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94. (1758) Causes de la décadence du goût sur le théatre. Seconde partie « Causes de la décadence du goût sur le théatre. — Chapitre XXI. Si les Comédiens épurent les mœurs. Des bienséances qu’ils prétendent avoir introduites sur le Théatre » pp. 86-103

On sort du spectacle, le cœur si rempli des douceurs de l’amour ; & l’esprit si persuadé de son innocence ; qu’on est tout préparé à recevoir ses premieres impressions, ou plûtôt à chercher l’occasion de les faire naître dans le cœur de quelqu’un, pour recevoir les mêmes plaisirs, & les mêmes sacrifices que l’on a vûs si bien représentés sur le Théatre. […] Mais quand je vous embrasserai, quand vous serez tout à moi, je vous punirai de vos cruautés, par l’impression de mes ardents baisers. » Cléopatre, en parlant ainsi, manque sans doute à ce qu’elle se doit à elle-même.

95. (1758) Causes de la décadence du goût sur le théatre. Seconde partie « Causes de la décadence du goût sur le théatre. — Chapitre XXII. De l’usage du Théatre relativement au Comédien. » pp. 104-121

Ils sont dans une habitude continuelle de juger des impressions que nos Poëmes dramatiques produisent sur les spectateurs. […] Plus il appelle l’esprit à son secours, plus il penche du côté de l’erreur, plus il s’éloigne de son but, qui est de combiner de profondes impressions, dont le germe est dans l’ame.

96. (1762) Apologie du théâtre adressée à Mlle. Cl… Célébre Actrice de la Comédie Française pp. 3-143

Le Spectateur doit être entre les mains d’un Acteur intelligent, une cire molle susceptible de toutes les impressions : parce que c’est des mouvemens qui l’excite dans ce cœur froid & tranquille, que le tableau tire son état & son prix. […] Des idées passageres, des mouvemens fugitifs, des impressions volages, qui tournent plus à la gloire de l’Orateur, qu’au profit de la vertu. […] Mais qu’on en rie : voilà ce que la bagatelle peut espérer de plus heureux ; du reste c’est un mouvement fugitif & passager, qui ne peut avoir dans aucun esprit le caractére d’impression. […] Quel rapport y a-t-il entre tous ces jeux différens que le Théâtre fournit, & les impressions subites & brusques dont on croit un cœur innocent & serein aussi-tôt susceptible. […] La vertu ne passe jamais sous nos yeux sans impression pour nous.

97. (1694) Maximes et Réflections sur la Comédie « VI. Ce que c’est que les mariages du théâtre.  » pp. 25-27

Qui étale, bien que ce soit pour le mariage, cette impression de beauté sensible qui force à aimer, et qui tâche à la rendre agréable, veut rendre agréable la concupiscence et la révolte des sens.

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