On pense comme les Romains, on vit comme les Grecs. » Il dit ailleurs (C. de quelques usages), « quoi de plus bizarre ! […] traduit en 1569, dédié au Cardinal de Givry, où il rassemble contre le théâtre quantité de faits, de lois, de raisonnements, dont nous pourrons ailleurs faire usage.
.° Quoique par un usage immémorial, devenu une espèce de loi, dont on ne se serait pas dispensé impunément, les grands Magistrats de l’Empire Romain, pour signaler leur entrée dans les charges, fussent obligés de donner des spectacles au peuple, l’Eglise ne le leur pardonnait pas, et si dans la suite, quittant le monde, ils voulaient entrer dans les ordres sacrés, ils étaient censés irréguliers, comme nous l’avons ci-dessus remarqué ; et si par la facilité des supérieurs, ils étaient admis aux saints ordres, fussent-ils élevés à l’Episcopat, eux et leurs consécrateurs étaient déposés, par l’ordre du Pape Innocent III, adressé au concile de Tolède : « Qui ordinati fuerint, cum suis ordinatoribus deponantur. » (Distinct. […] Cet enfant, enchanté d’être mari de Chimène, Bérénice, Rodogune, etc., se laisse séduire, et épouse la vieille, qui avait encore quelque reste d’une beauté dont elle avait fait grand usage.
La raison même prescrit des règles dans le choix, et met des bornes dans l'usage des divertissements. […] Littré remarque qu'il n'est plus en usage et le regrette.
Il fait allusion à la famine de Jérusalem où les enfans étoient abandonnés de leur mere, & à l’usage où étoient les femmes de ne pas nourrir leurs enfans : Sed lamiæ nudaverant mammam & lactaverunt parvulos suos ; filia populi mei crudelis sicut strutio in deserto. […] Il y a même un trait dont les danseuses peuvent faire usage : Ma chaussure a ébloui ses yeux : Sandalia rapuerunt erulos ejus. […] L’usage du fard étoit connu en Judée, où l’idolâtrie l’avoit fait entrer.
Est-ce en faire usage, est-ce en montrer ? […] Cette regle de modestie est fondée sur l’usage des Juifs, qui subsiste encore en Orient, de ne parler de soi qu’à la troisieme personne. […] Brydonne, offre des particularités théatrales intéressante : il menace la toilette & la tête des Dames des ravages de l’Electricité, il condamne les chapeaux à fil d’or & d’argent, il bannit les épingles dont elles font un si grand usage, les rubans, les bas de soie : car les fils d’archal sont les plus puissans conducteurs, & la soie le plus fort repoussant de l’Electricité, qui, selon les principes & les expériences de M.
Le second précepte d’Horace, qui dit que la raillerie produit souvent plus d’effet qu’une réprimande dure & sévere, peut être vrai ; mais non-seulement cette maxime n’a aucun rapport à la Comédie, mais même il est très-dangereux d’en faire usage dans quelque cas que ce soit.
Voyons maintenant ce qu’ont fait nos Poëtes comiques qui devoient travailler à corriger les Mœurs : ils se sont conformés au goût national, suivant l’usage de tout Auteur qui n’écrit pas pour instruire, mais pour se faire une réputation.
Pour donc détruire ce funeste usage, cet odieux établissement, je propose un Tribunal composé de huit Gens de Lettres, qui auroient une réputation faire par trois succès au Théâtre, quatre dans le Tragique, quatre dans le comique, afin de juger les Poëmes que le génie a composé.
Il paraît bien que j’use de mon privilège, dès que j’ose vous soutenir, contre votre sentiment, que le Poème Dramatique n’est pas une Poésie indifférente de soi-même, et qu’elle est mauvaise, même indépendamment du mauvais usage qu’on en peut faire.
Si les peintures immodestes raménent naturellement à l’esprit ce qu’elles expriment, & que pour cette raison on en condamne l’usage, combien plus sera-t-on touché des expressions du théâtre où tout paroît effectif, où ce ne sont point des traits morts & des couleurs seiches qui agissent, mais des personnages vivans, de vrais yeux, ou ardens, ou tendres, ou plongés dans la passion ; que vraies larmes dans les acteurs qui en attirent d’aussi véritables dans ceux qui regardent ; enfin, de vrais mouvemens qui mettent en feu tout le parterre ? […] Enfin si, ayant promis d’embrasser la Croix de Jesus-Christ & de mourir au monde, de faire vivre son Sauveur en lui, & de continuer sa vie sur la terre, il peut se trouver dans des assemblées où régne l’esprit du monde, où l’on apprend à vivre comme le monde, à se conformer à ses maximes, à ses coûtumes, à ses usages criminels. […] Mais je sais aussi que si l’usage des divertissemens nous est accordé, nous ne pouvons en user que comme d’un reméde à notre foiblesse, & pour nous préparer par-là à de plus sérieuses occupations. […] Demandez aux Auteurs de Rome ce qu’on y pensoit d’eux : vous trouverez une Loi expresse de ce sage Senat qui notoient d’infamie tous ceux qui entretiendroient avec eux aucun commerce : Loi qui fut véritablement abolie par la suite par l’usage ; mais remarquez que ce fut au temps de la décadence de Rome. […] Et tout cela sur-tout mis en usage pour intéresser le spectateur à l’intrigue d’une passion, pour faire entrer dans l’ame du spectateur la folle passion du Héros prétendu que l’on feint enflammé ; & tout cela mis sous les yeux, celui de tous les sens qui fait toujours les plus fortes impressions dans l’ame : assailli de tant de côtés, tantôt par adresse & tantôt par force, je défie le cœur le plus dur de ne pas se rendre à l’impression de la passion qui est représentée.
Cicéron n’est pas moins nécessaire que lui, il est plus en usage dans les Collèges, il est assurément moins dangereux, car quand vous nous dites qu’on ne trouve point dans Térence ces passions couvertes que vous craignez tant, il faut bien que vous n’ayez jamais lu la première et la cinquième Scènes de l’Andrienne, et tant d’autres endroits des Comédies que l’on a traduites, vous y auriez vu ces passions naïvement exprimées, ou plutôt il faut que vous ne les ayez lues que dans le Français et en ce cas j’avoue que vous les avez pu lire sans danger.
Ils avaient renoncé aux plaisirs dangereux, qui souillent l’âme, qui énervent et corrompent le cœur, tous leurs souhaits étaient de mener une vie chrétienne, heureuse et calme au sein de leur famille, ils s’étaient seulement réservé ces plaisirs purs et innocents, qui ne laissent après eux ni troubles ni remords ; vous leur avez ravi le bonheur qu’ils se promettaient ; sous prétexte de les établir, de les préparer au mariage, vous les avez précipités au milieu du tourbillon du monde et vous n’avez, fait usage de l’autorité, que vous aviez sur eux, que pour les conduire forcément dans le chemin de la perdition. […] « Les parents, continue-t-il, pour l’ordinaire plus occupés de l’extérieur que du fond de l’éducation de leurs enfants ne s’attachent qu’à leur apprendre les manières et l’usage du monde, où ils ont grand soin de les produire.
Vous trouverez une loi expresse de ce sage Sénat qui note d’infamie tous ceux qui entretiendroient avec eux aucun commerce : Loi qui fut véritablement abolie dans la suite par l’usage ; mais remarquez que ce fut au temps de la décadence de Rome : Loi que Charlemagne depuis renouvella le plus sévérement au rétablissement du goût, des mœurs & de l’Empire. […] Et tout cela sur-tout mis en usage pour intéresser le spectateur à l’intrigue d’une passion, pour faire entrer dans l’ame du spectateur la folle passion du héros prétendu que l’on feint enflammé ; & tout cela mis sous les yeux, celui de tous les sens qui fait toujours les plus fortes impressions dans l’ame.
Le Gazettier prétend que les Jésuites donnoient des comédies dans ce Seminaire, & que le carnaval dernier ils firent jouer le Malade imaginaire de Moliere ; il ajoute que dans ce même tems de carnaval où selon leur usage ils avoient dans leur Eglise des Oratorio, c’est-à-dire, l’Oraison de quarante heures, ils faisoient jouer, dans la même Eglise, une tragédie sainte, Daniel dans la fosse aux lions, d’où il sortit sain & sauve, à la honte de la calomnie, qui l’y avoit fait jouer. […] En France, en Espagne, en Portugal, les représentations théatâles n’ont point été une matiere d’accusation, cet usage étoit chez eux public, & reçu, tout le monde y venoit, tous les enfans y jouoient, les Magistrats eux-mêmes avoient été acteurs, & laissoient jouer leurs enfans.
Elle joua trois rôles très-propres au théatre : elle fut la sultane favorite du roi de Pologne, électeur de Saxe, son ambassadrice auprès de Charles XII, & doyenne des religieuses de Quedlimbourg, bénéfice considérable que son amant ajouta fort dévotement aux pensions qu’il lui faisoit : usage des biens ecclésiastiques que les canons n’autorisent pas. […] Cet usage s’est si bien établi, qu’il n’y a point d’armée qui n’ait son régiment de comédiens & sa compagnie de comédiennes.
Il en loue l’usage, il en approuve les prétextes, à tous momens il en menace, & le fait accepter. […] A mesure que le goût s’en répandit, ils devinrent communs, & grace à la loi Chrétienne, qui déclare le mariage indissoluble, la comédie est forcée de se borner aux séparations, dont l’usage parmi les amateurs est journalier.
Vous seriez bien étonné (d’Orbessan, Voyage d’Italie) de voir les portes du spectacle s’ouvrir par-tout aux Gondoliers : corps très-considérable à Venise, servant à plus d’un usage ; leur principal office est d’applaudir à outrance aux Acteurs & aux Actrices, dans des termes dont je ne répetterai pas le sens à raison de leur obscénité. Mais l’usage qui les accrédite le plus ; c’est de favoriser les intrigues, en cachant dans leurs gondoles les amans & les maîtresses.
Le premier fruit que Rome recueillit du théatre s’y recueille encore tous les jours ; Romulus en fit usage pour enlever les Sabines qu’il y avoit attirées, chacun y choisit la sienne, & s’en saisit aisément : Primus sollicitos fecisti, Romule, ludos, &c. […] Le Franc, des Fontaines, les Journaux littéraires s’en sont plaints, & ont fait des réflexions judicieuses sur ce mauvais usage.
.° On autorise les masques, on enseigne l’art de se masquer & d’en faire usage dans les intrigues. 2.° On fait voir que les déguisemens ne peuvent jamais être employés qu’à mauvaise fin. […] Tout cela n’est plus en usage.
Combien dans les maladies des empires, combien donc est funeste et dangereux l’usage d’un remède aussi violent, puisque en donnant naissance aux convulsions et aux déchirements qui les épuisent, il met lui-même en activité tous les principes de leur propre dissolution. […] Quand on n’a point d’autres chef-d’œuvres à nous montrer sur la scène, il est facile de ne pas se récrier contre l’usage abusif, qui de nos jours s’est introduit parmi le beau monde, de n’arriver à grand bruit au théâtre qu’à la fin de la pièce ; mais il est bien difficile de tolérer celui qui bientôt ne nous permettra plus de la voir qu’au lever de l’aurore. […] Il n’est rien de supportable au-delà des justes bornes assignées par la nature ; et c’est un usage aussi abusif que contraire à nos véritables jouissances, que celui qui, de nos jours, s’est introduit, d’épuiser et de fatiguer notre attention par la représentation de tant de pièces réunies, et qui, pour les sujets attachés à nos théâtres, doit nécessairement faire de la culture d’un art de pur agrément, un vrai métier de forçat. […] Encore, dans l’extrême misère, quand on a l’usage de l’esprit libre, la nécessité fait trouver des inventions : le leur est accablé par la maladie, par l’inquiétude et souvent par le désespoir. […] C’est, sans doute, pour l’obtenir à son gré, que par prudence, elle écarte tout contradicteur au procès, et que, pour me servir des mots techniques, en usage au palais, elle s’y ménage un défaut, faute de défendre k, en présence même de ses adversaires : triomphe d’autant plus facile à obtenir, que ceux qui le prononcent, sont tout à la fois juges et parties dans la cause.
A l’égard des sujets pris dans d’autres Auteurs, on convient qu’il y a moins de mérite à y réussir ; mais il y en a toujours un très-grand, quand on considére que ce qui a plu à une Nation, déplaît à l’autre, par la différence de leurs usages & de leurs mœurs.
Les chansons qui furent d’abord en usage ne pouvaient être que celles des Pasteurs ; on est long-tems à revenir des prémières habitudes.
Leur but est (ou devrait être) la Satyre des mœurs, des usages ridicules ou des modes extravagantes : ils peuvent embrasser la Parodie, la critique des Drames de tous les genres, les intrigues populaires & bourgeoises, l’allégorie, la Pastorale, même le Comique-Larmoyant, & la Tragédie, si l’on voulait ; enfin célébrer les événemens du jour.
dans le Livre qu’il a composé sur ce sujet, et dans ses Lettres, déplore la misère, l’aveuglement et la folie des Chrétiens, qui leur fait aimer les inventions des démons, et qui les porte à imiter les mœurs et les façons de faire des Gentils et des Idolâtres : mais ce qu’il juge encore plus intolérable, c’est qu’ils veulent justifier leur conduite déréglée par l’action de David qui dansa devant l’Arche, et se servant de ce qui est dit dans les Saintes Lettres que Dieu avait prescrit à son peuple l’usage de plusieurs sortes d’instruments ; comme si, dit ce saint Martyr, on pouvait comparer à des choses qui ont été faites très saintement, et pour le culte de Dieu seul, ces divertissements mondains, qui ne servent qu’à la volupté.
Je me suis un peu plus étendu sur ce sujet que je ne pensais parce qu’il serait à désirer que l’Ancien usage de la Comédie et Tragédie qui était autrefois si célèbre étant repurgéc de tant de défauts et d’impuretés fût remis en son lustre pour le contentement et l’utilité publique.
Il était sur le territoire de votre Église, et c’était le cas de faire usage de votre puissance.
Si un homme est dépourvu de ce double talent, où s’il ne lui est pas permis d’en faire usage, quelle autre ressource lui restera-t-il pour plaire à ses Lecteurs, ou se concilier les suffrages des Spectateurs ? […] Ressource abominable, sans doute, & dont aucun des Auteurs Forains, ne manque cependant point de faire usage. […] Aux agrémens, aux traits naïfs & piquans, au ton de décence & de vérité, qui n’agueres caractérisaient leurs Ouvrages & en faisaient la fortune, ils ont substitué les misérables calembours, la plate bouffonnerie, l’obscénité révoltante, amorce perfide dont on avait jusqu’alors ignoré l’usage, & si qui, contre leur attente, peut-être, eut la réussite la plus complette. […] Autre Edit qui abolit l’usage de la question, en date du même mois 1780. […] Formons des Ecoles dont les maximes, les usages, les manieres, dont l’esprit moral, si l’on peut ainsi s’exprimer, puisse effacer ou du moins affaiblir en nous & en nos enfans les penchans vicieux.
L’application s’en fait d’elle-même au style Poëtique ; il nous plaît jusque dans la Prose, lorsqu’elle peut oser s’en permettre l’usage ; & le Public en a fait l’experience dans Telemaque, dont la lecture a sçu l’intéresser pour le moins autant que celle de l’Odissée, malgré le grand avantage que les charmes du nombre & de la mesure donnoient au Poëte Grec sur l’Auteur François. […] L’une, que le jugement est l’acte le plus parfait de notre raison, ou plutôt, que notre raison même n’est qu’un jugement continuel ; & comme c’est par la raison que nous estimons le plus notre nature, dont elle est en effet le plus précieux avantage, il y a aussi un plaisir secret attaché à l’usage que nous faisons de cette perfection de notre ame en prononçant un jugement. […] M. le Chancelier d’Aguesseau excitoit ceux qui avoient le talent de la Poësie à en faire cet usage, & s’occupoit avec plaisir à revoir leurs Ouvrages.
C’est un homme qui sait aimer et estimer tout ce qui mérite de l’être, c’est un homme qui méprise et déteste la débauche et l’impureté, mais qui se permettra d’aimer tendrement une épouse vertueuse, qui fuira les ivrognes, mais qui se permettra pour la réparation de ses forces et le bien de sa santé, un usage modéré de sa bouteille ; qui fuira la fureur du jeu, mais qui n’en fera pas moins sa partie avec des amis de sa trempe, sans désirer le gain et regretter la perte, qui sera attentif à ses intérêts, vigilant dans son commerce, économe dans sa dépense, mais qui loin d’être avare emploiera le superflu de sa fortune à soulager les malheureux, à gagner le cœur de ses mercenaires et de ses domestiques par des libéralités encourageantes et bien placées : c’est un homme enfin pieux et charitable, sans hypocrisie, qui se contente de donner à Dieu les moments qu’il exige, et le reste du temps à ses affaires. […] Or il est aisé de prouver que l’usage que Molière a fait de ce goût, loin d’être préjudiciable, fut utile aux progrès de sa morale et l’on en doit conclure qu’il était bon en lui-même, et qu’il a dû le respecter. […] La plupart des gens de cette espèce ne font d’ailleurs usage de leur adresse que vis-à-vis de ceux qu’ils connaissent ou timides ou maladroits.