fait entendre les accents des passions les plus vives ; que la danse retrace aux yeux ou rappelle à l’esprit les images qu’un cœur chaste redoute le plus ; que la peinture ajoute à l’enchantement par ses décorations et ses prestiges ; qu’une espèce de magie nous transporte dans les pays des fées, à Paphos, à Cythère, et nous fait éprouver insensiblement toute la contagion de l’air impur qu’on y respire ; c’est là que tout nous dit de céder sans résistance aux attraits du penchant ; c’est là que l’âme amollie par degrés perd toute sa force et son courage ; qu’on languit, qu’on soupire, qu’un feu secret s’allume et menace du plus terrible embrasement ; que des larmes coulent pour le vice, qu’on oublie ses vertus, et que, privé de toute réflexion, réduit à la faculté de sentir, lié par de honteuses chaînes, mais qui paraissent des chaînes de fleurs, on ne sait pas même s’indigner de sa faiblesseau. » Aussi Riccoboni, auteur et comédien tout à la fois, après être convenu que, dès la première année qu’il monta sur le théâtre, il ne cessa de l’envisager du mauvais côté, déclare qu’après une épreuve de cinquante années, il ne pouvait s’empêcher d’avouer que rien ne serait plus utile que la suppression entière de tous les spectacles.
Je crois, Madame, que vous ne feriez pas mal de lire quelqu’un de ces Auteurs, puisque vous voulez, dites-vous, vous dire à vous-même les raisons pourquoi vous riez ou vous pleurez à la Comédie. […] Un Auteur se rendrait ridicule, s’il faisait paraître Pompée sur la scène, s’applaudissant d’avoir vaincu César à la bataille de Pharsale : Cette contrariété choquerait l’Auditeur, persuadé de la défaite de Pompée. […] Le spectateur fait bon gré au Poète, de lui épargner la vue des corps sanglants de ces Héros blessés à mort, et expirants sur le Théâtre ; mais un Auteur qui se défie de la faiblesse de son génie, et qui craint de ne se pas assez soutenir dans sa narration, pour produire de grands sentiments dans l’esprit de ses auditeurs, leur met sous les yeux, des corps percés de coups, et mourant, pour les émouvoir par la vue de ces horribles spectacles : Il imite en cela certains Avocats, qui manquant d’art et de génie pour exciter la compassion dans l’esprit de leurs Juges, faisaient peindre les malheurs de leurs Clients, pour obtenir par ces représentations muettes, ce qu’ils ne croyaient pas pouvoir obtenir par la force de leurs raisons, et de leur éloquence. […] Les Auteurs de ces Comédies n’avaient nul goût de la Fiction, de la Fable, de la Versification ; on ne se paraît point pour aller à ces sortes d’Assemblées ; les Dames n’empruntaient point le secours de l’art, ni des ajustements, pour relever l’éclat de leur beauté, et pour paraître avec tous leurs avantages, comme elles font aujourd’hui : Ainsi il ne faut pas s’étonner, que les Directeurs et les Docteurs de ce temps-là aient toléré des spectacles, qui n’étaient nullement capables d’exciter les passions dans ceux qui y assistaient.