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60. (1789) Lettre à un père de famille. Sur les petits spectacles de Paris pp. 3-46

tous les jours sept à huit mille habitans de Paris répandus dans les salles de Janot, d’Audinot, de Nicolet, soit aux Boulevards, soit à la foire de Saint-Germain, soit à la foire de Saint-Laurent, n’ont pas de remparts plus assurés contre un élément non moins redoutable que l’eau ; par-tout les édifices de ces histrions sont de bois, du moins en grande partie, et les gens qu’amène une imprudente curiosité ont du feu sur leurs têtes, sous leurs pieds, autour d’eux, au théâtre, dans les combles, dans les coulisses, dans les souterrains. […] Après une farce misérable entre Paillasse et un vilain homme habillé en Bohèmienne ; après quelques airs communs de tambour de basque ; après les exercices d’un petit garçon, de neuf ans, qui se met en boule, qui saute à la manière des carpes, qui marche sur la tête, qui tire l’oreille à son père, qui lui crache au nez &c. […] Hérault eut tant de peine à laisser représenter ; des discours de la tête d’Acajou, des spirituelles infamies du Miroir magique ; des niaiseries savantes de la Chercheuse d’esprit, des Troqueurs, de la Servante justifiée, du fleuve Scamandre, &c. […] Tous ces aiguillons de luxure excitent leurs sens, exaltent leurs têtes, augmentent en eux l’envie de mal faire, sans leur ôter le goût d’une vie molle et oisive. […] Vous voyez l’impression que doivent produire sur des têtes inexpérimentées tant de moyens de séduction réunis.

61. (1743) De la réformation du théâtre « De la réformation du théâtre — A SA MAJESTÉ IMPERIALE ELISABETH PREMIERE, IMPERATRICE DE TOUTES LES RUSSIES. » pp. -

MADAME, Ce n’est point un sentiment de vanité qui m’a fait rechercher l’honneur de placer votre Auguste Nom à la tête de mon Ouvrage : la flatteuse espérance de procurer à toute l’Europe un avantage qu’elle ne peut devoir aujourd’hui qu’à VOTRE MAJESTÉ IMPERIALE, m’a seule encouragé à lui offrir La Réformation du Théâtre.

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