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269. (1666) La famille sainte « DES DIVERTISSEMENTS » pp. 409-504

Notre Juge n’a pas tant d’égard au personnage que nous avons représenté qu’aux soins que nous avons apportés pour le bien faire, c’est là-dessus que notre peine ou notre récompense se mesure ; on ne nous demande point si notre emploi était grand ou petit, noble ou roturier : moins encore si nous avons tenu longtemps la Scène ou non : Tout consiste à voir comme quoi nous nous sommes acquitté de notre commission ; il arrive souvent que le valet l’emporte sur son maître, et que le drap d’or est contraint de céder à la bure. […] N’est-ce point plutôt la curiosité qui nous y attire pour nous rendre juges de ceux qui feront le mieux ? […] Quelquefois elle fait venir sur le théâtre un amant passionné : mais elle en dépeint si naïvement toutes les bassesses et toutes les folies, qu’il est aisé de conclure que l’amour des femmes nous fait oublier que nous sommes hommes : Elle nous imprime l’horreur d’un plaisir, qui nous fait devenir bêtes : D’autres fois elle fait montre d’un vindicatif, qui se consomme et se ronge en de vains efforts, et qui pense avoir de grands avantages sur son ennemi, quand il s’est coupé un bras pour lui faire perdre un doigt : Elle le tourne et le retourne en tant de façons, qu’il n’est point de Spectateur quiab ne juge qu’il vaut mieux accorder un pardon, que de poursuivre une vengeance. […] Quelle punition peut-on craindre de son péché, quand on le voit pratiquer par son juge ?

270. (1768) Réflexions sur le théâtre, vol 10 « Réflexions sur le théâtre, vol 10 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE DIXIEME. — CHAPITRE III. Extrait de quelques Livres.  » pp. 72-105

Ainsi pensoient les Jésuites, grands juges en cette matiere, qu’on ne récusera pas, puisqu’on les accusa de relâchement, & qu’ils étoient trop indulgents pour le théâtre.

271. (1768) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre douzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et litteraires, sur le théatre. — Chapitre II.  » pp. 37-67

Arnaud seroient très-analogues au caractère des spectateurs, & passeroient, d’une voix unanime, pour le tragique par excellence, le seul vrai tragique : le plaisir en tout genre est relatif au goût & au caractere ; musique gaie ou triste ; alimens doux ou amers ; odeurs bonnes ou mauvaises ; spectacles cruels ou humains ; lectures frivoles ou férieuses ; vie solitaire ou repandue ; société grave ou dissipée, &c. chacun a ses ennemis & ses partisans : on ne juge des choses que par la sensation : cette sensation de pend de la configuration des organes.

272. (1768) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre douzieme « Réflexions morales, politiques, historiques, et litteraires, sur le théatre. — Chapitre V.  » pp. 129-160

Trop de femmes étoient intéressées dans cette cruelle affaire, la piéce entiere a été punie du crime de quelques vers ; il est vrai que c’étoit fort imprudemment parlé contre ses juges, & le procès n’en a pas été mieux jugé.

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