/ 274
48. (1666) Dissertation sur la condemnation des théâtres « Disseration sur la Condemnation, des Théâtres. — Chapitre V. De l'impudence des Jeux Scéniques. » pp. 104-134

Les Magistrats touchés de pitié pour leurs Concitoyens, envoyèrent aux Oracles, comme on avait accoutumé de faire en de semblables occasions, pour apprendre d'eux les moyens de se délivrer d'une si longue et si cruelle maladie, et les Dieux leur répondirent, « qu'il fallait instituer les Jeux Scéniques en l'honneur de la Déesse Flore ». […] aventures de leurs Dieux ; quelques vieilles Fables, ou quelques Moralités, et le faisaient avec tant d'art, que leurs actions, leurs postures et leurs gestes expliquaient comme au naturel le sens des paroles. […] plaisir, et s'il les en faut croire, avec quelque sentiment de dévotion envers leurs Dieux.

49. (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-huitieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. — Chapitre III. Suite de Mêlanges. » pp. 84-120

Il peignit tout ce que la Fable a de plus licencieux, les amours des dieux, Zephir & Flore, Diane & Endymion, Bacchus & Ariadne, Syrinx, Leda, Danaé, &c. les Amours de Mars & de Vénus en plusieurs tableaux. […] 16, parlant des dieux du paganisme, dit : Qui oseroit raconter les cérémonies & les mysteres impudiques des dieux immortels, leurs cruautés, jalousie & autres excès ? […] L’ancien paganisme enfanta des dieux abominables qu’on eût punis ici-bas comme des scélérats, & qui n’offroient pour bonheur suprême que des passions à contenter & des forfaits à commettre. […] Le Christianisme a tout remis à sa place : il est l’époque de la chûte des dieux, & de l’abolition de leurs désordres. […] Presque toutes nos tragédies , dit-il, sont dans le costume antique des dieux méchans, leurs ministres fourbes, leurs oracles menteurs, & des rois cruels jouent les principaux rôles.

50. (1758) Causes de la décadence du goût sur le théatre. Première partie « Causes de la décadence du goût sur le théâtre. — Chapitre XI. De l’amour & de ses impressions dans le Poéme Tragique. » pp. 165-178

Il n’y a point de Lecteur un peu instruit, qui ne préfére le tendre pere d’Iphigénie, suspendu entre l’obéissance dûe aux Dieux & le cri de la nature, à un jeune orgueilleux, qui prétend tout soumettre à sa passion. […] La Tragédie ne doit exciter que la terreur & la pitié ; l’une & l’autre résultent principalement du choc des plus fortes passions, des combats des héros contre les tyrans, des Dieux contre les Destins.

/ 274