Ainsi, par exemple, ces representations profanes, ces spectacles ou assistent tant des mondains oisifs & voluptueux, ces assemblées publiques & de pur plaisir, ou sont reçûs tous ceux qui amene, soit l’envie de paroître, soit l’envie de voir, en deux mots, pour me faire toûjours mieux entendre, Comedies & Bals, sont-ce des Divertissemens permis ou défendus ?
« Je n’ai pas attendu le secours de ta Voix Pour tourner tous mes Vœux du côté des François : Mais me répondras-tu qu’on permette à ma Veine D’étaler en public leurs grands Noms sur la Scène ?
LES FEMMES Savantes, Quand pour la première fois j’ai résolu d’étudier les Ouvrages de Molière, je me proposais uniquement de découvrir et de suivre pas à pas le génie de ce grand homme dans la production de ses Fables de Théâtre ; bientôt je fûs convaincu qu’il avait porté si loin la perfection de son Art, que non content de m’en faire un modèle pour mon usage particulier, je crus devoir communiquer au Public mes réfléxions pour autoriser, par l’exemple d’un si grand maître, ce que j’ai écrit en matière de Théâtre.
Le théatre ne fit-il d’autre mal que de lever cette utile barriere, il est de l’intérêt public de ne pas le souffrir. […] Une femme montée sur des tretaux, se montrer les heures entieres aux yeux du public, dans la parure d’une actrice, y faire toute sorte de mouvemens, toute sorte de gestes, y écouter, y prononcer toute sorte de discours, y jouer sans balancer toute sorte de rôles, qu’y a t-il d’impudent dans le monde, si l’état & la vie d’une actrice n’est pas le comble de l’impudence ? […] On donne, il est vrai, des leçons assez semblables à ceux qui doivent paroître en public.
En vérité, Monsieur, je n’oserais répondre sérieusement à tout cela, par respect pour le public, si son empressement pour tous vos écrits n’était pas tel que vos sentiments les plus erronés et les plus extraordinaires, reçoivent de votre célébrité le droit glorieux d’être combattus. […] Je vais donc ; non vous combattre, mais vous désabuser, parce que le public qui vous plaint en ce moment, attend un homme qui vous éclaire.
Tous les lieux publics sont espionnés jésuitiquement, indépendamment de l’espionnage légitime de la police. […] Le pire d’une position aussi humiliante, c’est que dans tous les gouvernements où les jésuites dominent, les ministres d’état y sont réduits à la dure nécessité de mettre en pratique les principes de corruption, qui sont si bien établis dans les constitutions, les règlements et les instructions publiques et secrètes de l’ordre monastico-politique des disciples de Loyola !
Conviendroit-il d’aller tirer quelqu’un des petites-maisons, pour le promener dans les rues, le faire monter sur des treteaux, & le livrer à la risée du public.
Les enfans de ces premiers enfans de l’Eglise, auxquels les Païens n’avoient point d’autres reproches à faire, si ce n’est qu’ils ne paroissoient point dans le Cirque, qu’ils fuïoient le teatre & les spectacles publics, qu’on ne les voïoit ni couronnez des fleurs, ni vêtus de pourpre, qu’ils aimoient la pauvreté, & qu’ils avoient horreur des charges & des honneurs !
Car, en matière de religion, l’exemple est le moteur le plus fort et le plus victorieux ; le sang des premiers martyrs a amené des flots de sang, parce que chacun voulait payer de sa vie son entrée dans la foi, et obtenir la couronne céleste, en mourant pour le fils de Dieu qui en était le suprême dispensateur ; Et puisque les ecclésiastiques veulent soumettre les autres chrétiens à l’observation des décrets des conciles, et qu’au moment de leurs décès ils leur font la fausse application de sentences exterminatoires, il est de toute justice, de toute pudeur publique qu’ils rentrent eux-mêmes dans la volonté de leurs propres lois, et qu’ils s’en montrent les fidèles et les zélés observateurs.
Ce discours, selon les apparences, fut le dernier qu’il fit en public. […] Mais sur tout il insiste à faire remarquer les égarements de ceux qui pensoient à se réjouir au milieu des maux innombrables dont ils estoient environnez, & qui au lieu d’apaiser la colere de Dieu en prenant le sac & la cendre, l’irritoient de plus en plus par les dissolutions qui se commettoient dans les lieux publics. […] Ils blâment les danses préparées & publiques, parce, disent-ils, que le démon y préside toujours.
La plus-part des Empereurs Romains se piquaient d’être Musiciens ; ils chantaient en Public, & tiraient autant de vanité des applaudissemens qu’ils recevaient alors, que des honneurs du triomphe. […] Le plus grand nombre des Peuples de l’Europe employe de nos jours la musique dans les principales circonstances de la vie ; elle embellit les grandes fêtes, les cérémonies de la Religion, les réjouissances publiques, & les pompes funèbres. […] En cherchant à diminuer la trop bonne opinion que nous avons de cet art célèbre, je rends au Spectacle moderne un service èssentiel ; j’engage peut être le Public à faire ce raisonnement : si la musique est quelquefois méprisable, le nouveau Théâtre nous plaît donc parce qu’il possède de vraies beautés.
A riston disoit ainsi, ne vne estuue, ne vn discours ne sert de rien s’il ne nettoye : celuy cy des masques nuëment representé & sans masques pourra nettoyer vne vieille tache qui saillit ceste ville de Clairmont & plusieurs autres, en monstrant que le Diable est l’autheur des masques, que masquer est vne Idolatrie, vne heresie, condamnee par les Peres, par les Conciles & saincts Decrets, qu’il est defendu par les ordonnances des Roys & Arrests des Cours souueraines, & est contre les bonnes mœurs & honnesteté publique. […] Masquer est doncques par vne illation necessaire coutre les bonnes moeurs & contre l’hõnesteté publique, mesmes entre les Payens, à plus forts termes entre les Chrestiens & fideles qui les doiuent surpasser en modestie & honnesteté de moeurs : Genes. c. […] Dieu nous a fourny de dignes personnages à cet effect, de leur apprendre la vertu qui seule les peut accoustrer d’vn veritablement digne, viril & parfaict ornement & vestement de raison, qui les empeschera de tomber en ces frenesies & folies de masquarades engẽces d’oisiueté, qui les duira & accoustumera au bien & à s’entremettre du gouuernement de la chose publique.
Il multiplie les farces à mesure qu’il multiplie les impôts, & qu’il augmente la misere, au lieu de voir que c’est insulter la misere publique, il s’imagine consoler la nation en baladin. […] Malgré tant de peine pour acquérir cette bonne opinion, le public malin l’a toujours cru un libertin.
& n’est-ce pas précisément ce qu’on se propose, en découvrant, en livrant les défauts & les ridicules à la risée du public, au mépris des mondains, aux traits empoisonnées de l’irréligion ? […] On couvre d’un voile le visage d’Ericie contre le costume, & on veut que le public voie à travers qu’elle leve, baisse les yeux, est effrayée, interdite, ce qui est impossible, le voile fût-il clair.
Orontes de Syrie Dedans ton Tibre est coulé jusqu’icy, Qui avec soi a apporté aussi La langue, et mœurs, les tambours et hautbois, Et les joueurs des délicats Grégeois : Jusqu’à montrer toute fille impudique S’abandonner en plein cirque publique. » 18. […] mais aussi qu’on les apprenne par cœur : et si quelquefois au temps de paix nous voulons permettre des jeux publiques, ou quelques fêtes de récréation, pour exhiber au peuple quelque passe-temps (ce qui se doit faire, à mon avis, peu souvent, ou bien après quelque grande victoire) il en faudra choisir de ceux-ci pour les réciter.
Quant à l’Auteur, Monsieur, on ne sait pas trop quelb il est ; on avait cru d’abord que c’était le Révérend Père Caffaro Theatin, qui est effectivement un Homme illustre, et par sa qualité et par son mérite ; mais il a détrompé le Public par un désaveu solennel qu’il a fait de cette Lettre, à laquelle il proteste « n’avoir eu aucune part». […] J’ai donc douté, Monsieur, si ce n’était pas quelqu’un de ces Docteurs scéniques qui eût voulu nous donner son rôle par écrit, et réjouir ainsi le Public par une espèce de Comédie, où la Comédie serait jouée elle-même, en la canonisant en apparence : et j’ai même mieux aimé me laisser aller à ce dernier sentiment, afin d’avoir lieu d’égayer un peu la matière en certains endroits, et de vous moins ennuyer par les réflexions que je prétends faire sur toutes les parties de cette Lettre, et dont quelques-unes seront assez sérieuses. […] Dans le troisième Synode de Milan, il ordonne aux Prédicateurs de reprendre avec force ceux qui suivent les Spectacles, et de ne pas cesser de représenter aux Peuples « combien ils doivent détester et avoir en exécration les jeux, les Spectacles et autres semblables badineries, qui sont des restes du Paganisme, qui sont contraires à la discipline chrétienne, et qui sont les sources de toutes les calamités publiques, dont les Chrétiens sont affligés». […] De plus, que les Comédiens qui jouent tout les jours ne pèchent point, parce qu’étant dévoués au Public, c’est moins pour leur divertissement qu’ils jouent que pour celui des autres ; et qu’ils peuvent jouer tous les jours, parce que tous les jours il se peut trouver des particuliers qui veulent prendre une récréation modérée. » Quel étrange Evangile, Monsieur ! […] Je souhaite de tout mon cœur que vous en soyez content, et que le Public en puisse être autant édifié, qu’il a paru scandalisé de la Lettre dont je vous ai fait le détail.
Un Homme qui dans une Place publique raconte en gémissant une avanture cruelle, se voit bientôt environné d’auditeurs, parce que tout tant que nous sommes, nous trouvons un secret plaisir à voir où à entendre raconter les malheurs de nos pareils.
Après qu’on eut fait sortir tout ce monde, il entra où était la fille, et l’ayant prise par la main, elle se leva ; et le bruit s’en répandit par tout le pays. » Le Fils de Dieu s’est toujours ouvertement déclaré contre les jeux, les danses, et les spectacles publics : témoin ce grand miracle dont il est parlé dans notre Evangile, qu’il ne voulut pas opérer tandis que ces danseurs et ces joueurs d’instruments seraient dans la maison du Prince de la Synagogue ; c’est pourquoi il les fit chasser avant que d’y entrer.
Je suis Comédien, j’aime mon métier, je fais plus, je l’estime, sûr que j’ai pour moi la raison, le goût et le public ; j’entre courageusement en lice pour y parer vos bottes et riposter.
Le Prélat se fait chausser en public, en cérémonie. […] Charles l’a ordonné dans les actes de l’Eglise de Milan ; mais se faire chausser en cérémonie devant le public, les Prêtres ne le pouvoient pas, ni même les Evêques.
Dans la misère publique où nous avons vu les pauvres, pâles et décharnés comme des squelettes, mourir de faim dans les rues : A-t-on pu voir sans gémir des Comédiens gros et gras ne songer qu’à rire et à divertir des fainéants ? […] Tout ce qu’ils peuvent faire, c’est d’arrêter le cours de certains désordres publics, qui sautent aux yeux, tels que sont, par exemple, ceux des jeunes gens qui font les Marquis, et qui parlent incessamment de leur noblesse : des femmes qui font les précieuses et les coquettes : des Procureurs qui ruinent leurs parties par des chicaneries honteuses.
Il s'en faut bien que le Dieu des Chrétiens soit si bien servi dans ses Eglises, qu'on y ait la même révérence, et que la religion des Magistrats y fasse observer la même police pour les offrandes, et publiques à la porte, et particulières dans les chapelles des Prêtresses, les pensions, etc. qui peut les apprécier ? Ce Clergé est si utile au public, il contribue si fort à la population.
La considération publique qui, n’est autre chose que le fruit d’un travail heureux, a de tous tems été le plus vif aiguillon qui ait conduit dans la carriere.