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499. (1770) La Mimographe, ou Idées d’une honnête-femme pour la réformation du théâtre national « La Mimographe, ou Le Théâtre réformé. — [Première partie.] — Huitième Lettre. De la même. » pp. 100-232

La Nature offre ici des modèles : qu’un Dieu en courroux soit comme la foudre, qu’il laisse des traces terribles de son passage ; que la terreur le précède, & que l’épouvante le suive : mais si Vénus ou l’Amour descendent pour le bonheur du monde, que les fleurs éclosent sous leurs pas : si c’est Mercure, qui vient exécuter les ordres du Maître du Tonnerre, qu’il n’ait pas cet air mesquin, qu’on lui donne dans l’Acte de Bacchus & Erigone. […] Il faut que cet Art sublime attendrisse le cœur sans l’amollir, peigne la vertu contraire aux penchans du Spectateur, & la lui fasse aimer ; représente les vices favoris, & les fasse haïr, tout séduisans qu’ils sont, même avant de montrer le châtiment qui les suit ; qu’il place sur la Scène non-seulement l’homme du monde, mais l’homme ami de la société, c’est-à-dire l’homme de bien. […] Ceux de l’état ou du Comédisme, que j’ai déja exposés plus haut, sont prévenus par le Réglement : ceux de la personne demandent encore quelques éclaircissemens ; ils sont prévenus comme ceux du Comédisme quant aux mœurs & quant au talent ; les Acteurs que je vais proposer seront honnêtes, formés sur les meilleurs modèles, à l’Ecole du monde, & par les Maîtres de l’Art : je crois pourtant devoir donner encore quelques détails qui seraient déplacés dans les Articles, sur deux parties essencielles de l’Actricisme, l’Habit scénique, & le Débit théâtral. […] Il serait même à souhaiter que certains Rôles fussent réservés à la Noblesse : l’usage & la connaissance du grand monde, donnerait plus de finesse à leur jeu1 ; le Spectacle en serait plus respectable, & dès-lors plus intéressant2. […] D’ailleurs, les jeunes-gens de condition, destinés à représenter dans le monde, se formeraient sur le Théâtre ; ils se mettraient en état, de parler & d’agir, dans la suite, par eux-mêmes ; ils se feraient un nom d’avance, & deviendraient plus sensibles à la gloire de se faire estimer dans le cours de leur vie, d’un Peuple dont ils seraient aimés & connus.

500. (1766) Réflexions sur le théâtre, vol 5 « Réflexions sur le théâtre, vol 5 — REFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE CINQUIÈME. — CHAPITRE V. Du Mensonge. » pp. 100-113

Combien de gens qui n’ayant de connoissance de l’histoire que celle qu’ils ont puisée dans des romans & des tragédies, prennent pour des vérités ce que dit un Acteur, d’autant plus aisément qu’il sera plus approprié à nos mœurs, & plus vrai-semblable, & renfermera des choses dont on trouve le fonds dans son cœur & le modelle dans le monde, & qu’on le donne pour véritable, sous le nom imposant de personnes illustres !

501. (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre second. — Chapitre prémier. De l’éxcellence du nouveau Théâtre. » pp. 68-93

Combien même est-il dans le monde de personnes sensées, qui disent que les titres mêmes des Opéras-Bouffons les révolte, & qu’elles ont peine à se résoudre d’aller voir représenter des Pièces qui portent sur l’affiche des noms tout à fait bas, tels que ceux de savetier, de bucheron &c. ?

502. (1668) Idée des spectacles anciens et nouveaux « Idée des spectacles anciens et nouveavx. — Des anciens Spectacles. Livre premier. — Chapitre premier. Du Theatre. » pp. 73-99

Leur Scene estoit un tas de maisons basses & vulgaires, & où ne se representoit que quelque action populaire & du bas monde.

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