« Aut dormitabo, aut ridebo »Hor. de. art.
vel etiam sensus noster adamantinus, ut non mollescat, aut etiam minime vigilet ? […] Respondeo, licitos esse, si honeste fiant: secus, si turpiter et inhoneste; aut cum representatione turpidum exerceantur. […] Turpe Comoediæ eæ sunt; quæ fædissimas hominum, mulierumur coram exhibent actiones; puta oscula, amplexus, saltationesque, illas, lascivasque; cantilenas, quibus aut Venus saltatur, aut cantatur, aut exprimitur. […] legioum, id est non implicans contradictionem: numquam tamen, aut rarissime accidit. […] Similis est cansa mortalium, quos dulcisoni canuts cura solicitat, ut homo aut capiatur, aut capiat.
Et nous voyons dans le Code qu’autrefois les Empereurs Chrétiens ne voulaient pas qu’en ces saints jours on fit des spectacles, des courses de chevaux, ou des combats d’autres bêtes : « Dies festos majestati divinæ dedicatos nullis volumus voluptatibus occupari… nihil itaque eadem die sibi vindicet Scena theatralis, aut ferarum lacrymosa spectacula. »Lege ultima de falsis legibus §. 12. p. 9. […] que nous nous amusons à rire des sottises qui se disent à la Comédie, et des offenses de Dieu, dit encore ce Père, nous commettons les deux plus grands crimes qu’on puisse commettre, dont l’un est de nous faire des blessures mortelles ; et l’autre est de les faire à Dieu même : « Cum duo sint maxima mala, si homo aut seipsum perimat, aut Deum lædat, utrumque in ludis publicis agitur. » p. 20.
Je suis avec un très profond respect Ab annis decem aut duodecim Latinum mihi in Comœdiam scriptum excidit, in quo, prævio non habit rei, de qua agerem, maturo examine, juvenilis animi levitate elatus, ab illius vindicandæ partibus stabam, quo eam more Parisiis haberi mihi finxeram, cum nulli unquam adfuissem, et ex aliorum relatione nonnunquam auditâ illius mihi in mentem effigiem induxissem puriorem.
Je finis, mes Frères, par ces paroles de l’Apôtre qui, bien méditées, renferment toutes les instructions que j’ai voulu vous donner dans ce discours : Qu’on n’entende pas même parler parmi vous de fornication, ni de quelqu’impureté que ce soit ; qu’on n’y entende point de paroles déshonnêtes, ni de folles, ni de bouffonnes, qui ne conviennent point à votre vocation : Fornicatio & omnis immunditia nec nominetur in vobis ; aut turpitudo, aut stultiloquium, aut scurrilitas quæ ad rem non pertinet.
Sudariola, vestes chirotechæ aut alia odoribus delibuta modestiæ clericali non conveniunt. […] Caveant Clerici ne comam cincinnis aut odoribut exornent, aut alias delibutam habeant , Sinod.
Aut ridebo aut dormitabo.
L’Auteur s’exprime ainsi en latin ; « aut spiritus ideo insitus corpori, ut, etc.
* Carceres aut repagula. […] * Carceres aut repagula.
.), pour peindre l’excès de l’infamie d’une femme de qualité qui s’était absolument oubliée, il dit qu’elle en était venue à ce comble de bassesse, que de s’abandonner à des Comédiens, qu’il compare à des esclaves et des muletiers crasseux : « Servus, aut pulvere conspersus Mulio, aut Histrio scenæ ostentatione traductus. » Le Traducteur remarque que ce mot ostentatione traductus, en peignant les fonctions de Comédien, ajoute à l’infamie.
Dans l’Eglise latine, où le mariage est défendu au Clergé, ces lois subsistent encore plus sévères, puisqu’un homme qui aurait épousé une femme prostituée ou une Comédienne, ou leur fille (aux yeux des canons, comme aux yeux des lois, c’est la même chose), fût-il devenu veuf, ou fût-il séparé de sa femme, ne peut être admis aux ordres sacrés ni posséder des bénéfices : « Qui Meretricem duxit aut aliquam quæ sit mancipata spectaculis in consortio sacerdotali esse non potest. » Ce canon, pris du canon 17 des Apôtres, est rapporté par Yves de Chartres (P. […] 3.° A combien plus forte raison, si quelque Ecclésiastique déshonore la dignité de son état, jusqu’à se faire Comédien, il devient infâme et perd tout privilège clérical : « Cleri qui clericalis ordinis dignitati non modicum detrahentes, se joculatores seu gaillardos faciunt, aut buffones, ipso jure careant omni privilegio clericali. » (C.
toutes les avenues lui sont fermées, elles sont toutes ouvertes au vice : « Cui placent theatra, vita est theatrica ; qui obscena cernit, aut est, aut fit impudens.
« Omnes Collegiorum præfecti caveant, ne in suis Gymnasiis satyræ et declamationes recitentur aut Tragediæ, Comediæ aut alii ludi Latini vel Gallici exhibeantur ; quibus lascivia aut procacitas contineantur. » Il y a aussi différentes règles sur ce sujet, et les Révérends Pères Jésuites s’en sont prescrites dans leurs constitutions, qui portent que chez eux, 1.
La vanité de ces femmes, et l’aveuglement de ceux qu’elles ont séduit, ne connaissent aucune borne à leur luxe : « Nulla Mima gemmis, sigillatisve sericis, vestibus auratis aut quas inustas vocant, in quibus alio admixto colore rubeo muricis inardecit. » (L. […] S’ils sont assez téméraires pour s’y placer, qu’on les en arrache : « Si qua in his locis in quibus solent nostræ imagines conservari, pictura Pantomimum aut vilem offerat Histrionem, illico avellatur.
i, p. 96, l’avoit déja fait, à peine de punition corporelle & d’exil : Si quis ex Scenicis vestem sacerdotalem aut monasticam, vel mulieris Religiosæ, vel qualicumque Ecclesiastico statui similem indutus fuerit, corporali pœnæ subsistat & exilio tradatur.
Et afin qu’on sache que je n’en parle pas ignoramment et à vue de paysn, comme on dit, je vous veux montrer comme saint Thomas d’Aquin embrassant la défense de la comédie a prononcé l’arrêt sévère mais très juste dû à nos ennemis, en son livre au titre Du Jeu, quest. 22, en ces paroles : « Ludus est necessarius ad conservationem et conversationem vitæ humanæ ; ad omnia autem quæ sunt conversationi humanæ necessaria deputari possunt aliqua officia licita : et ideo etiam officium histrionum quod ordinatur ad solatium hominibus exhibendum, non est secundum se infame aut illicitum ; nec sunt in statu peccati dummodo moderate ludo utantur.
Aut ridebo, aut dormitabo » 3.
Un jour qu’on y était assemblé en foule (sans penser à l’ennemi, qui était aux portes), et extrêmement attentifs au jeu d’une Actrice célèbre dont on était enchanté « alto silentio populo venustate attonito», l’Actrice, qui avait la montagne en face, aperçut les Perses, qui descendaient, et s’écria saisie de frayeur : « Ou je rêve, ou nous sommes dans le plus grand danger, voilà les Perses »: « Aut somnio, aut magnum periculum, ecce Persæ. » Il n’était plus temps de se mettre en défense, les troupes environnèrent le théâtre, et eurent bon marché de cinquante mille personnes, qui ne songeant qu’à se divertir, furent prises comme dans un filet.
Dans trois ou quatre mille ans, à peine saura-t-on le nom des autres peuples d’Europe, Anglois, Italiens, Espagnols, Allemands, & on admirera les François, grace à Corneille & à Moliere : Erexi monumentum are perennius, quod nec imber edax, aut aquilo impotens, aut innumerabilis annorum series & fuga temporum, &c.
Cor. 9. « Non ex tristitia aut ex necessitate hilarem enim datorem diligit Deus. […] [NDA] « Immunditia nec nominetur in vobis aut scurrilitas.
Et cette these est établie sur cette maxime de Tertullien : In omni Spectaculo nullum magis scandalum occurrit, quàm ille ipse mulierum & virorum accuratior cultus, ipsa consensio, ipsa in favoribus aut conspiratio aut dissensio, inter se de commercio scintillas libidinum conflabellant. […] Servi Dei Doctrina debitâ cum reverentiâ potest citrà ullam temeritatis notam impugnari, si modesta impugnatio bonis rationibus innixasit, etiam postquam Dei servus qui scripsit inter Beatos aut Sanctos fuerit relatus… ab humano quidem exemptus est judicio, ne de gloriâ ejus dubitemus, sed non ut minus de ejus dictis disputemus 97.
« Vix artibus honestis pudor retinetur, nedum inter certamina vitiorum pudicitia, modestia, aut quidquam boni moris retinebitur. » Nous voyons dans Pline le jeune,Plin.
Nefas enim sit sæculari cuilibet Magistratui prohibere ecclesiastico Judici, ne quem excommunicet, aut mandate ut latam excommunicationem revocet.
De libris & picturis similiter judicandum si turpes historias aut gesta quis referat, turpis & abjiciendas & christianis auribus indignus censebitur.
Aut dormitabo, aut ridebo, &c. […] Uni aut alteri Loco S.
Si amatoriis aut scurrilibus rebus, si miscentur sacra profanis, si vestibus religiosis, si loco, tempore sacro, &c.
Ecoutons-le, voici comme il s’exprime en parlant de la foi et de la charité : « Si linguis hominum loquar, et angelorum, caritatem autem non habeam, factus sum velut æs sonans aut cymbalum tinniens.
nunquid lapideus es, aut ferreus ? […] nunquid lapideus es, aut ferreus ?
Le Concile des Apôtres« Episcopus aut Presbyter, etc ». […] « Episcopus aut Presbyter, etc ».
Aut famam sequere, aut sibi conventia finge.
« Stultiloquium aut scurrilitas ». […] Voilà néanmoins les choses que Tertullien même estime les plus scandaleuses dans les Spectacles : « In omni spectaculo, dit-il, nullum majus scandalum occurret quam ipse ille mulierum et virorum accuratior cultus ; ipsa consensio, ipsa in favoribus aut conspiratio aut dissensio inter se de commercio scintillas libidinum conflabellant.»
« aut turpitudo aut stultiloquium aut scurrilitas » (Eph. 5, 4).