premier théâtre Français a subsisté en ce lieu, à n’y représenter que des pièces de piété ou de morale, sous ce titre commun de Moralités, pendant près d’un siècle et demi. […] Ce mélange de morale et de bouffonnerie déplut dans la suite aux gens sages ; la Religion ne put souffrir plus longtemps cette idée de dévotion, qu’une pieuse simplicité des temps plus éloignés avait attachée au théâtre, et encore moins cette profanation de nos principaux Mystères, qui en faisaient le plus souvent la matière.
Si un sermon opere cet effet sur vous, devez-vous en accuser le Prédicateur, ou votre disposition naturelle à vous ennuyer de toute morale qui n’a pas été sublimée dans votre laboratoire ? […] Pour affirmer que l’art Dramatique ne peut s’allier avec les mœurs, il faudroit avoir prouvé que la morale du Theatre est différente de celle du monde, ce que vous n’avez pas fait, ni pû faire. […] C’est travailler pour le genre humain, que de l’assujettir aux regles d’une morale pure, & d’indiquer l’usage de ce sentiment délicieux. […] Quelle morale de Tragédie avoit pû leur apprendre à souiller leur triomphe ? […] Je ne vous aurois pas fait cette remarque, si je n’étois encore rempli de vos maximes, dont l’austere morale semble contredire une présomption si injurieuse à la vieillesse.
Sur ceux qui attribuent à la Tragédie une fin morale, comme son objet essentiel, b, 4. […] Sa réflexion sur la prétendue utilité morale des Théatres, b, 352 Dalembert. […] Son opinion contre l’utilité morale de la Poésie, b, 15. […] Utilité de la morale de Tacite, 608. […] Défauts de nos Pieces de Théatre, tant pour la morale que pour leur constitution littéraire, 374-387.
Ainsi, Monsieur, vous pouvez assurer le Père Bouhours & tous les Jésuites de votre connoissance que bien loin d’être fâché contre ce Régent, qui a tant déclamé contre mes Pièces de Théatre, peu s’en faut que je ne le remercie & d’avoir enseigné une si bonne morale dans leur Collége, & d’avoir donné lieu à sa Compagnie de marquer tant de chaleur pour mes intérêts, & qu’enfin quand l’offense qu’il m’a voulu faire seroit plus grande, je l’oublierois avec la même facilité, en considération de tant d’autres Jésuites dont j’honore le mérite, & sur-tout du révérend Père de la Chaise qui me témoigne tous les jours mille bontés, & à qui je sacrifierois bien d’autres injures.