Toutes les nations ont la même idée des femmes qui se fardent, & la religion ne les épargne point. […] Cette Princesse idolâtre, qu’Achab Roi d’Israël épousa, contre la défense de la loi de Dieu, acheva de perdre la religion dans ce royaume. […] Le luxe est le corrupteur universel des mœurs, dont il nourrit, étend & perpétue la licence, des ames qu’il amolit, des esprits qu’il dégrade, des corps qu’il énerve, de la religion qu’il détruit ; des sciences sérieuses & des arts utiles, dont il éteint le goût & l’étude, pour ne s’appliquer qu’à la frivolité qui flatte le vice. […] La religion & la morale font communement cette estimation raisonnable.
C’est dommage que cet Ecrivain emploie si mal ses talens : ils pourroient être utiles en les consacrant à la Religion & aux mœurs. […] C’est un bien sans doute que de donner un prix de vertu : mais pourquoi la Religion, qui seule enseigne & fait pratiquer toutes les vertus, n’y a-t-elle aucune part ? […] Nous sommes au xviij siecle, où la Religion & ses exercices sont peu à la mode. […] Dans aucune des quatre il n’est question de Religion : au contraire, c’est dans l’une le déesse Cérès, dans les autres la Bien-faisance morale.
Indépendamment de la religion & de la pudeur naturelle qui en firent toujours un devoir, la honte d’une telle situation feroit rougir l’humanité, trahiroit la pruderie, alarmeroit la vertu, dégraderoit la dignité, deconcerteroit l’orgueil, les besoins, les infirmités, le travail, la propreté, l’intempérie des saisons, l’aiguillon des insectes, &c. en feroient une nécessité, & la vanité se feroit un intérêt d’en relever l’éclat, & d’en cacher les difformités par la parure ; & que deviendroient alors les minces titres de ceux dont quelques aunes d’étoffe font la grandeur & le mérite ? […] Toute la religion s’élève contre cette indécence ; elle condamne la vanité & la mollesse, défend l’impureté, déteste le scandale, en interdit les occasions ; elle prêche l’humilité, la charité, la mortification ; elle ne veut plaire qu’à Dieu, être la bonne odeur de Notre-Seigneur, & respecter sa présence ; elle méprise la beauté du corps, les pompes du monde, les flatteries du libertinage. […] On en voit, il est vrai, jusqu’au pied des Autels insulter au Dieu de sainteté, forcer l’asyle de la religion, tendre des pieges à l’innocence, & faire triompher le démon jusque sur le trône de la Divinité ; les Anges frémissent d’horreur, les ames pures en tremblent. […] Que vous en êtes éprise, puisque malgré la religion, la raison, la nature, vous ne pouvez vous résoudre à les tenir cachés !