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13. (1752) Traité sur la poésie dramatique « Traité sur la poésie dramatique — CHAPITRE V. En quoi consiste le Plaisir de la Comédie, & de ce Sel qui assaisonnoit les Comédies Grecques. » pp. 131-144

Lorsque dans les Plaideurs, le Portier du Juge vante sa condition, parce qu’on n’entroit pas chez son Maître sans graisser le marteau, & qu’il ajoute, Il est vrai qu’à Monsieur, j’en rendois quelque chose, Nous comptions quelquefois, ces derniers mots dits sérieusement, font rire du Portier & du Juge. Lorsque le Juge répond au Plaideur qui lui demande audience,   Voyez mon Secretaire, Allez lui demander si je fais votre affaire ; ce mot dit par simplicité, fait sentir plusieurs traits picquans.

14. (1775) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-septieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre I. La Rosiere de Salenci. » pp. 10-37

Et en effet, la qualité de la couronne, le caractere des athletes qui combattent pour l’emporter, l’objet de la récompense, les juges qui doivent prononcer, tout est ici bien éloigné de la hauteur & du faste d’un Seigneur justicier. […] Tous les habitans, juges des mœurs de leurs filles, rougiroient de manquer eux-mêmes à ce que leur suffrage doit couronner. […] Les Juges y ont vu les risques que couroit le monument de la vertu la plus pure, & les mœurs des Salenciennes. […] Qu’on juge de la sagesse d’un amateur qui étudieroit l’histoire & les mœurs dans les pieces de théatre. […] Medard qui établit toute la Paroisse juge du mérite de la fille, ce Corps vénérable, par intérêt & par crainte, laisse à un Seigneur le choix de la fille.

15. (1770) Des Spectacles [Code de la religion et des mœurs, II] « Titre XXVIII. Des Spectacles. » pp. 368-381

faisons… défenses… à tous Comédiens de représenter aucunes actions malhonnêtes, ni d’user d’aucunes paroles lascives ou à double-entente, qui puissent blesser l’honnêteté publique, & sur peines d’être déclarés infâmes, & autres peines qu’il écheoira : enjoignons à nos Juges, chacun en son district, de tenir la main à ce que notre volonté soit religieusement exécutée ; & en cas que lesdits Comédiens contreviennent à notre présente Déclaration, nous voulons & entendons que nosdits Juges leur interdisent le théâtrea, & procédent contr’eux par telles voies qu’ils aviseront à propos, selon la qualité de l’action, sans néanmoins qu’ils puissent ordonner plus grandes peines que l’amende ou le bannissement : & en cas que lesdits Comédiens règlent tellement les actions du théâtre qu’elles soient du tout exemptes d’impureté, nous voulons que leur exercice, qui peut innocemment divertir nos peuples de diverses occupations mauvaises, ne puisse leur être imputé à blâme, ni préjudicier à leur réputation dans le commerce public ; ce que nous faisons afin que le desir qu’ils auront d’éviter le reproche qu’on leur a fait jusqu’ici, leur donne autant de sujet de se contenir dans les termes de leur devoir des représentations publiques qu’ils feront, que la crainte des peines qui leur seroient inévitables, s’ils contrevenoient à la présente Déclaration. […] Théodose, Gratien & Valentinien, défendirent par une Loi du 19 Mai 386, à tous Juges de se trouver aux jeux publics, soit du Théâtre, soit du Cirque, à l’exception des jours de la naissance & de l’avénement des Empereurs : leur défendent même dans ces jours d’y assister l’après-dîner.

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