[Introduction] Avoir prouvé que la religion et les lois, les deux puissances ecclésiastique et séculière, proscrivent la comédie, c’est aux yeux d’un Chrétien avoir terminé ce fameux procès ; mais nous avons encore avancé que la politique, aussi bien que la vertu, prononçait la condamnation du théâtre, que funeste au bien public, elle méritait toute l’animadversion d’un sage gouvernement. […] Est-il rien de plus important au bonheur de la société que la religion et les lois ? […] Plaise au ciel que la vertu reprenne ses droits sur des cœurs faits pour l’aimer et la pratiquer, et que le gouvernement se déclare contre son ennemi secret et le plus dangereux, je veux dire l’ennemi de la religion et de la vertu.
Si ce Prince s’en fût tenu à ces bornes, il n’eût fait que suivre la religion dominante de son Royaume, & les traces de ses Ancêtres ; mais il s’en faut bien qu’il ne soit que Luthérien, il n’a dans le fond qu’une religion de théatre. […] Tout cela est supprimé sur la scene, où jamais le mariage n’est lié a la religion, où la religion seroit ridicule. […] Cette expression vague de religion renferme le Judaïsme, le Mahométisme, l’Idolatrie, comme les sociétés chrétiennes. […] C’est le regne de la plus parfaite apathie ; tout y est indifférent dans la religion & les mœurs. […] Cette idée est injuste & scandaleuse, contraire à la religion & à la nature.