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218. (1765) Réflexions sur le théâtre, vol. 4 « CHAPITRE VII. De la frivolité et de la familiarité. » pp. 150-162

une boutique de bijoutier : on voit une scène, un bon mot, un portrait, une sentence ; que de paille couvre ce peu de bon grain !

219. (1694) Réfutation des Sentiments relâchés d'un nouveau théologien touchant la comédie « Réfutation des sentiments relachés d'un nouveau Théologien touchant la Comédie. » pp. 1-190

Pour ce qui est de Dieu, vous croyez être à couvert de blâme et d’insulte, lorsque vous dites page 44, « qu’il y a des Lois terribles dans ce Royaume contre les blasphémateurs, qu’on leur perce la langue, qu’on les condamne même au feu, et qu’on n’entretiendrait pas les Comédiens, qu’on ne leur donnerait pas des privilèges, s’ils étaient blasphémateurs, libertins ou impies ». […] Je vous ai déjà dit que quoique les grossièretés soient bannies du Théâtre, aussi bien que les impiétés, de la manière qu’elles pouvaient y être reçues autrefois, elles y paraissent pourtant toujours en une autre manière ; c’est-à-dire, enveloppées de nuages, au travers desquels l’homme par la force de sa corruption, s’aperçoit toujours trop tôt de tout ce que ces nuages couvrent de malignité. […] Cependant parce que vous avez cité Salvien page 15, et Lactance page 16.et que je n’en ai point encore parlé, souffrez que j’en dise quelque chose pour les mettre à couvert du tort que vous leur avez fait, et pour vous faire voir combien vous vous êtes trompé sur leur sujet ; qu’en un mot ce n’est pas seulement pour tous vos excès prétendus qu’ils ont condamné le Théâtre, mais pour tout ce qu’on y voit encore. […] Si un particulier, quelque riche qu’il fût, voulait faire couvrir sa table aussi splendidement que les Officiers Généraux dans les Armées, les Gouverneurs et les Intendants des Provinces qui y sont obligés et qui sont gagés par le Roi pour cela ; qui ne voit que le premier manquerait à son devoir, tandis que les autres n’en passent pas les bornes : Ceux-là sont toujours dans une grande dépense de table sans crime, au moins par cet endroit-là, et ce particulier par ce seul endroit ne serait pas excusable. […] Que s’il les laisse dans l’exercice de leur profession, la Politique ne manquera pas de raisons pour le mettre à couvert et pour l’excuser des mauvaises suites qui arrivent contre son intention, et qui n’arriveraient peut être pas, si les Comédiens étaient plus fidèles à suivre les Ordonnances qui leur défendent de mêler rien de déshonnête dans leurs Pièces de Théâtre.

220. (1768) Réflexions sur le théâtre, vol 10 « Réflexions sur le théâtre, vol 10 — RÉFLEXIONS. MORALES, POLITIQUES, HISTORIQUES, ET LITTÉRAIRES, SUR LE THÉATRE. LIVRE DIXIEME. — CHAPITRE III. Extrait de quelques Livres.  » pp. 72-105

Mais il n’en est pas plus chaste ; la gaze légère dont la politesse le couvre, ne laisse que trop voir son libertinage, & n’en donne que trop de modeles & des leçons. […] Le principe de la Monarchie se corrompt encore plus, lorsqu’il est mis en contradiction avec les honneurs, qu’on peut à la fois être chargé de dignités, pension, faveur, &c. ; est couvert d’infamie, lorsque des ames singuliérement lâches, tirent vanité de la grandeur que paroit avoir leur servitude, & qu’elles croyent que ce qui fait que l’on doit au Prince, fait que l’on ne doit rien à la patrie : Voilà les comédiens infâmes & chargés de présens, bien accueillis & excommuniés.

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