Les nouvelles de Sages ont affligé le Roi, la Cour de Vienne en est indignée, la Dauphine est inconsolable , (Princesse de Saxe). […] La maison de Brandebourg demeura maîtresse de la Prusse ducale, & à force de sollicitations & de présens à la Cour de Rodolphe, l’a fait ériger en Royaume. […] Quand un étranger vient à votre Cour, comblez-le d’honnêteté ; qu’il soit toujours auprès de vous. […] Je n’abandonne point mon projet, mais je m’y prend différemment : je fais répandre sourdement dans toute sorte d’ecrit le mépris pour tout ce qui tient à la religion, Prêtres, Ministres, sur-tout la Cour de Rome, peu à peu mes sujets s’y accoutument & se defont des préjugés. […] Rousseau travaille depuis quatre ans à une vaste collection contre l’histoire sainte, le christianisme, la cour de Rome.
Dans les Fêtes solemnelles on représentoit devant les Rois & les Seigneurs de la Cour des Tragédies & des Comédies, dont les intermedes contenoient des choses graves & sententieuses. Ces Spectacles ne se donnoient point au Peuple pour de l’argent, mais étoient exécutés devant la Cour par des Acteurs qui étoient tous d’une naissance distinguée.
Maur en 1398, pour y représenter les mysteres de la Passion, le Prévôt de Paris leur fit aussitôt défenses de jouer sans le congé du Roi, & sous peine de forfaire contre lui ; mais s’étant pourvûs à la Cour, Charles V voulut voir leur Spectacle, & le 4 Décembre 1402, il leur donna des Lettres Patentes pour leur établissement à Paris, à l’hôtel de la Trinité. […] Cyr, & encore par ordre de la Cour. […] Louis XIV l’encourageoit, le caressoit, le consoloit & le soutenoit seul contre les cabales sourdes de la Cour & de la ville ; souvent il se faisoit une affaire du jeu de ses pieces. […] On y voyoit arriver de toute la vaste étendue de son Empire, des Ducs & des Comtes, qui eux-mêmes étoient suivis d’une Cour brillante, & faisoient une dépense égale à celle des Rois. […] Il y eut cependant toujours des fêtes à la Cour ; mais avec plus de galanteries, de politesse & de goût : on n’y retrouva ni cette grandeur, ni cette majesté qui éclattoient dans les anciennes Cours plénieres ».
Je répondis que la Cour & la comédie étoient deux théatres qui ne m’avoient point pour spectateur : la Cour est une comédie véritable, & la comédie une Cour feinte ; en l’une & en l’autre ce n’est que masque & folie. […] Un beau jour qu’elle représentoit le Martyre de Sainte Cécile (cette même piece à laquelle il avoit refuse d’aller) devant le Roi, la Reine, & toute la Cour d’Espagne, après avoir tout charmé, & fait couler des torrens de larmes, des que la piece fut finie, elle descend du théatre, & va se jeter aux pieds de la Reine lui expose avec mille sanglots son état & ses dispositions, sa résolution de se faire Religieuse, l’obstacle qu’y met sa famille, l’infamie de sa profession, le danger que lui fait courir la multitude des amans qui l’assiege ; demande à cette Princesse sa protection & ses graces ; que la profession religieuse étoit un mariage avec Dieu, l’Epoux des Vierges ; que ses libéralités ne pouvoient être mieux employées (c’étoit le temps où la Reine avoit accoutumé de distribuer des sommes considérables pour marier de pauvres filles). […] Le Prélat, amateur habile de la musique, & protecteur déclaré du Concert, y assiste régulierement chaque semaine avec ses Grands Vicaires & toute sa cour.