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22. (1776) Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme « Réflexions morales, politiques, historiques et littéraires sur le théatre. Livre dix-neuvieme. — [Introduction] » pp. 2-6

La peinture, la sculpture, la gravure ont transmis ses traits à la postérité ; mais n’ont pu lui présenter un beau visage : cet Arléquin étoit fort laid. […] Les rois, les héros, les dieux, les déesses, à l’Opéra, sur des chevaux de cartons, élevés dans les airs par des cordes, sur des aigles, des dragons, des chats en peintures, souvent aussi dérangés que le grison de Moliere Sancho, les fées, les sylphes, les enchanteurs, les statues animées de Deucalion, de Pygmalion & de Prométhée, du Festin de Pierre, &c, sont-ils moins puériles ?

23. (1769) De l’Art du Théâtre en général. Tome II « De l’Art du Théâtre. — Chapitre III. De l’Indécence. » pp. 21-58

Les pensées, les peintures indécentes qui fourmillent dans les Pièces du Théâtre moderne lui ont attiré grand nombre d’énnemis, & grossissent chaque jour le nombre de ceux qui le méprisent. […] Il est assez difficile qu’il ne nous reste au fond du cœur de vives impressions de tant de peintures agréables & voluptueuses. […] Notre Opéra fut toujours hardi dans ses peintures ; il annonça dès en naissant qu’il serait peu scrupuleux : & se ferait toujours gloire de parler & d’agir librement. […] La Scène V. est une peinture qui passe un peu la raillerie ; elle est, pour le moins, aussi indécente que celle du Tartuffe, lorsqu’il pose une main caressante sur les genoux de Madame Orgon, & qu’il admire la finesse de la dentelle qui couvre sa gorge. […] La douce harmonie d’une musique délicieuse achève de porter l’ivresse dans les sens des Spectateurs ; elle répand un nouveau charme sur l’élégance du stile, sur les peintures énergiques des tableaux.

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