Ces jeux de prix Grégeoisu, ou en chants, ou en instruments de musique, ou en voix, ou en forces, ont pour leurs chefs, divers diables : et toute autre chose qui émeut et attire les yeux des Spectateurs, ou attraitv les oreilles, si on regarde son origine et institution, on trouvera que la cause est ou une Idole, ou un diable, ou un mort. […] Et combien que telles choses ne fussent point consacrées aux Simulacres et Idoles, si est-ce que les fidèles Chrétiens ne s’y doivent pas trouver : pource que combien qu’elles n’eussent en soi aucun crime, elles ont toutefois en soi une bien grande vanité et fort mal séante à un Chrétien. […] Que le Chrétien fidèle s’adonne aux saintes écritures, car là trouvera des Spectacles dignes de sa foi.
On trouve deux événements dans l’histoire, qui parmi cent autres sont des punitions visibles de la fureur des peuples pour les spectacles. […] Vous trouvez le théâtre partout, plusieurs siècles avant sa naissance, jusque dans les déserts de l’Arabie et le camp des Israélites, qui de leur vie n’ont songé à dialoguer des scènes, et former des actes. […] C’est toujours Belphégor qui règne ; il ne forme pas à la vérité des armées bien fortes, ses traits, pris dans le carquois de l’amour, ne blessent que les cœurs, ne triomphent que de la vertu ; mais la campagne serait-elle tolérable, si on n’allait les recevoir et les lancer aux pieds d’une Actrice, où l’on trouve depuis long-temps l’innocence et la pudeur terrassées ?
Les hommes et les femmes, les jeunes gens et les jeunes filles, ne s’y trouvent-ils pas ensemble ; et n’y vont-ils pas avec tout l’ajustement et l’agrément qu’il leur est possibleIbid. […] » Mais supposé qu’il n’y ait rien dans les comédies qui puisse blesser l’innocence des jeunes gens, ni exciter en eux des passions dangereuses : supposé que de trente pièces de théâtre il y en ait une qui ne blesse point ouvertement la pureté, et l’innocence : supposé qu’il n’y ait rien dans les ajustements, dans la nudité, et dans les gestes des Comédiennes, qui blesse la modestie, et qui ne réponde à la pureté et à la piété des vierges qu’elles représentent : supposé que les personnes qui y assistent ne puissent inspirer aux jeunes gens l’esprit du monde et de la vanité qui éclate dans leur manière de s’habiller, dans tous leurs gestes, et dans toutes leurs actions : supposé que tout ce qui se passe dans ces représentations malheureuses ne porte point au mal ; que les paroles, les habits, le marcher, la voix, les chants, les regards, les mouvements du corps, le son des instruments, les sujets mêmes et les intrigues des comédies, enfin que tout n’y soit point plein de poison, et n’y respire point l’impureté : Vous ne devez pourtant pas laisser d’empêcher vos enfants, de s’y trouver ; Hom. […] rapporte, qu’une femme Chrétienne étant allée au théâtre et à la comédie en revint possédée du diable, et que les Exorcistes lui demandant comment il avait osé attaquer une Chrétienne, il répondit qu’il l’avait fait sans crainte, parce qu’il l’avait trouvée dans un lieu qui lui appartenait.
Je continuerais sur le compte du Fourbe, sans que je le trouverai encore dans mon chemin. […] Mais que quiconque parle de chercher où sont ses membres au jugement dernier, craigne de ne les trouver que trop tôt. […] Combien en trouverait-on qui semblables à Valentin persévérassent jusqu’au martyre ? […] Périplectimene répond à Pleuside d’un air sévère : « C’est une grande ignorance et une insigne folie que de trouver à redire à la conduite des Dieux, et de leur manquer de respect. […] Mais la méthode de ce Tragique ne nous importe guère : il fait de son Héros la Salamandre imaginaire qui se plaît dans les flammes et qui y trouve son aliment.
Qu’il est heureux d’en trouver tant sous sa main et que la voie étroite soit si fréquentée : « Mille gens, dit-il,i d’une éminente vertu et d’une conscience fort délicate pour ne pas dire scrupuleuse, approuvent la comédie et la fréquentent sans peine. ».
On a vu des souverains pontifes ambitieux, audacieux, employer la majesté de la religion et son crédit sur l’esprit des peuples, pour bouleverser des trônes et jeter le fer et la flamme parmi les nations ; la tiare voulait une autorité absolue sur le diadème des rois, et ses prétentions trouvaient des appuis dans tous les Etats de la chrétienté, où la cour de Rome compte des milliers d’ecclésiastiques qu’on peut considérer comme autant de généraux, ou de capitaines d’armées, qu’elle y fait stationner.
de Sénancourt ne pourra pas assurément m’accuser ici d’hypocrisie, et encore moins de chercher à décliner la juridiction ecclésiastique en matière d’excommunication, car on trouvera à la page 154 du livre intitulé des Comédiens et du Clergé, l’indication d’une catégorie assez nombreuse de ceux qui encourent les anathèmes et que l’église réprouve et condamne : on y verra un vaste champ ouvert au Code pénal religieux ; mais au moins le comédien, en se trouvant confondu dans l’immense majorité des pécheurs de chaque catégorie, ne verra pas sa profession spécialement et uniquement frappée de l’animadversion des prêtres ; il aura un sort commun avec tous les autres infracteurs des pratiques de notre religion, et ne subira pas une spécialité outrageante pour avoir exercé une profession dans laquelle il a été institué, soutenu, encouragé et honoré par le prince et par nos lois.
Car qui eût jamais pensé qu’il se fût trouvé aucun si ouvert de gorge pour mentir, qui eût osé fonder sur un fait tant public si puantes et si atroces calomnies ? […] Cordeliersaw, l’on trouvera que ladite tour est plus voisine d’eux, que des jésuites, au moins de cent et quinze pasax. […] Je me suis émerveillé commebd après avoir si effrontément franchi les barrières de la pudeur il n’ait encore couché par écrit cet autre vilain mensonge, qui a couru jusques à Paris, qu’un démon vrai démon, se soit trouvé parmi ceux qui les représentaient en cette action sur le théâtre. […] [NDE] Le texte de Gaule est accompagné d’une approbation datée du 18 octobre 1607 par Robert Berthelot, suffragant de Lyon, qui atteste « n’y avoir rient trouvé qui ne soit conforme à notre sainte foi et religion catholique : ains être digne de lumière, à fin de faire connaître les mauvais artifices dont usent d’ordinaire les mal affectés à la vérité » (ibid.
On devrait, selon moi, trouver que le Théâtre fait un grand bien aux mœurs & à la société, en nous reprenant, même pour des ridicules très-légers. […] Elle n’est que trop facile à trouver ; mais il est encore plus aisé de la détruire.
Mais pour faire voir que ce n’est qu’un prétexte de la part des Magistrats ; combien y a-t-il de Juges et autres Gens du Roi, qui ne les ont jamais voulu souffrir dans leur Ville, et qui n’ont pas pu voir qu’à la sortie de la Messe, des Vêpres, ou du Sermon, on trouvât un Théâtre dressé, comme un Autel pour le Diable, contre Jésus-Christ, pour détruire en une heure de temps tous les bons sentiments que les Prédications avaient fait naître dans les âmes pendant toute une semaine. […] » Je sais bien que quelques-uns entendent cette répréhension, de la criminelle conduite des Juges, lesquels pour asseoir leurs Jugements, n’envisagent ni la Loi, ni le mérite de la cause ni leur propre conscience, mais seulement la qualité des personnes : si c’est un homme puissant dont ils puissent attendre du service, un ami qu’ils veulent obliger, un parent pour le favoriser, ou quelque autre dont on espère de la gratification : mais je n’ignore pas aussi, que ces paroles, « jusqu’à quand aurez-vous égard à la personne des pécheurs », ne doivent être expliquées que de l’injustice que commettent ces Messieurs, donnant leur consentement et leur approbation à des pécheurs publics, tels que sont pour l’ordinaire ceux qui tiennent le Théâtre, et qui ne trouvent leur accommodement, que dans la perte des autres.
Que le Public me permette de l’entretenir un moment, non pas précisément de cet ouvrage qui n’a pas encore été soumis à son jugement, mais des difficultés qu’il a fait naître à plusieurs lectures, & des prétendus inconvéniens que quelques gens ont trouvés à sa représentation. […] S’il se trouve, & certainement il s’en trouvera parmi ceux qui jetteront un coup-d’œil sur cet écrit, s’il se trouve des personnes bien convaincues que ce genre d’ouvrages ne seroit pas moins utile qu’il seroit intéressant pour la Nation ; s’il se trouve, & certainement il s’en trouvera, des personnes étonnées de la puérilité des objections que je m’apprête à réfuter, je les prie d’observer que ces objections m’ont surpris plus qu’un autre ; & je les prie encore de vouloir bien se joindre à moi, d’unir, sur ce point, leur voix à la mienne, & d’employer, pour soutenir la raison, un peu du zèle & de l’ardeur qui n’ont cessé d’animer ceux qui font profession de la combattre. […] Est-ce bien sous le règne d’un Prince équitable, d’un Prince qui a senti lui-même le besoin de limiter son pouvoir, qu’on peut trouver de l’indécence à faire justice d’un Tyran, deux siècles après sa mort ? […] Il s’est trouvé quelques hommes dans notre siècle qui ont uni la philosophie à l’éloquence ; ils ont écrit avec une noble hardiesse, qui sera surpassée par leurs successeurs.
Moliere moins scrupuleux que lui, n’avoit pas eu à tranquiliser un Confesseur, & ne s’étoit jamais exposé à un refus d’absolution, n’avoit consulté aucun Théologien, & n’avoit jamais trouvé dans sa famille de quoi faire des Religieux Théatins, qui prissent la peine de composer son appologie. […] Ils se retranchent sur la droiture d’intention, la pureté du cœur, l’insensibilité stoïque des acteurs & des spectateurs, qui n’y sentent aucune passion, & n’y trouvent qu’un amusement innocent. […] Que si on veut blâmer tout ce qui ne regarde pas directement Dieu & notre salut, on ne doit pas trouver mauvais que la comédie soit condamnée, &c. […] Ce même étranger, pour s’assurer le thrône qu’il trouva le moyen d’envahir, fit mourir Antigone, son compétiteur, Hircar, grand Pontife, son aïeul, toute la race des Ammoniens, tous les grands qui lui faisoient ombrage, & une infinité de personnes du commun que les crimes irritoient contre lui ; & pour comble d’horreur des milliers d’enfans, pour envelopper dans ses massacres le Sauveur du monde, parce que le Mages qui étoient venus l’adorer, l’appelloient Le Roi des Juifs. […] Il y trouva sa punition.
Le nouveau Cesar déploya ses grandes vues ; à force de violence, de surprises, de traités faits & rompus, de paroles données & manquées, il a trouvé le moyen d’envahir la Silesie deux fois, la Saxe, la Boheme, une partie de la Pologne, le commerce de Dantzic ; il a fallu rendre la Saxe & la Boheme, le reste lui a été abandonné ; il s’est fait aider par Czarine Philosophe aussi bien que lui, qui, sous prétexte de religion, a ravagé la Pologne, lui a donné un Roi de sa main, & s’est emparé, comme lui, de plusieurs provinces. […] Il semble qu’en punition de son attentat, Dieu permette que la Pologne trouve son plus grand ennemi dans celui qu’elle a élevé, sans égard pour la religion. […] J’aime fort le Spectacle, mais il est bien cher, & mes Grands-Officiers trouvent fort déraisonnable qu’une actrice soit aussi bien payée qu’eux. J’ai beau me faire illusion sur le prétendu bien du Théatre, je trouve qu’ils ont raison. […] Je ne veux plus avoir que des envoyés, on les trouve plus aisément.
Pour ce qui est de leurs divertissemens, il s’en trouve peu de choses dignes d’vne remarque particuliere : on y courut sur des Chariots attelez de deux Iuments : la jeunesse se piqua de courre aussi vîte qu’elles : & enfin la gloire de la course & de la vitesse s’y disputa en toute façon, tantost à pied, & tantost sur les meilleurs & les plus legers coureurs.
Etant d’ailleurs très persuadé, que ceux qui desireraient s’instruire à fonds sur ce qui regarde la Comédie, pouvaient trouver dans l’excellent Livre de Monseigneur le Prince de Conti, et dans plusieurs autres écrits qui ont paru depuis sur ce sujet de quoi être pleinement satisfaits.
Pourroit-il déplaire, si e trouve un moyen propre, ce semble, à raprocher insensiblement les amateurs du vrai ? […] En trouveroit-il de plus propre à éteindre le feu des passions, ou à laver les taches & les vices du cœur humain ? […] Il ne s’agit plus que de lui trouver une maniére convenable d’instruire. […] Convenez que pour en trouver de pareils, il faut les choisir. […] Melpoméne au contraire ne vous offrira rien qu’elle n’ait bien pesé, & qu’elle n’ait trouvé tel que vous le demandez.
A l’Eglise on n’écoute qu’avec dégoût, mollement couché, à demi endormi, se plaignant de toutes les saisons ; à l’amphithéatre (il n’étoit pas couvert) on expose la tête nue aux rayons du soleil, foulé, presse de toutes parts avec la plus grande incommodité ; on y trouve des délices, comme dans la plus riante prairie. […] Consultez-vous vous-même ; sentez la différence de l’état où vous êtes en revenant de l’Eglise, de celui où vous vous trouvez en revenant du spectacle ; vous n’aurez pas besoin de mes exhortations. […] Des barbares s’étant trouvés un jour au théatre, dirent une parole digne des plus grands Philosophes : Les Romains n’ont-ils point des femmes & des enfans, pour aller chercher ces frivoles & honteuses voluptés ?
« Quand à l’Unité de lieu, dit-il, je n’en trouve aucun précepte ni dans Aristote ni dans Horace ». Il fait un long raisonnement, dans lequel on entrevoit qu’il panche à la trouver trop gènante. […] Que les vingt-quatre heures prescrites sont trouvées trop longues.
Les sujets deviennent par-là d’une difficulté prodigieuse à trouver.
Je me trouvai l’autre jour chez vôtre ami Monsieur *** Nous parlâmes sur le fatal present de la Comedie qu’on a fait à la ville : cependant, me dît-il, les fauteurs de la Comedie soûtiennent, que saint Thomas leur est favorable, en ce qu’il semble dire, que la profession des Comediens n’est pas mauvaise de sa nature, & que l’on peut même contribuer à leur subsistance, pourvû que ce soit d’une maniere moderée : j’aurois souhaité, que nôtre cher ami nous eût donné la solution à cette objection ; car quoique je sois convaincu, que cet Ange de l’Ecole n’a jamais approuvé les Comedies, telles qu’on les représente aujourd’hui ; cependant il faut le montrer à ces gens, qui se saisissent de toute couleur pour couvrir leur passion.
Personne, par exemple, ne trouve à redire que M.
Je vous barbouille tout ce canevas de dissertation, afin de vous montrer que ce n’est pas sans raison que j’ai trouvé à redire à votre raisonnement.
Il réfléchit, et peut apercevoir ses extravagances : mais, lorsque le cœur est enflammé par l’enchantement des sens, la raison ne tarde pas à être séduite, et l’esprit trouve son poison dans ce qui charme le cœur.
Ainsi, comme dans le monde tout y est sensualité, curiosité, ostentation, orgueil, on y fait aimer tous ces vices, puisqu’on ne pense qu’à y faire trouver du plaisir, en les donnant comme des vertus héroïques, ou au moins en les excusant et en les faisant envisager comme de légères imperfections.
Si on trouvait dans l’Antiquité un Poème comme Armide ou comme Atys, avec idolâtrie il serait reçu ; mais Quinault était modernej.
Et trouverais raisonnable que le magistrat, et le prince, à ses dépens, en gratifiât quelquefois la communen, d’une affection et bonté comme paternelle ; [c] et qu’aux villes populeuses il y eût des lieux destinés et disposés pour ces spectacles : quelque divertissement de pires actions et occulteso.
*** Et là le grand Corneille (Auteur incomparable) Pompeux dans ses écrits, sublime dans son art, Doit ici trouver place et prendre aussi sa part ; L’esprit ingénieux !
Le gain que les Comédiens se proposent dans la représentation de leurs Pièces, est encore une mauvaise fin ; car quoi que ce soit peut être par une malheureuse nécessité, et pour ne pas mourir de faim, qu’ils persistent dans ce métier infâme, ils n’ont pas dû néanmoins s’y engager, et il leur était libre de choisir quelque autre profession honnête, où ils auraient trouvé de quoi subsister, comme tant d’autres en trouvent. […] Comme ils ne trouvent rien de solide dans les faux plaisirs qu’ils recherchent, on les voit continuellement passer d’un vain amusement à un autre. […] « Les Comédiens qui jouent tous les jours, ne pèchent pas, dit-il, en jouant les jours des fêtes et Dimanches, et pendant le Carême (temps consacré à la pénitence, temps de larmes et de douleurs pour les Chrétiens) parce qu’étant dévoués au public ; c’est moins pour leur divertissement qu’ils jouent, que pour celui des autres et ils peuvent jouer tous les jours, parce que tous les jours il se peut trouver des particuliers qui veulent prendre une récréation modérée. » O aveuglement déplorable !
La nation qui trouvait dans son roi, et dans les princes de son auguste famille, l’exemple d’une piété salutaire, s’était fait un devoir de seconder, et les intentions du souverain et celles du Clergé ; mais aujourd’hui elle est forcée d’éprouver de l’incertitude dans la marche qu’on veut lui faire suivre, et elle craint réellement les suites d’un système qui peut causer de grands troubles dans le royaume. […] On trouve une fondation par lui faite en l’église cathédrale d’Autun, en l’année 1213, et l’un de ses petits-fils, Guillaume de Montholon, fut créé cardinal en 1350.
Vous comprenez bien M. que j’entre aujourd’huy dans une grande carriere, & qu’en attaquant le plaisir enchanté qu’on trouve dans les spectacles publiques, & sur tout dans celuy de la Comedie, je m’attire un grand nombre d’ennemis sur les bras ? […] Prêtres, Exorcistes, Ministres du Dieu vivant, ne me reprochez point d’avoir fait usurpation d’une femme qui appartint à vôtre Jesus-Christ ; non elle n’étoit point à luy, elle n’étoit point de ses sujettes, ny de son royaume, je l’ay trouvée dans ma maison, je l’ay trouvée sur mes terres, je l’ay trouvée dans mon Eglise & dans l’assemblée de mes bons serviteurs, & de mes fideles servantes, j’ay usé de mon droit, j’en ay pris prossession, personne ne me la doit disputer, elle m’appartient de bonne guerre, in meo eam inveni , je ne l’ay point été prendre dans sa maison, ny dans vos Eglises, je l’ay rencontrée dans un lieu qui est à moy, je m’en suis rendu le maître, je ne la quitteray point. […] remarque que le Fils de Dieu entrant dans la maison de Iaire Prince de la Synagogue, pour resusciter sa fille qui étoit morte, il y trouva des joüeurs de flute, & une troupe de personnes qui faisoient grand bruit, & qui se preparoient à honorer la pompe funebre de la jeune defuncte, au son de leurs instrumens, mais Jesus-Christ rompit cette feste lugubre, & chassa ces musiciens importuns. […] Que l’ignorance humaine toute stupide & grossiere qu’elle est, se montre neanmoins sçavante & ingenieuse, sur tout quand il faut trouver des raisons pour justifier l’usage des plaisirs de la vie, & pour s’empêcher d’y renoncer ; mais arriere tous ces argumens frivoles & toutes ces fausses raisons, le mensonge appuyé de tout le secours de la Philosophie, ne peut rien contre la verité. […] QVand je considere l’état d’un Chrétien je trouve que tout ce qu’il y a de plus grand & de plus inviolable dans sa profession, l’oblige à une parfaite innocence de vie, & à une eminente sainteté de mœurs.
C'est donc ainsi que les Chrétiens ont fulminé contre les Jeux Scéniques et contre tous les Mimes et Bateleurs qui n'y paraissaient que pour faire les divertissements du peuple, par des actions et des paroles dignes de la plus grande sévérité des Lois, et qu'ils ont empêché que la sainteté des Chrétiens ne fut souillée par la communication de ces impudences, dont le poison se pouvait aisément glisser dans l'âme par les yeux et par les oreilles : ils n'ont pas traité de la même sorte la représentation des Poèmes Dramatiques, et je ne trouve que fort peu d'endroits qui témoignent ce qu'ils en ont pensé « Comœdiae et Tragœdiae horum meliora Poemata. » Tertull. de Spect.
» Si on dit que les Grecs, et Romains permettaient les jeux : je réponds que c'était pour une superstition qu'ils avaient à leurs Dieux. mais les plus sages les ont toujours blâmés. car combien que la Tragédie a je ne sais quoi de plus Héroïque, et qui moins effémine les cœurs des hommes, si est-ce toutesfois que Solon ayant vu jouer une tragédie de Thespis, le trouva fort mauvais : de quoi s'excusant Thespis disait, que ce n'était que jeu, Non, dit Solon, mais le jeu tourne en chose sérieuse, beaucoup plus eût-il blâmé les comédies, qui étaient encore inconnues. et maintenant on met toujours à la fin des tragédies, (comme une poison ès viandes) la farce, ou comédie.
Songez encore, si vous jugez digne du nom de Chrétien et de Prêtre, de trouver honnête la corruption réduite en maximes dans les Opéras de Quinault, avec toutes les fausses tendresses, et toutes ces trompeuses invitations à jouir du beau temps de la jeunesse, qui retentissent partout dans ses Poésies.
Quelle joie pour cette malheureuse de trouver dans la femme de son bienfaiteur une nièce qu’elle croyait perdue !
Cette réponse ne permet pas de douter que toutes les Religions ne lui fussent indifférentes par un système qui lui étoit propre, qu’elle s’étoit faite elle-même, & qu’on n’a trouvé nulle part ainsi dévéloppé. […] La Religion Anglicane n’est ni Protestante, ni Catholique ; c’est un mêlange monstrueux du Luthéranisme, du Calvinisme, du Papisme, & des délires d’Henri VIII, elle le trouva ébauché par son père & son frère, elle le perfectionna, c’est-à-dire, l’accommoda à son goût, elle l’établit pendant un long règne ; il subsiste encore. […] Dans le fond, elle n’en vouloit pas, & auroit bien trouvé des raisons pour l’empêcher ; elle vouloit en Comédienne les amuser pour faire diversion à d’autres mariages, elle savoit bien qu’ils n’en voudroient ni l’un ni l’autre. […] Qui croiroit que tant d’ambition, de vanité, de politique eussent abouti à la satiété de regner, & de vivre, & qu’un précipice se fut trouvé au bout d’une si brillante carrière ? […] Victorio Siri dit qu’étant à l’extrémité elle fit venir sa musique pour mourir plus agréablement aux doux sons des instrumens, comme Mademoiselle de Limeuil en France ; elle passa de là au jugement de Dieu & dans l’éternité où elle ne trouva ni flatteurs ni théatre.
» Le Parlement de Rouen fit le procès à un Régent troisième, pour avoir donné à ses écoliers à mettre en vers cette pensée, qu’on trouve partout, que « l’événement fait aux yeux du monde le héros ou le criminel ». […] C’est là qu’est votre grâce, il nous l’y faut trouver. […] Je ne fais point d’extraits des autres pièces de Pierre Corneille, non plus que de celle de Thomas son frère, où l’on trouve en cent endroits les mêmes enseignements. […] Mais ces Espagnols ne sont pas galants, on ne trouve chez eux ni Phèdre ni Bérenice. […] L’Auteur de la lettre qu’on trouve à la tête de la tragédie de la Mort de César (que peut-être il a fabriquée), en convient de bonne foi.
Le Spectateur, étonné d’un Tableau aussi vaste, ne sait où ses yeux doivent s’arrêter ; il le parcourt d’un œil inquiet : lorsqu’il croit avoir trouvé l’objet sur lequel il peut se fixer, le discours d’un nouvel Acteur lui fait craindre de s’être mépris, son attention détournée à chaque instant, se lasse enfin ; & ne se fatigue plus à écouter un si grand nombre d’interlocuteurs.
N’est-ce pas, mes Pères, que vous voulez qu’il vous ressemble,22 et « que craignant de perdre aussi bien que vous, la douceur et la commodité qu’il trouve à être aimé, et ne voulant pas se faire des ennemis, et s’engager dans des suites fâcheuses qu’attirent après eux les mécontentements qu’on donne aux hommes, encore que ce soit en faisant sa charge et en soutenant la cause de Dieu ; il demeure dans le silence, et dissimule les péchés des hommes, de peur qu’en les reprenant il ne trouble sa paix en troublant celle des autres.
Je ne les ai non plus trouvés dans Saint Bonaventure son contemporain.
Des Rituels de Diocèses très réglés les mettent au nombre des personnes que les Curés sont obligés de traiter comme excommuniés ; celui de Paris les joint aux Sorciers et aux Magiciens, et les regarde comme manifestement infâmes : les Evêques les plus saints leur font refuser publiquement les Sacrements ; nous avons vu un des premiers Evêques de France ne vouloir pas par cette raison recevoir au mariage un homme de cet état ; un autre ne vouloir pas leur accorder la Terre sainte ; et dans les Statuts d’un Prélat bien plus illustre par son mérite, par sa piété et par l’austérité de sa vie que par la pourpre dont il est revêtu, on les trouve avec les concubinaires, les Usuriers, les Blasphémateurs, les Femmes débauchées, les Excommuniés dénoncés, les Infâmes, les Simoniaques et autres personnes scandaleuses mis au nombre de ceux à qui on doit refuser publiquement la Communion.
Un goût naturel, le préjugé de la coutume ou de l’éducation, le respect humain, les y entraînent : d’autres motifs de société, de passe-temps, de complaisance, paraissent légitimer à leurs yeux une agréable erreur : plusieurs, sans examen, l’accréditent et la propagent, la plupart la trouvent au moins si excusable, qu’elles se la pardonnent, ainsi qu’aux autres, sans inquiétude. […] S’il paraît négliger pour un temps, les moyens d’accélérer notre perte, il saura les employer, quand il en trouvera l’occasion favorable. » « Et, quand il serait vrai que la Comédie ne fit aucun effet sur certains esprits, pourraient-ils s’en faire un divertissement innocent, et croire qu’ils ne sont point coupables en y assistant ? […] On y apprend enfin deux choses également funestes ; l’une à s’ennuyer de tout ce qui est sérieux, et par conséquent de tous ses devoirs : l’autre à trouver cet ennui insupportable, et à en chercher le remède dans la dissipation. […] Et cela, par la même raison que celui qui s’est trouvé au milieu de la contagion, et qui a eu le bonheur de s’en sauver, est plus en état d’en faire une description exacte… Je l’avoue donc avec sincérité, je sens, dans toute son étendue, le grand bien que produirait la suppression entière du Théâtre, et je conviens sans peine de tout ce que tant de personnes graves et d’un génie supérieur ont écrit sur cet objet. » Le Théâtre, selon Riccoboni, était, dans son commencement, le triomphe du libertinage et de l’impiété ; et il est, depuis sa correction, l’école des mauvaises mœurs et de la corruption. […] » « Suivez la plupart des pièces du Théâtre français, vous trouverez, presque dans toutes, des monstres abominables et des actions atroces, utiles, si l’on veut, à donner de l’intérêt aux pièces, mais dangereuses certainement, en ce qu’elles accoutument les yeux du peuple à des horreurs qu’il ne devrait pas même connaître, et à des forfaits qu’il ne devrait pas supposer possibles.
Un Espagnol ayant trouvé la nuit une Indienne dans les rues, voulut la mener chez lui ; elle ne s’en défendoit pas, mais elle lui dit : entendez cette flûte de laquelle mon amant joue, sur la prochaine colline, elle m’appelle avec tant de passion & de tendresse, qu’il faut nécessairement que je m’y en aille ; laissez-moi, car la violence de mon amour m’emporte de ce côté-là . […] Il se fit adorer lui-même comme fils du soleil, ce qui a passé à ses successeurs, dont on trouve l’apothéose comme des Empéreurs Romains. […] Tout le pays en est couvert, comme de Bastides de Marseille ; on n’a qu’à s’aller promener hors la Ville, & on trouve à chaque pas tout ce qu’on veut. […] Garde toi, me dit-elle, d’écouter jamais la voix enchanteresse de la volupté, elle n’a que des faux plaisirs, elle exerce une cruelle tyrannie ; c’est en moi seule que tu trouveras le véritable bonheur. […] Ainsi la fortune capricieuse tantôt abaisse, tantôt éleve ; tel qui roule carrosse, n’a eu qu’un pere pied poudreux ; tel qui est couvert de haillons, trouveroit parmi ses ayeux l’hermine & la pourpre.