Dédicace A MM. de l’Académie royale de musique ; MM. les Comédiens ordinaires du Roi ; Et MM. de l’Opéra-Comique, etc., etc.
Le Brun a su ériger en académie ces barbouilleurs, & Sahalin les tailleurs. A force d’application, de travail, d’alliance, d’acquisition, on devient un être distingué, on acquiert une généalogie, le métier devient un art, la routine une science, l’artisan un artiste, & une jurande une académie. […] L’Académie, qui traite de tous les arts, ne leur refuse pas des certificats autentiques. […] Tous nos ouvriers seront des Bernoulli, des Clairault, & nos Jurandes des Académies. […] de Buffon, homme vraiment éloquent, répondant à M. le Maréchal de Duras, lorsque ce Seigneur fut reçu à l’Académie Françoise, fait une réflexion contre les sujets de nos tragédies, que nous avons souvent faite.
Les tenants de cette erreur insoutenable, sont un parti puissant ; les littérateurs en sont les chefs, distribués en petites sociétés, dont chacune se donne pour le public & croit l’être, ils présentent leurs opinions d’un ton décisif, qui leur est propre ; elle fait fortune à la capitale & dans les provinces, où les Académies menacent de devenir aussi nombreuses que l’étoient jadis les confréries ; ce public en mignature fait du théatre un nouveau collége de docteurs, qui consacrent leurs talens à l’instruction publique ; & la nation doit gémir de l’aveuglement du peuple, du préjugé du Clergé, de l’opiniâtreté des magistrats, pour qui ces respectables pédagogues sont toujours des comédiens. […] L’Académie Française vient d’y préluder, en donnant l’Eloge de Moliere, pour le sujet du prix qu’elle a distribué en 1769. […] Marivaux, lors de sa reception à l’Académie Françoise, lui parla ainsi de ses Romans & Comédies. […] Elle n’est pas moins juste : on essaya d’aigrir l’Académie, en disant que c’étoit blâmer son choix ; on ne réussit pas dans le fonds. […] Le Franc dans son discours de reception, a en depuis le même zèle contre les gens sans Réligion dont l’Académie ne croit pas que le nom dépare la liste, il a été plus mal reçu.