Il ne fait pas plus de justice à saint Cyprien, quand il lui attribue le même sentiment : et c’est ce qui m’oblige de le démasquer encore une fois, pour faire réparation à ce Père, et pour empêcher les simples de prendre le change sur le récit d’un Docteur de Théâtre. […] Comme si une belle femme n’était belle et n’allait à l’Eglise que pour exciter la passion d’un libertin, de même qu’une Comédienne n’est Comédienne, et ne monte sur le Théâtre que pour donner du plaisir à ses Spectateurs : comme si des Histoires muettes et qui racontent des événements d’une manière simple et naturelle, faisaient la même impression que des discours et des actions animées, qui expriment les passions avec toute la véhémence et tout l’art imaginable : et comme si l’Ecriture sainte enfin n’avait été dictée du Saint Esprit que pour induire et jeter les hommes dans l’erreur, de même qu’on ne compose des Comédies que pour les transporter dans le plaisir.
» Le même en un autre lieu, « Il y en a , dit-il, quelques-uns d’une foi trop simple ou trop scrupuleuse, qui pour s’abstenir des spectacles, demandent une autorité de l’Ecriture. […] Pensons-nous qu’une joie simple soit infructueuse, pour ne nous plaire à rire, sinon en offensant Dieu ?
En l’année 393, le même Théodose défendit aux Comédiennes de porter des pierreries et des étoffes en broderie d’or ou de soie, et ne leur permit que les étoffes simples de soie, et de l’or aux bracelets, aux colliers et aux ceintures Tit. […] , passait par leur Ville, la tête rase de ces bons Moines, leur visage pâle et défait, et leur habit simple et grossier, tout cela était pour eux un sujet de plaisanterie, de risées et de huées avec lesquelles ils ne manquaient point de les siffler. […] Etes-vous plus sages que ces grands hommes, qui à la simple vue d’une femme ont été renversés ? […] Que depuis l’an 400. que les Temples des Idoles étaient fermés ou rasés, et que tout l’Empire était Catholique ; l’Eglise Maîtresse des Princes et des Magistrats a toléré en gémissant les spectacles, excommuniant seulement ceux qui font métier de monter sur le Théâtre, sans lier par aucune censure les simples Fidèles, à qui elle exposait les dangers de ces divertissements, à la réserve des Ecclésiastiques, qui par leur état sont obligés à mener une vie de Pénitence, et qu’ainsi l’Eglise peut encore tolérer en gémissant, les spectacles.