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96. (1824) Du danger des spectacles « DU DANGER DES SPECTACLES. » pp. 4-28

Il est vrai que c’est une des merveilles de la religion chrétienne de réconcilier l’homme avec soi-même en le réconciliant avec Dieu, de lui rendre la vue de soi-même supportable : aussi n’est-ce pas en arrêtant l’homme dans lui-même qu’elle produit tous ces effets merveilleux ; ce n’est qu’en le portant jusqu’à Dieu, et en le soutenant dans le sentiment de ses misères, par l’espérance d’une autre vie qui l’en doit entièrement délivrer. […] « Non seulement les romans et les pièces de théâtre éloignent l’âme de tous les actes de religion et de piété, mais encore ils tendent, en quelque manière, à nous inspirer une profonde aversion pour toutes les actions ordinaires et sérieuses. […] C’est parce que les raffinements de leur vie sensuelle, l’espèce de leurs plaisirs et de leurs amusements, et l’usage qu’ils font du temps, contribuent autant à éteindre en eux les lumières de la religion et de la morale que peuvent le faire l’ignorance et la grossièreté sur les classes moins favorisées. […] Or, la religion et la vertu ne peuvent se conserver pures et intactes que par une vigilance redoublée et non interrompue. […] En cet instant solennel, c’est la grande affaire de la religion, c’est une vie pieuse et morale, vouée tout entière à l’amour et au service de Dieu, qui paraîtront d’un inestimable prix et seules dignes de fixer l’ambition d’un être raisonnable.

97. (1758) Causes de la décadence du goût sur le théatre. Première partie « Causes de la décadence du goût sur le théâtre. — Chapitre II. Du Théâtre Moderne, & de celui des François. Celui-ci comparé au Théâtre Grec. » pp. 25-38

Il chercha à en imposer à la Religion, en fit taire les sages Loix, en l’intéressant, pour ainsi dire, dans les jeux qu’il préparoit au Peuple ; car en France, comme dans la Grèce, ce ne fut que lui que le Théâtre envisagea d’abord ; son ignorance, ses goûts grossiers & bisarres, sa piété même, toujours mal-entendue, & toujours mêlée de superstitions, furent les premiers moyens dont l’esprit humain se servit pour exécuter ses projets. […] Bientôt cette Nation, capable de tout, vit des Pélerins chanter & représenter les actions des Saints, les Mystères de la Religion ; les plus grands Personnages de l’Ancien & du Nouveau Testament, Jesus-Christ même, furent mis sur la Scène. […] Chez les Grecs, le Théâtre étoit annobli & protégé par le Gouvernement, & la Religion, dont il faisoit partie. […] Ici ce n’étoit qu’un établissement particulier, que l’intérêt de quelques-uns soutenoit, mais que la Religion & la Police tour à tour menaçoient de ruiner.

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