Tous les Théatres ont commencé par des bouffonneries dont la licence fait le sol. […] La liberté, la licence le peuplent & le perpétuent. […] La licence y est ordonnée & autorisée, la bonne morale est proscrite, on détruit même le goût, en excluant les regles, pour faire régner le désordre. […] Jamais aucun Théatre où Didon a tant de fois paru, n’a porté si loin la licence. […] Comme s’il étoit plus permis d’être vicieux aux forains qu’aux citoyens, aux ambulans qu’aux permanens, comme si l’on devoir tolérer la licence sous le nom de gaieté, & approuver une gaieté dont le caractere est la licence.
Je n’aurais eu garde de dire le moindre mot de ses licences, si elles n’étaient connues de tout le monde. […] La licence est bannie depuis long-tems de nos Théâtres. […] Je fais une remarque ; je suis un des prémiers qui, en parlant des Drames, ait averti d’en bannir la licence. […] Aucun Spectacle Français ne s’était encore avisé de prendre une telle licence. […] Il est aisé de se convaincre que je n’ai point grossi les licences de notre Opéra.
La passion excessive des théâtres a produit l’oisiveté et le luxe : ces deux causes réunies ont occasionné le débordement d’une licence effrénée. […] « Il n’y a peut-être point de gens, dit Bayle, qui puissent se donner plus de carrière, en fait de maximes impies et libertines, que ceux qui composent des pièces de théâtre ; car, si on voulait leur faire un crime de certaines licences qu’ils prennent, ils ont à répondre qu’ils ne font que prêter à des profanes ou à des personnes dépitées contre la fortune les discours que le vraisemblable exige.