Elise n’est par contente de ces raisons, parce qu’elle conçoit clairement que rien au monde pourra mettre son honneur à couvert, lorsque la démarche de Valère sera rendue publique ; on l’accusera toujours avec fondement d’y avoir donné son consentement, et par conséquent on la croira coupable, etc… d’ailleurs Elise a raison d’être offensée de ce que Valère ne lui a point obéi, et n’est point sorti de la maison selon ses ordres dès le premier moment qu’elle a su qu’il y demeurait. […] Elise lui réitére l’ordre qu’elle lui avait déjà donné de n’entrer jamais dans une chambre où elle se trouverait seule ; elle lui défend d’oser jamais lui parler à l’écart, même devant des Témoins ; enfin elle veut que si dans le terme de huit jours, il n’a pas des nouvelles de ses parents, il trouve un prétexte pour sortir de la maison : et supposé qu’il n’en sortit point, elle jure (malgré les favorables dispositions où elle est en sa faveur) de le découvrir elle-même à son père pour le faire chasser, ou de s’enfermer dans un Couvent, afin de ne le plus voir de sa vie, etc.. […] Laurette, par ordre de sa Maîtresse, fait de son mieux pour donner des preuves de la mort de son vieux Maître, et ne travaille pas moins vivement, à la sollicitation de Crémante, pour rompre toute intelligence entre les deux Amants.
Il obtint du Roi d’Espagne, intéressé à le ménager, des ordres de lui rendre les plus grands honneurs. Tous les gouverneurs des places venoient au-devant d’elle avec leur garnison, lui offroient les clefs & lui demandoient l’ordre. […] On étoit de part & d’autre las de la guerre : la paix se fit, tout rentra dans l’ordre, la Princesse passa des genoux du Parlement aux genoux de la Reine qu’elle alla embrasser, & des comédies bordeloises à celles de Paris. […] Le Chapitre, les Paroisses, les Capucins & tous les ordres allerent en procession chez le Prince, & lui demanderent à genoux de rendre les armes. […] Il faut sans doute donner du pain aux bâtards ; mais cette élévation, cette fortune qui les met presque de pair avec les enfans légitimes, tout cela est-il bien dans l’ordre de la décence & des bonnes mœurs ?