La nôtre est faite aussi pour des Spectateurs plus tranquilles, qui ayant du goût & des connoissances, aiment les choses qui les instruisent & les éclairent ; & nos Poëtes ont un beau champ pour les instruire, puisqu’ils ont l’Histoire entiere du monde.
Des jeûnes, des abstinences, des confessions, des pénitences, des mortifications à cause du passé ; et la renonciation à tous les plaisirs de ce monde pour le présent et l’avenir, tels ont été les textes de leurs harangues antisociales. […] « L’Eternel est son nom, le monde est son ouvrage, Il entend les soupirs de l’humble qu’on outrage, Juge tous les mortels avec d’égales lois, Et du haut de son trône interroge les rois…t. » Quelle leçon plus éloquente, plus sage, plus hardie, a-t-on jamais adressée à ceux qui gouvernent la terre, que celle prononcée par Joad, aux pieds du jeune Joas, après avoir ceint son front du bandeau royal, et l’avoir reconnu pour son roi ?
Céladée jeune personne de qualité saisie de crainte que son amant ne devienne l’époux d’une autre qu’elle, demande que l’univers tombe dans un informe chaos : elle voudrait voir tous les éléments se confondre et s’ensevelir elle-même sous la ruine commune de ce bas monde : elle invective follement et emphatiquement contre le Ciel de ce qu’il a formé la nature humaine autrement qu’elle n’eût dû être à son avis : P. 52. […] Quoiqu’il en soit, il est vrai que la Comédie Anglaise est aujourd’hui une merveilleuse Académie de la science du monde et des manières polies !