Ces vœux eussent-ils été nuls d’abord, ils seroient ratifiés par dix ans de vertus : paroles qu’on répette comme un éloge, & qui font leur crime.
La pompe des paroles, l’enflure du style, de longues tirades, changent-elles la lâcheté en courage, la bassesse en sublime, les assassinats en vertus ? […] Il est vrai que les braves de théâtre ne savent dégainer l’épée qu’en paroles, et ne sont que des ombres de César.
En effet, qu’une femme galante, connue pour telle, tienne des propos indifférens, devant des gens corrompus, ils sauront impudiquer tout ce qu’elle dit, & dans les moindres choses, ils lui prêteront des vues, des desseins ; ils jugeront toutes ses paroles à la rigueur d’après ses vices ordinaires, l’impudence & la légèreté.
Tout cela est vrai, & nous devons adorer tous les paroles du Saint Esprit, qui tire des instructions pour nous de toutes les créatures.