/ 294
211. (1760) Lettre à M. Fréron pp. 3-54

Un Juge intègre entre nous deux prononcerait peut-être que l’Orateur et le Comédien sont également inutiles. […] Le jeune Auteur lut sa pièce en tremblant, rien n’est plus naturel devant un pareil Juge, mais quelle dut être sa satisfaction, lorsqu’il entendit Mr. de Crébillon prononcer ces paroles ?

212. (1756) Lettres sur les spectacles vol. 2 «  HISTOIRE. DES OUVRAGES. POUR ET CONTRE. LES THÉATRES PUBLICS. —  HISTOIRE. DES OUVRAGES. Pour & contre les Théatres Publics. » pp. 101-566

Il juge sans erreur, & punit sans, réserve. […] M. l’Abbé Talbert aura sans doute reconnu la foiblesse qui lui est échappée, peut-être pour flatter les Académiciens qu’il devoit avoir pour Juges. […] Il n’y a que les juges orgueilleux qui ont la vanité de se repaître d’un vain spectacle d’une foule de cliens. […] Il fallut la renvoyer à de meilleurs juges. […] Au reste, ces Ecclésiastiques, apologistes publics des Théatres, sont en si petit nombre, qu’il faut en juger comme l’on juge des exceptions qui, par leur rareté confirment la regle.

213. (1804) De l’influence du théâtre « DE L’INFLUENCE DE LA CHAIRE, DU THEATRE ET DU BARREAU, DANS LA SOCIETE CIVILE, » pp. 1-167

Remontons à la source du mal, et nous serons bientôt convaincus qu’avec un ministre éloquent de plus, et un juge criminel de moins, l’harmonie sociale sera bientôt rétablie. […] Non, ne craignez pas la malice de vos ennemis qui sera confondue, parce que ce Dieu est le juge de la veuve et le père des orphelins15. […] Si, dans l’élévation de ses nobles pensées, dans l’enchaînement de ses preuves victorieuses, un juge indiscret ose l’interrompre, ou l’arrêter avec ce ton d’empire et d’autorité qui ne saurait jamais se concilier avec les lois de la décence ou l’absence des passions, que deviendra le sort de l’innocence, dont il énerve et compromet tout à coup la justification ? […] C’est, sans doute, pour l’obtenir à son gré, que par prudence, elle écarte tout contradicteur au procès, et que, pour me servir des mots techniques, en usage au palais, elle s’y ménage un défaut, faute de défendre k, en présence même de ses adversaires : triomphe d’autant plus facile à obtenir, que ceux qui le prononcent, sont tout à la fois juges et parties dans la cause. […] Jamais une expression indiscrète, une interruption déplacée n’y décèlent ou la passion ou l’opinion du juge qui s’y montre toujours impassible comme la loi même dont il est l’organe.

/ 294