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53. (1600) Traité des Jeux comiques et tragiques «  Analyse et sommaire du présent Traité  » p. 63

Ce qui est plein de profanation de l’Ecriture Sainte, d’ordures et de dissolutions, de blasphèmes et invocations des Dieux Païens, ne doit être toléré en l’Eglise Chrétienne : La matière des Jeux Comiques et Tragiques est telle : Ils ne doivent donc être tolérés en l’Eglise Chrétienne.

54. (1768) Réflexions sur le théâtre, vol 10 « Réflexions sur le théâtre, vol 10 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE DIXIEME. — CHAPITRE VI. De l’Iconomanie théatrale. » pp. 141-158

Mais à quoi servent les estampes des Dieux de la Fable ? […] A cet égard l’esprit du siécle est Iconoclaste : elles sont bannies de par-tout, on n’en souffre ni dans les maisons ni dans les livres, même dans les livres de priere & de piété, où elles étoient autrefois communes, tandis que les Dieux de la fable, les héros des Romans, le grotesque de toute espece, se sont emparés de tout. […] Tandis que le furieux Léon l’Isaurien, le méprisable Copronime, arrachoient des Eglises les images des Saints, leurs palais, leurs jardins étoient pleins de figures indécentes des Dieux & des Déesses du Paganisme. […] Un des crimes d’Hérodes Ascalonite, qui fit le plus de mauvais effet sur les Juifs, ce fut d’avoir répandu, & jusques dans le temple de Jérusalem ; les images des Dieux du Paganisme, ce qui étoit en même-tems un écueil pour l’innocence, & une invitation à l’idolâtrie.

55. (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome I « De l’Art du Théatre. Livre prémier. — Chapitre III. Origine des Théâtres. » pp. 22-49

Il est certain, que si la Comédie était connue long-tems avant qu’on sacrifiât un bouc au dieu du vin, elle peut avoir fait naître l’idée du tragique. […] L’Égypte aimait trop les Arts & les Sciences pour ne pas l’accueillir ; c’est de là qu’elle sera parvenue jusques chez les Grecs, avec le culte d’Osiris & des autres Dieux. […] La Comédie-ancienne était une satyre amère de différens particuliers, que l’on nommait sans crainte ; elle alla même jusqu’à se jouer des Dieux. […] Il est probable que du tems des Druides, les ministres de leurs Dieux, & même avant, ils instituèrent des fêtes qui ressemblaient en quelque sorte à la Comédie.

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