Il faut qu'ils les expriment le plus naturellement, et le plus vivement qu'il leur est possible ; et ils ne le sauraient faire s'ils ne les excitent en quelque sorte en eux-mêmes, et si leur âme ne se les imprime, pour les exprimer extérieurement par les gestes, et par les paroles.
[Introduction] ON a toujours admiré le bon sens & le bon goût d’Horace, & la sagesse des regles qu’il donne dans son Art Poëtique ; en particulier su le Théatre. Vida, Scaliger, Boileau les ont copiées, on les cite tous les jours, on les sait par cœur, on se fait un devoir de les suivre.
« Il faut savoir, dit-il, que l’on s’abstient des œuvres serviles, et des occupations mondaines les jours des Fêtes, afin que l’on soit dans une plus grande liberté d’aller aux Eglises, de chanter des Psaumes, des Hymnes, et des Cantiques spirituels, de s’appliquer à l’Oraison, de porter des Oblations à l’Autel, de prendre part à la grâce des Saints, par le souvenir de leurs vertus, de s’encourager, et de s’animer à leur imitation, d’écouter la parole Divine avec attention, et avec ferveur, et d’exercer la charité envers le prochain, et faire des aumônes. » In Resp. ad Bulgaros c. 11. […] Si quis vestrum proximam habet Ecclesiam, properet ad eandem, et ibi Dominico die semetipsum precibus lachrymisque : sint oculi manusque vestrum toto illo die ad Deum expensæ : ipse est enim dies requietionis perpetuæ : ipse nobis per septimæ diei umbram insinuatus noscitur in lege, et Prophetis : Justum igitur est ut hanc diem unanimiter celebremus, per quam facti sumus quod non suimus. » Et encore plus bas : « Si quelqu’un d’entre vous méprise cette exhortation salutaire, qu’il sache, premièrement qu’il sera puni de Dieu pour le mépris qu’il en aura fait, et en second lieu, qu’il attirera sur soi la colère de l’Eglise. » Et infra , « si quis itaque vestrum hanc salubrem exhortationem parvipendiderit, aut contemptui tradiderit, sciat se pro qualitatis merito principaliter a Deo puniri, et deinceps sacerdotali quoque iræ implacabiliter subjacere, » lib. 4, de ejus vita c. 18 etc., .
On sait, par expérience, avec quelle facilité cet Acteur peut entrer dans la bonne Comédie, et combien il est propre à la rendre encore plus amusante. […] D’ailleurs, ils connaissent trop bien l’Antiquité pour ne pas savoir que les Grecs n’ont presque point placé cette passion dans leurs Poèmes dramatiques ; et que, lorsqu’ils en ont fait usage, ce n’a été que pour en inspirer de l’horreur, ou pour en tirer quelque sujet d’instruction ; comme on voit dans Phèdre et dans Andromaque.