La belle illumination de tout côté répandue, forme par la réflexion un très-agrèable spectacle ; ce qui sert d’ailleurs de rafraichissement en Été ; on n’a rien fait encore de pareil à Paris, on s’est borné à éléver le parterre à niveau du théatre pour en faire un sale unique au bal de l’opéra. […] Tels sont en France les deux théatres François & Italien dont chacun a son domaine à part, ou plûtôt sur le même théatre, telles sont la partie reguliere de la grande piéce, & la partie libre de la petite piéce, qui la suit : depuis que les tragédies Françaises ont été traduites en Italien, le goût s’est répandu, leurs poëtes ont admiré se limité Corneille, Racine, Crebillon & Voltaire, & fait répresenter ces pieces traduites ; mais le peuple est trop gai pour trouver du plaisir à pleurer & à craindre, & sera long tems fidéle à Pantalon & à Arlequin.
Je me flatte que la matière que je vais traiter avec exactitude, répandra sur mon Ouvrage un nouvel agrément, & une utilité plus étendue. […] Cependant ne pourrions-nous pas croire que Quinault n’a tant mis la galanterie en jeu, que pour favoriser le Musicien, & afin qu’il lui fût possible de répandre de la variété dans sa musique ?
Je ne prétends pas cependant autoriser le mépris que l’on a généralement pour les Commis aux Aides, c’est avec injustice qu’il est universellement répandu sur une quantité d’honnêtes gens qui sont revêtus de cette robe. […] Ces Midas répandus aujourd’hui dans les cercles brillants, y contractent une urbanité usuelle qui ne sert qu’à tromper ceux qu’ils respectent ou qui leur sont indifférents, mais pour les bien juger, c’est dans leur Commerce avec leurs subordonnés, qu’il faudrait aller chercher l’opinion qu’ils méritent et saisir leurs traits caractéristiques pour en faire un portrait ressemblant et juste, experto crede Roberto.
c’est le plus grand des biens… Je me trompais encore : l’amour est autre chose que ce qu’on entend par un bien ; il est une modalité des âmes, qui donne le prix à tous les biens ; c’est une émanation puissamment active de la nature divine répandue sur tous les êtres vivans, qui les lie entr’eux, les unit avec leur Principe, & les rend participans de la première de ses perfections. […] L’amour conjugal, l’amour paternel occupent aussi la Scène à leur tour : c’est toujours le même sentiment pour le fond : ce que m’inspire une jeune Beauté ; cette douce chaleur qu’elle excite dans mon cœur ; cet enchantement que cause sa présence & qui se répand sur tout ce qui l’environne, sont la source de l’attachement que je dois éprouver un jour pour les enfans qu’elle m’aura donnés. […] Elle peint les mœurs actuelles : elle répand sur les usages & les pratiques gênantes, le sel du ridicule : quelle sagesse ne lui faudra-t-il pas, pour saisir le point précis, où la mode dégénère en abus, où les mœurs exorbitent l’aisance, & deviennent licencieuses ! […] O favorables ténèbres, qui voîlez les temps de la Théocratie & de l’origine des Rois ; temps affreux sans doute, puisque vous vîtes expirer le pouvoir paternel, & que les hommes, au lieu d’un père, n’eurent plus que des maîtres ; répandez votre ombre impénétrable sur toutes ces taches de l’humanité, enveloppez-les, couvrez-les, & que la mémoire s’en efface pour toujours. […] L’an 1304, les Habitans du Bourg de San-Priano, répandirent un Avis au Public, par lequel ils annonçaient que, Quiconque voudrait savoir des nouvelles de l’autre-monde, eût à se trouver le 1 de mai auprès de la rivière d’Arno.
Son retour rend la vie à toute la nature ; les êtres étoient plongés pendant la nuit dans une espéce de néant d’où cet Astre les tire ; il répand ses rayons sur l’Hémisphére, comme une source abondante ; mais ses forces diminuent dès qu’il a fourni les deux tiers de sa carriere ; un nuage aussi beau que l’Aurore, l’accompagne jusqu’au bord de l’Océan, & se confond enfin avec les ténébres qui remplacent le jour.
Les interlocuteurs sont Momus, Jupiter, Mercure, et le bon Jurisconsulte Accurse, fort étonné de se trouver dans une telle conversation, où l’on se répand sur toute la nature.
Ce feu toujours couvert d’une trompeuse cendre, S’allume au moindre souffle et cherche à se répandre.
Après l’Ariette, la Romance fait beaucoup d’éffet dans les Poèmes modernes ; elle y répand des agrémens infinis ; elle a quelquefois empêché la chûte d’un Opéra-Bouffon.
Homere admirable par tant de raisons, me le paroît sur tout, par cette dignité qu’il a répandue dans sa Poësie : le Sujet de l’Iliade dans lequel il trouve parmi ses Personnages Paris, Helene, & Venus, lui fournissoit bien des occasions de parler d’amour ; au lieu que le Siége de Jérusalem n’en présentoit naturellement aucune au Tasse.
On y voit la passion la plus généralement répandue et la plus à craindre s’élever sur les ruines de toutes les vertus, dominer dans presque tous les cœurs et fonder les principaux intérêts ; on y voit les faiblesses et les crimes qu’elle traîne à sa suite, déguisés, palliés par les tours ingénieux d’une morale aussi fausse que séduisante, justifiés, autorisés par de grands exemples, ou présentés sous des traits qui les font paraître plus dignes de compassion que de censure et de haine ; on y apprend à nouer les intrigues d’amour ou à en parler le langage, à en adopter les prétextes ou en répéter les excuses ; on y voit les autres passions les plus ardentes et les plus dangereuses, ces passions qui sont les secrets mobiles du cœur humain et qui enfantent tous nos malheurs, l’orgueil, l’esprit de domination, le ressentiment des injures prendre un air de noblesse et d’élévation qui semble les rapprocher de la grandeur d’âme et du vrai courage.
Vous savez mieux que moi, que non seulement de ce petit nombre d’hommes dépendent les calamités ou le bonheur du monde entier ; qu’au seul accent de leurs voix, la guerre obéissante, le flambeau de la discorde à la main, va parcourir la terre, joncher les campagnes de morts, couvrir la mer de voiles menaçantes, et teindre de sang les flots effrayés : qu’au son plus doux de ces mêmes voix, l’abondance, une couronne d’or sur la tête, va répandre ses richesses dans les climats les plus stériles, couvrir d’épis jaunissants des champs incultes et arides, changer de vastes déserts en de superbes cités, creuser des lacs, ouvrir des canaux, joindre les deux mers, combler les précipices, aplanir les montagnes, élever les eaux, animer le marbre, fondre les métaux, et faire naître enfin tous les arts.
Mais comme elle n’aime pas à vivre à ses dépens, ou pour parler sans métaphore, comme elle se lasse bientôt de la multiplicité vague & confuse de ses propres pensées qui l’épuise plutôt qu’elle ne la remplit, elle est avide de se répandre au dehors ; & l’on diroit qu’elle soit toujours aux fenêtres pour y chercher un objet nouveau qui arrête & qui détermine ses regards, ou pour y trouver au moins le plaisir de ne plus se voir elle-même. […] Je vais encore plus loin, & il me semble que dans ce plaisir, je reconnois la main & la bonté du Créateur qui a voulu que tout ce qui est parfait, ou qui approche de la perfection, répandit dans notre ame une satisfaction sensible pour nous en inspirer le respect, la vénération, l’amour, & afin, si j’ose hazarder ici cette pensée, que nous pûssions connoître la Vertu par un sentiment d’admiration, comme nous découvrons la Vérité par ce repos d’esprit qui accompagne l’évidence.
On dira seulement, au sujet de la Morale qui y est répandue, que l’on ne croit pas qu’il y ait au monde une personne assez simple, ou environnée de gens assez simples, pour prendre des Chansons pour des vérités, que quand Quinault a dit : Est-on sage Dans le bel âge, Est-on sage De n’aimer pas ?
(réflexion ridicule, il y a peut-être deux ou trois femmes d’Officiers François) Le séjour des François opere des grands changements dans les mœurs : les festins, les danses, les comédies ont succédé aux horreurs de la guerre ; ce prodige a été opéré par le caractère (frivole & libertin) d’une nation qui répand par-tout l’amour du plaisir : Incidit in Scyllam cupiens vitare caribdim.
C’est le scandale commun à toutes les comédies : on commence par enseigner, offrir, mettre en action le péché, pour en venir au foible & tardif correctif de quelque mot de vertu, qui ne réparera jamais le coup mortel qu’ont porté au fond du cœur les attraits & les embellissemens du vice, & à la vertu le ridicule & les ombrages répandus sur ceux qui la pratiquent, dont on engourdit le zèle, énerve les bons exemples, détruit le crédit, affoiblit les exhortations, & empêche par respect humain d’embrasser les exercices.
Mais il y avoit des ames viles & venales, qui par un sordide interest, ou par la violence de leur naturel aymoient mieux des perils infames, & répandre honteusement leur sang, que de goûter une honneste tranquilité & que de conserver leur repos.
Mais afin que ce Pere n’attire pas sur lui & sur sa Fille les malheurs, que Dieu répand ordinairement sur les Peres, qui par leurs exemples, & par le mauvais usage de leur empire perdent les doux fruits d’un saint Sacrament ; je supplie ce Pere qu’il se souvienne, que la providence Divine ne lui a pas donné cette Fille pour lui, mais pour elle-même ; que, si cette fille est le gage de l’amitié de Madame son Epouse, elle est aussi le fruit du Sang de Jesus-Christ ; que, si elle est noble par sa naissance, elle est Chrêtienne par son Batême ; que cette seconde qualité lui est plus avantageuse, plus necessaire, & plus glorieuse que la prémiere, & qu’ainsi il n’est pas seulement obligé de l’élever en Fille de condition, mais qu’il est encore plus obligé de l’élever en Chrêtienne, & qu’il doit plus travailler à lui inspirer l’esprit de l’Evangile, que l’air, & les manieres du monde.
C’est en excitant le mécontentement général que l’autorité répand elle-même parmi le peuple les semences de la révolte, dont à chaque instant elle peut craindre les funestes effets.
L’Ambassadeur d’Ecosse qui selon ses instructions devoit répandre les fleurettes, lui raconta divers voyages qu’il avoit faits, lui parla de la parure des femmes de différents pays. […] Vous êtes un astre favorable qui répandez sur moi vos douces influences, &c.
Voilà de cette terreur grecque que Racine avoit bien étudiée, & dont on connoît, à plusieurs traits répandus dans ses Pieces, qu’il eût sû mieux qu’un autre exprimer fortement les admirables effets. […] Il fut des Juifs, il fut une insolente race ; Répandus sur la terre ils en couvroient la face.
Qu’on lise les portraits répandus dans tous les livres théatraux de cette danseuse qui s’avance sur la scène, des bras qu’elle déploie, de sa taille, de sa tête, du moëlleux de ses mouvemens, la Vestris, la Dupré, la Dangeville, &c. la seule annonce fait le portrait de la volupté, c’est Vénus elle-même, c’est le crime.
Or on ne peut y parvenir qu’en se donnant des Acteurs qui soient pour le Public des objets chéris, que lui-même aurait horreur de corrompre, dont l’innocence & la candeur répandront un vernis d’honnêteté sur un exercice que les mœurs des Histrions ont deshonoré, & que l’air de licence qu’on respire sur les Théâtres actuels n’a que trop souvent rendu funeste.
Toutes ces Pièces furent données aux Comédiens, dont la Troupe était alors unique ; cela leur acquit de la réputation, et la renommée du gain qu’ils y faisaient s’en répandit bientôt dans les Provinces : il s’y forma aussi des Troupes de Comédiens ; et après avoir fait quelques essais de leurs représentations dans les principales Villes du Royaume, ils crurent être assez forts pour venir à Paris partager la gloire du Théâtre avec l’Hôtel de Bourgogne.
Portez-les aux Temples des faux Dieux, chargez-en les victimes qu’on y brûle, sur leurs Autels : elles ne peuvent manquer de leur plaire, d’établir, d’avancer, de répandre leur culte, en même tems qu’elles détruisent celui du vrai Dieu.