Le monde invité s’y estant rendu, on en regloit les rangs & la marche, & enfin on en partoit en bon ordre. […] Il y entroit toute sorte de monde, & on y receuoit tous ceux qui avoient de l’argent pour le pary, ou de la force pour la defence.
Si vous craignez de voir un homme furieux, si vous fuyez l’aspect du jaloux, si vous redoutez les tristes effets de la haine, retirez-vous de la scène du monde où vous êtes sans cesse exposé à voir de pareils objets ; c’est au théâtre, à la vérité, qu’on vous en présente le spectacle le plus accompli ; mais c’est aussi là que vous voyez vos foiblesses au grand jour ; l’esprit apperçoit les défauts du cœur ; & la connoissance des vices est le germe des vertus.
Si l’on ne disoit que ce qu’on sent, y auroit-il dans le monde tant de fausses caresses, tant de trahisons, de politesses forcées, tant de vaines promesses ?