« Et toi, honte des Dieux qu’ici tu représentes, Ne levant vers le Ciel que des mains malfaisantes, Tu fais des cruautés une loi de l’Etat Et l’apanage affreux de ton pontificat. […] Ils ne peuvent ignorer le péril extrême que courut Eschyle, ce fameux tragique, qui, pour une impiété contre les Dieux, fut traduit en jugement et traîné au supplice, auquel il ne put échapper que par l’adresse et le courage de son généreux frère. […] « A l’exemple de ces anges que l’écriture nous représente auprès du trône de Dieu, offrant l’encens et les sacrifices des hommes, il porte comme eux, dit le même auteur, il porte les vœux et les prières du peuple aux pieds de ceux que la même écriture appelle les dieux de la terre43. » Qu’il y a donc d’aveuglement ou de mauvaise foi à soutenir que l’orateur chargé de si nobles fonctions, n’est que l’artisan d’une chicane adroite et subtile, et peut-on, sans s’égarer, avec l’un des plus grands sceptiques44 dont la religion en France ait eu à déplorer les coupables erreurs, ne voir dans l’avocat que le vil instrument et l’odieux organe des passions des hommes ? […] NDA Cette leçon, si adroite et si précieuse à recueillir, devait-elle être sitôt perdue pour nos statuaires modernes, qui abjurant tout respect pour la plus tendre jeunesse, mettent aujourd’hui tant d’affectation à nous faire distinguer les dieux de l’antiquité moins par leurs attributs divins, que par les marques distinctives de la virilité.
Portez-les aux Temples des faux Dieux, chargez-en les victimes qu’on y brûle, sur leurs Autels : elles ne peuvent manquer de leur plaire, d’établir, d’avancer, de répandre leur culte, en même tems qu’elles détruisent celui du vrai Dieu.
Les Dieux irrités qu’on découvrit leur secret, la changerent en Cavalle.