Il faut donc ne plus écouter les conseils perfides du jésuitisme, il faut donc renoncer à solliciter des lois inquisitoriales toujours odieuses et toujours basées sur un principe d’injustice.
L'esprit du monde se serait-il assez glissé dans une Compagnie où régnèrent toujours les bonnes mœurs, pour vouloir goûter des plaisirs auxquels on a renoncé, et faire venir chez soi ce qu'on ne peut décemment aller chercher au parterre ?
Cependant sur ses vieux jours, cette vieille Comédienne parut s’humaniser, & voulut donner la petite pièce après la grande ; elle en vint au dénouement ordinaire, elle voulut se marier, mais il n’étoit plus temps ; le Parlement qui l’en avoit souvent pressée, s’y opposa, il vouloit un successeur de la nation & de la famille, & non pas un Roi étranger, il désigna pour régner après elle, & sans la consulter, Jacques Roi d’Ecosse, dont il connoissoit la religion & la douceur, & qui d’ailleurs étoit l’héritier légitime ; elle fut forcée d’y consentir & de renoncer au mariage. […] Les Protestans des deux Royaumes, la Reine d’Angleterre & le Roi de Navarre se soutenoient mutuellement, ils pensèrent se brouiller quand Henri se fit Catholique, la Reine en fut offensée & n’avoit pas tort, il abandonnoit ses amis & sa Religion, se mettoit dans la nécessité de les combattre, & faisoit courir un grand risque aux Protestans des deux Royaumes & de Hollande qui avoient droit de comprer sur lui ; elle le traitoit d’ingrat, de lâche, d’apostat, disoit qu’il étoit plus comédien qu’elle, qu’après avoir été long-temps à la tête du parti, il avoit renoncé à sa Religion, par crainte sous Charles IX qu’il y étoit retourné ensuite, & l’abjuroit une seconde fois par intérêt, pour se livrer bassement au Pape, elle retira ses troupes qu’elle avoit envoyées au secours d’Henri, qui dans le premier moment la traita de Comédienne.