La Religion n’est pas entendue dans un si grand fracas de plaisirs ; rien n’est du goût que ce qui flatte les sens, et parmi tant d’objets si capables de plaire, et qui plaisent en effet, l’âme sera-t-elle maîtresse de ses désirs ? […] Peut-on disconvenir que cette licence effrénée du siècle, cette affreuse corruption de mœurs dans tous les âges, ce dégoût de la piété si universel dans le monde, cette différence, pour ne pas dire, ce mépris de la Religion, réduite presque aux seules bienséances parmi les mondains, ne soient le fruit nécessaire de ces spectacles profanes ? Et certes, à moins qu’on ne veuille étouffer jusques aux premiers principes du bon sens et de la Religion, par quel artifice nouveau peut-on accorder l’Evangile avec les spectacles ? […] La morale de notre Religion est aussi invariable que ses dogmes ; ce qui blessait la conscience des premiers fidèles, peut-il n’être pas interdit à tous les Chrétiens ? […] Revenus de leurs égarements par une grâce singulière, le théâtre ne sera pas autre qu’il est, leur raison, leur religion sera la même.
Ce ne fut que dans le neuvieme siecle, au commencement du schisme des Grecs, que Michel III, Prince sans religion & sans mœurs, fit jouer S. […] Est-ce faire leur éloge de dire que la folie & le vice l’emportent sur sa religion & le culte de Dieu ? […] veut-on donc mettre aux mains la religion & la politique ? […] Qu’on pense différemment lorsqu’au moment de la mort on examine, au flambeau de la religion, les égaremens de sa jeunesse ! […] Si on ne va pas au sermon, c’est qu’on va au spectacle, & qu’on y perd le goût des exercices de religion.