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130. (1694) Maximes et Réflections sur la Comédie « XXIII. Première et seconde réflexion sur la doctrine de Saint Thomas. » pp. 82-84

« Je veux bien, dit d’Aubignac, qu’en cet endroit, saint Thomas parle des histrions au sens des derniers siècles, et qu’il comprenne sous ce nom les acteurs des poèmes dramatiques ; Car, si l’on n’entendait par ce terme que les Mimes et les Farceurs, son autorité serait encore plus avantageuse aux autres, que l’on ne pourrait pas condamner contre la résolution de ce grand Théologien, qui serait favorable à ceux-là même que les Grecs méprisaient, que les Romains tenaient infâmes, et que jamais on ne leur doit comparer. »

131. (1768) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre douzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et litteraires, sur le théatre. — Chapitre V.  » pp. 129-160

Persifler est l’art ou l’action de railler agréablement quelqu’un, sans qu’il s’en apperçoive, par des idées, des raisonnemens, des termes, des figures, des gestes, des tons qu’il n’entend pas, qu’il prend dans un autre sens, ou qu’il attribue à quelqu’autre. […] On a raison d’appeller la poésie un délire, celle du théatre l’est dans tous les sens. […] On ne trouve plus dans la Société cette politesse, ce respect pour le sexe, cette délicatesse Française qui annoblissoit l’amour, & faisoit naître, du besoin des sens, la noble émulation de la vertu ; tout se reduit à payer cher des courtisannes, qui font grâce à nos merveilleux de l’honnête, qui formeroient avec elles un contraste incommode ; elles le debarrassent lestement de leur santé, de leur argent, de leur conscience ; ils font leurs dupes, & le savent bien ; mais qu’importe ? […] Que l’œil s’ouvre & petille à leurs traits indécents, Le lecteur est pour toi, tu parles à ses sens. Cette regle est très-bien observée, les sens, les baisers, Zelis au bain, les saisons.

132. (1753) Compte rendu de Ramire « Compte rendu de Ramire » pp. 842-864

Pour ne prendre qu’un honnête délassement à une Scène dont le jeu réunit tant d’objets si capables de faire des impressions contraires à l’honnêteté, quelle violence ne faut-il pas faire à ses sens & à son imagination ! […] C’est nous disent-ils, c’est du Théâtre que la volupté assiége tous les sens du corps & toutes les facultés de l’ame.

133. (1738) Sentimens de Monseigneur Jean Joseph Languet Evéque de Soissons, et de quelques autres Savans et Pieux Ecrivains de la Compagnie de Jesus, sur le faux bonheur et la vanité des plaisirs mondains. Premiere partie « Sentimens de quelques ecrivains De la Compagnie de Jesus, Touchant les Bals & Comedies. Premiere Partie. — Entretien cinquieme. Le danger de la Comedie en particulier, decouvert par le R. P. F. Guilloré de la Compagnie de Jesus. » pp. 67-79

Il y a tant de choses, lesquelles condamnent l’usage, qui s’en fait, que, de quelque côté que l’on se tourne, l’on n’entend que des voix, qui crient contre ce divertissement, autant préjudiciable à l’ame, qu’il est agreable aux sens. […] La vertu la plus severe ne s’en pourroit presque pas garantir, & vous voulez, que des gens, qui ne respirent que les plaisirs des sens, puissent être avec innocence parmi tant de dangereux apas, où ils se jettent encore, & se plaisent ?

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